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Archive de la catégorie Sociologie
Le système des inégalités
1.4.2008 par admin.
Alain Bihr et Roland Pfefferkorn
La Découverte - “Repères” - Mars 2008
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Présentation
Pourquoi analyser les inégalités entre catégories sociales en termes de système ?
Comment les inégalités sociales se déterminent-elles réciproquement ? En quel sens peut-on parler de cumul des inégalités ? Comment cette notion renouvelle-t-elle les approches habituelles de la pauvreté et de la richesse ?
Pourquoi, comment et dans quelle mesure les inégalités entre catégories sociales tendent-elles à se reproduire de génération en génération ? Quels sont les principaux facteurs de cette reproduction ? Dans quelle mesure peut-on échapper à cette reproduction ?
Ce livre répond à ces questions en montrant tout l’intérêt d’une approche systémique des inégalités entre catégories sociales. Celle-ci se révèle particulièrement pertinente lorsque les inégalités sont interdépendantes, cumulatives et tendent à se reproduire. Ce qui est le cas dans une société de classes.
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Les auteurs
Alain Bihr est professeur de sociologie et membre du Laboratoire de sociologie et d’anthropologie (LASA) à l’université de Franche-Comté à Besançon. > bio-bibliographie complète
Roland Pfefferkorn est professeur de sociologie à l’université Marc-Bloch de Strasbourg et membre du laboratoire Cultures et sociétés en Europe (UMR 7043 du CNRS).
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Extrait de l’Introduction, p.3
” En 1754, l’académie de Dijon ouvrait un concours d’essais autour de la question suivante: « Quelle est l’origine de l’inégalité parmi les hommes et si elle est autorisée par la loi naturelIe? » Elle allait ainsi permettre à Jean-Jacques Rousseau de s’illustrer par son Discours sur l’origine et le fondement de l’inégalité parmi les hommes, expliquant notamment que l’origine de l’inégalité gît dans la propriété privée. Plus de deux cent cinquante ans plus tard, la question des inégalités reste d’actualité dans une société française pourtant très différente de celle connue du célèbre Genevois.
Le contexte
Les historiens futurs de cette société retiendront sans doute comme une des caractéristiques principales de la fin du xxè siècle et du début du XXIè siècle le ralentissement, l’interruption, voire le retournement de la tendance pluridécennale antérieure de réduction des inégalités entre catégories sociales. Souvent encore mal mesurée par les données statistiques disponibles, inégalement accentuée selon les différents domaines ou dimensions de la vie sociale, cette inflexion a été confirmée par différentes synthèses consacrées à la question au cours des dernières années [Bihr et Pfefferkorn, 1999; Maurin et Savidan, 2006]. “
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Table des matières
Introduction - Le contexte - Une approche systémique - Le cadre de l’étude - I / Le champ des inégalités -Définition préliminaire de la notion d’inégalités sociales - Inégalités sociales et inégalités mathématique - Multidimensionnalité et superficialité du champ des inégalités sociales - Inégalités sociales, inégalités naturelles, inégalités individuelles - Inégalités et injustice - Le débat autour de la légitimité des inégalités sociales - L’inégalité comme loi ontologique et principe axiologique - De la valorisation de l’égalité formelle à la justification des inégalités réelles - Un curieux oxymore : l’égalité des chances- L’inégalité, un mal dont peut naître un bien ? - Les sources et les instruments d’analyse - Les limites de fait - Les limites de principe - La notion de système des inégalités - II / Les interactions entre les inégalités - Un même effet, de multiples causes : les inégalités face à la santé - Les inégalités de mortalité et de morbidité entre catégories sociales - L’incidence des conditions de travail - L’incidence des modes de vie - Le recours inégal au système de soins - Une même cause, de multiples effets : les inégalités face au logement - Les exclus du logement - Le coût du logement et le statut d’occupation - La qualité des logements - La situation des logements dans l’espace - Tableau synoptique des interactions entre les inégalités - La hiérarchie des inégalités - III / Le cumul des inégalités - Tableau synoptique des inégalités - Pauvreté et richesse - Toujours moins : pauvreté,précarité et vulnérabilité - Toujours plus : fortune, pouvoir et prestige -Le tournant des années 1980 - IV / La reproduction des inégalités - Les tableaux de mobilité : limites et enseignements - Les faux-semblants de la mobilité - Des études longtemps centrées sur les hommes - La mobilité l’emporte-t-elle sur l’immobilité ? - Les trajets courts l’emportent sur les trajets longs - Les facteurs de l’hérédité sociale - La transmission du capital économique - La transmission du capital culturel - La taille des familles - Le mariage - Conclusion - Repères bibliographiques - Source statistiques sur les inégalités.
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Le Prophétisme communicationnel
7.3.2008 par admin.
La société de l’information et ses futurs
par David Forest
Syllepse - “Matériologiques” - Mars 2004
Préface de Lucien Sfetz
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Présentation
Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) se sont mises en place sous les auspices d’un prophétisme communicationnel qui les accompagne et les légitime avec la force du discours religieux. On trouve dans le discours – en provenance d’auteurs le plus souvent américains – entourant les NTIC un mélange étonnant et inédit de libéralisme économique (la nouvelle économie numérique comme sortie de crise), d’esprit « libertaire » (la décentralisation du pouvoir par les réseaux), de théologie (la promesse d’un monde nouveau, une sorte de messianisme technologique, avec la redécouverte, par ces penseurs, de Theillard de Chardin), de crispation sécuritaire (la construction de villes entièrement architecturées par les moyens de surveillance électronique), etc. Ce livre décrypte minutieusement l’emprise de cette idéologie syncrétique et inquiétante autant qu’insidieuse puisque se donnant justement les apparences de l’artifice technologique et de l’utopie au service de la communauté. Le prophétisme communicationnel puise dans une abondante littérature émanant aussi bien de grands noms du secteur industriel (Bill Gates) que du milieu de la Recherche et Développement (Negroponte, par ex), ou encore, ce qui est très peu connu en France, de ces officines de réflexion stratégique essentiellement américaines, appelées Think Tank. Celles-là même qui « organisèrent » la deuxième guerre d’Irak… Le monde de demain qui s’y dessine opère un mouvement de translation du capitalisme industriel en partie défunt vers un capitalisme post-industriel se donnant comme le sauveur d’une nouvelle « humanité numérique » plus que jamais aliénée. La facticité de ce dessein, répétons-le, messianique, est parfaitement restitué par David Forest qui ne cède pourtant pas à la facilité d’une dénonciation stérile et anti-technologique.
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L’auteur
David Forest avocat et docteur en sciences politiques, chercheur associé à l’Université Paris I Sorbonne.
> Article de D. Forest paru dans Libération le 4/01/2008 : A 30 ans, la Cnil est déjà à bout de souffle
Extrait : “Certains anniversaires ont un goût de cendres. Tel est le cas des 30 ans de la loi informatique et libertés du 6 janvier 1978, qui inaugura l’ère des autorités administratives voulues «indépendantes» du pouvoir en créant la Cnil (Commission nationale informatique et libertés). Clé de voûte du dispositif de protection de la loi de 1978, la commission fut surtout pensée par le législateur comme un garde-fou contre les immixtions de la technique dans la vie privée des citoyens et les progrès du fichage à mesure que l’informatisation de la société française s’accélérait. Trente ans plus tard, nul ne prétend sérieusement que cette ambition a été satisfaite. Si bien qu’Alex Türk, l’actuel président de la Cnil, se risque aujourd’hui sans exagération à employer les termes de «société de surveillance», doux euphémisme désignant le triomphe légal d’une société de contrôle généralisé. Comment la commission a-t-elle accompagné cette régression de grande ampleur présentée comme irréversible ?”
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Début de l’Introduction
“Les entrepreneurs de l’Internet semblent avoir bien du mal à se remettre des nombreuses déconvenues des premiers modèles économiques. L’effondrement de la bulle spéculative a interrompu brusquement un rêve prolongé qui pour beaucoup se terminera en coma. Cette bulle de savon crevée fut portée par le souffle de la spéculation autant que par la production effrénée de discours sur le futur des techniques de communication. L’hallucination collective qui a frappé une grande partie de l’Occident au cours de ces dernières années relève pourtant moins du mirage technologique que de la fabrication d’une imagerie dont les origines sont à rechercher dans une forme de littérature vulgarisatrice envahissante. En effet, depuis l’avènement de ce qui est communément désigné par la notion-concept de «société de l’information», un nouveau type de discours dont les effets sont largement sous-estimés s’est installé de façon durable dans le paysage des idées contemporaines. La société de l’information est depuis déjà quelques décennies notre présent-déjà-futur et son environnement technique décrit comme un scénario de science-fiction réalisable, voire une utopie science-fictionnelle, semble donner plus que jamais une forme-enveloppe susceptible d’accueillir le catalogue des rêves marchands. “
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Table des matières
LE PROPHETISME TECHNO-COMMUNICATIONNEL : UN PROPHETISME SECULARISE ET VISIONNAIRE
Société de l’information et recherches sur le futur
A quelles conditions parler
Visions prophétiques et mutations du modèle managériale
Aspects du messianisme technologique
La prophétie médiatisée ou la vision dénaturée
Vision prophétique et discours figuratif
LE PROPHETISME TECHNO-COMMUNICATIONNEL : UN OPERATEUR ENTRE UTOPIE ET IDEOLOGIE
De l’utopie littéraire aux pratiques mobilisatrices
L’inscription imaginée de la propriété intellectuelle dans l’organisme-réseau
De l’autorégulation à la dissolution de l’Etat
Le prophétisme : un opérateur entre une utopie désirée et une idéologie néo-libérale
Tous les signes et signes des temps
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Dossier de presse
> Dans L’Humanité le 22/02/2005, par Pierre Musso : Messianisme haute technologie
“Essai. Les prophètes de la révolution informationnelle ne chantent pas les lendemains du numérique sans fortes arrière-pensées managériales, montre le livre de David Forest. (…) La société de l’information et les promesses d’avenir radieux qui ont accompagné le nouveau siècle constituent un phénomène complexe qui mérite un examen sérieux. Comment expliquer l’enthousiasme débordant et les slogans publicitaires qui prévalurent il y a peu encore, alors que rares furent les entreprises qui échappèrent à la spéculation effrénée puis à l’éclatement de la bulle Internet ? David Forest propose ici une lecture critique des discours envahissants qui annonçaient de concert l’avènement d’une « révolution numérique » et d’un paradis numérique construits sur les ruines des idéologies moribondes. Pour quelles raisons de tels simplismes ont-ils si facilement « pris » ? Au terme d’une analyse serrée et d’un démontage systématique, l’auteur se livre à une exploration des textes techniques et managériaux pour débusquer derrière cette imagerie naïve de puissantes visions du monde qui s’imposent avec la force d’un nouveau discours religieux. Car c’est bien de religiosité dont il s’agit. Il suffit pour s’en convaincre de revenir aux essais et aux discours dont la portée messianique soutient des desseins beaucoup plus prosaïques. Le tour d’horizon de cette littérature déconsidérée mais dont les effets sont puissants révèle quelques surprises.”
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Qu’est-ce qu’une société d’individus?
28.2.2008 par admin.
(sous la dir.) Sébastien Charles, Pierre-Henri Tavoillot
Liber - Octobre 2007
- Présentation
De la communauté à la société, de la société de l’individu à la société hyperindividualiste, il semble que le mouvement historique suive une courbe constante marquée par le relâchement du lien social, la dissolution des normes collectives et les brisures dans la transmission du sens et de la mémoire. On doit pourtant s’étonner que la société soi-disant éclatée — ce qu’elle est aussi pour une bonne part — soit encore une société et qu’elle produise du lien. Comment l’expliquer? À l’origine de cet ouvrage il y a ce désir et ce défi de comprendre un peu mieux la «mystérieuse alchimie de l’univers contemporain» où «l’individualisme n’est pas seulement une force destructive, mais également une force de reconstruction». Les réflexions rassemblées ici permettent dans ce sens de relativiser l’individualisme triomphant aussi bien que d’apercevoir les exigences communes qui l’accompagnent.
- Extrait de l’introduction
” Qu’est-ce qu’une société d’individus ? Cette question, il faut le reconnaître, est loin d’être nouvelle. Elle est déjà au coeur des premières théories classiques à partir de l’école du droit naturel et même au fondement de la sociologie. On peut le comprendre : dès lors que l’humanité sort du régime holiste de la communauté, où, pour reprendre la définition de Louis Dumont, le tout prime la partie, la collectivité humaine se trouve ébranlée dans son fondement. Si c’est l’individu qui constitue la valeur suprême, comment assurer le maintien pratique et la légitimité théorique du lien social ? Cette question, on le perçoit, accompagne l’ensemble du processus de la modernité au sens le plus large. Mais si elle prend aujourd’hui une intensité peut-être plus dramatique, c’est sans doute que les bornes en lesquels les penseurs et les acteurs tentaient de limiter l’individualisme semblent devenues de plus en plus fragiles et de plus en plus floues. L’individualisme intégral est-il devenu l’horizon indépassable de notre temps ? Est-ce la société elle-même qui se délite lentement sous nos yeux ?
Cette hypothèse radicale a été avancée maintes fois, et parfois avec brio dans le secteur des sciences humaines et sociales. Mais on préférera évoquer ici la vision d’un romancier, parce qu’aucune prudence méthodologique ne l’empêche de donner libre cours à son imagination. Dans La possibilité d’une île, Michel Houellebecq décrit la vie des «néo-humains», sorte de super-individus émancipés de toutes les contraintes qui entravaient leur liberté. Ils sont débarrassés de la naissance (grâce au clonage), de l’enfance et de la mort (grâce à une sorte de programmation-conditionnement mémoriel de leur esprit) ; ils sont, du même coup, débarrassés de l’éducation et du travail, de la sexualité et de l’amour. Ils vivent tranquilles, isolés dans leurs demeures, avec pour seule compagnie un petit animal domestique, lui aussi clone éternellement. Leur existence se coule en sereines méditations, plus ou moins métaphysiques, rythmée par quelques contacts épisodiques via Internet avec d’autres néo-humains. Ils échangent quelques poésies et des commentaires sur la vie absurde de leurs «ancêtres» grégaires et leur aspiration à la vie pleine de promesses (certes, un peu floues) des «Futurs». Bref, les néo-humains s’ennuient à mourir… mais comme ils ne meurent pas, eh bien, ils sont heureux. “
- Table des matières (& auteurs)
Première partie
Du gouvernement de soi au gouvernement des autres
Alain Renaut,
Penser le pouvoir après la fin de l’autorité
Pierre-Henri Tavoillot
Le récit de vie: planche de salut pour l’individu hypermoderne
Éric Deschavanne,
L’authenticité comme idéal individualiste de la maturité adulte
Paul Zawadzki
Le temps individualiste dévore-t-il ses enfants?
Sébastien Charles
De l’individualisme à l’hyperindividualisme
Deuxième partie
Soi-même face aux autres
Luc Bégin
Un conflit des identités? La régulation par l’éthique en milieu de travail
Justine Martin
Individualisme et communautarisme: un débat français
Claude Gélinas
Individualisme autochtone et logique de l’ancestralité au Canada
Ludivine Thiaw-Po-Une
L’université à l’âge de l’individualisme démocratique:
une «aristocratie pour tout le monde» est-elle possible?
Julie Perreault
L’«expérience féminine» et la question du pouvoir.
De Carol Gilligan à Michel Foucault
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Dossier de presse, critique (à venir)
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Sociologie comtienne. Genèse et devenir
28.1.2008 par admin.
par Lelita Oliveira Benoit
L’Harmattan - “Epistémologie et philosophie des sciences” - Décembre 2007
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Présentation de l’Editeur
Voici un ouvrage qui servira de référence, et pas seulement au Brésil, car il devrait atteindre une audience internationale et marquer désormais les études comtiennes. La méthode d’analyse adoptée par Lelita Benoit lui permet en particulier de donner un éclairage inédit sur la première genèse de la pensée de Comte, en examinant les textes de ses débuts (ceux de la première période, de 1817 à 1826) avec autant de rigueur que ceux de la maturité. Parmi ces textes figurent notamment les articles, souvent négligés par des commentateurs aussi prestigieux que Henri Gouhier et R. Mauduit, et publiés sous la signature de Henri de Saint-Simon, dont il était le secrétaire particulier, dans le troisième volume de l’éphémère revue de ce dernier, l’Industrie. (Michel Paty, CNRS et Université Paris 7 - Denis Diderot).
Il n’est pas excessif de dire que le livre de Lelita Benoit constitue une lecture obligatoire pour tous ceux qui travaillent sur le terrain des sciences humaines, ou qui s’y intéressent. En effet, bien que ce livre étudie la genèse et le devenir de la sociologie comtienne, c’est bien de la genèse des sciences sociales dans leur ensemble qu’il traite. (Marilena Chauí, Université de São Paulo, Brésil).
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L’auteur
Lelita Oliveira Benoit : Docteur en Philosophie au Département de Philosophie de la Faculté de Philosophie, Lettres et Sciences Humaines (FFLCH) de l’Université de São Paulo (USP), Brésil. Elle a collaboré, en France, aux REHEIS et au CNRS, effectué des recherches dans divers fonds, en particulier à la BN ainsi qu’à la Maison d’Auguste Comte. Postérieurement, elle s’est consacrée à l’étude de l’oeuvre de Saint-Simon, maître et collaborateur du jeune Auguste Comte.
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Extrait
“ Les textes les plus importants d’Auguste Comte, ayant pour but la fondation théorique de la sociologie, ont été écrits à partir de 1822. Cependant, j’ouvrirai cette étude par l’analyse de la production comtienne qui les a précédés, et qui est généralement méconnue. Dans la Partie 1 (De l’Économie politique à l’histoire), je devrai parcourir des textes qui ont été écrits encore sous une influence supposée de Henri de Saint-Simon, avec lequel Comte a maintenu une étroite collaboration intellectuelle et politique. Le projet d’une « science sociale positive », c’est-à-dire d’une théorie sociale capable de dépasser les « métaphysiques révolutionnaires » qui depuis Platon jusqu’au communisme moderne ont déstabilisé la société occidentale, appartient à cette période.
Mais l’essentiel de cette période, qui va de 1817 à 1819, réside dans le fait qu’une tentative de fonder la théorie sociale sous le paradigme de l’économie politique classique, principalement celle d’orientation smithienne, atteint sa pleine expression et se développe. Comme j’aurai l’occasion de le montrer, plusieurs problèmes et contradictions ont marqué les textes de cette période, par lesquels nous pouvons suivre le développement de la réflexion comtienne.
Dans le texte écrit avec Saint-Simon (ou sous son influence), L’Industrie, l’économie politique surgit comme modèle théorique d’une étude de la « société industrielle », mais avec de sévères critiques de ses limitations théoriques supposées. Bientôt, cependant, Comte abandonnera non seulement son maître Saint-Simon, mais aussi l’attitude critique par rapport aux économistes. Je parcourrai donc une série de textes où l’économie politique surgit, de manière significative, comme le paradigme théorique dominant.
Ce « choix épistémologique » sera cependant, comme je l’ai dit, aussitôt renié et cela pour des raisons bien précises. L’économie politique, comme Comte l’écrira quelques années plus tard, en 1826, témoignait d’une totale incapacité de réflexion sur « le grave problème social du XIXe siècle ». En 1826, contre le libéralisme économique, Comte défendra la thèse selon laquelle les relations sociales modernes devraient être réglementées ; mais, d’un autre côté, il refusera aussi tout modèle de plan économique de type « métaphysique-socialiste » (Rousseau, Saint-Simon ou Marx). ” (Début de l’Introduction, p. 23)
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Documents annexes
Du même auteur, lire aussi :La souveraineté politique de la volonté générale comme « illusion métaphysique » (Comte, lecteur de Rousseau)
Résumé
L’essai suivant constitue une présentation et analyse, d’un point de vue encore jamais choisi, du concept de souveraineté politique développé par Jean-Jacques Rousseau dans Du Contrat Social en 1757. Pour cela nous entendons nous intéresser ici aux implications idéologiques essentielles de la reprise par Auguste Comte de la question théorique de la volonté générale, travail critique qu’il a lui-même réalisé dans le cadre de la construction de la doctrine positiviste du pacte social. http://dogma.free.fr
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