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Archive de la catégorie Philosophie Générale

Manifeste antiscolastique

Mehdi Belhaj Kacem

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NOUS - Antiphilosophique - Novembre 2007
  • Présentation

La Loi est une interruption de toutes les règles en vigeur, dont l’immanence humaine ne peut recouvrir la présence que dans la répétition “pleine” de l’événement ; mais qu’est-ce que cette répétition pleine ? Le contraire de la liturgie matérialiste démoctratique, où l’impasse chrétienne achève de se réaliser : un nouvel événement, le contraire d’un rituel, d’une Messe. Reste qu’il faut le rituel, la Messe, la règle, pour conserver la trace de l’évanouissement de l’évènement, qui est présence pleine. Les religions monothéistes le surent. Mais l’islam fut seul à voir que la répétition était la nécessaire transition d’un événement à un autre : qu’elle n’était là “que” pour tenir le fil entre deux événements.

  • L’auteur

Mehdi Belhaj Kacem est né à Paris le 17 avril 1973.
Ecrivain et philosophe, il anime avec Rémy Bac le site L’ANTISCOLASTIQUE.
MANIFESTE ANTISCOLASTIQUE est un fragment d’un projet auquel il travail depuis quatre ans.

  • Extrait (p.7)

” Ce livre se propose de livrer la formalisation axiomatique de la dialectique événement-répétition par où nous avons prétendu apporter notre pierre à l’édifice naissant du périple soustractif, aux bases notoirement jetées par Alain Badiou, dans ses deux tomes de L’être et l’événement. Il se propose plus incidemment d’indiquer le point d’aporie où s’enlise, depuis trente ans au moins, une époque et une « génération » de français, qui est aussi le point aveugle où l’événement « mai 68 » demeure impensé de tous : les noces impures du politique et du sexe, dont le diagnostic visible tourne à 1′« avantage » du dernier et à l’absentéisme criard du premier. Il ne se propose pas de le résoudre, mais, quitte à endurer, comme de juste, le destin d’Œdipe, de commencer enfin à s’y attarder.
De la dimension politique de 68 il ne reste rien. Rien, que ce que justement 68 aura tenu pour « politique » : la « libération sexuelle », et la pornographisation du monde dans l’art, dans le divertissement - qui est tout ce qui reste de 68, comme événement politique dont la seule répétition est ce que le meilleur heideggerianisme de gauche (Nancy, Lacoue- Labarthe) appelle « retrait du politique ». Situons sommairement l’aporie. “

  • Dossier de presse

Entretien entre Mehdi Belhaj Kacem et Jean-claude Milner (l’antisc()lastique)

“Ph. Nassif : Mehdi, je ne connais pas ton travail en cours, mais si je m’appuie sur La Psychose française, et l’Incipit à l’esprit du nihilisme, est-ce que tu n’essaies pas d’arracher la fonction qu’ a rempli le nom juif au nom juif même ? Pour être très grossier, j’ai l’impression que tu nous dit Juif = paria = Arabe.
MBK : Ce n’est pas la même chose. Si on dit que les Arabes sont traités ici et là comme des parias, il y a des pays arabes qui existent, et on peut dire qu’ils peuvent toujours rentrer chez eux, les glissements sont très rapides, et on ne s’en sort pas. De ce point de vue-là, pendant longtemps après le 21 avril, je me suis senti comme un paria, parce que je ne peux pas rentrer chez moi. Ou alors, je disparais. Il faut faire un peu d’histoire, d’un point de vue athée et matérialiste. Tout ce qui arrive aujourd’hui est le symptôme de quelque chose de politique d’absolument déterminé. Il devient aujourd’hui impossible de se retrouver dans un camp, et je sens ce malaise chez Milner aussi, malgré tout. Ce n’est pas très métaphysiquement intéressant de dire que l’islamisme est le résultat monstrueux de la victoire des Américains sur l’Union soviétique, que les Américains ont fait ceci ou cela, que la « Nouvelle philosophie » a intimidé toute ma génération et installé un nihilisme. André Glucksmann a construit toute sa carrière avec les crimes d’Etat des Soviétiques. Et puis on s’aperçoit que les Américains ont commis les plus grands crimes d’Etat au monde depuis la mort de Joseph Staline. Je partage les imprécations de Milner contre le Journal. Sauf que ce que j’ai toujours lu dans le Journal, c’est que l’universel, c’est zéro, le progressisme, c’est zéro. Quel journal dit du bien de ces notions-là, à part Le Nouvel Obs, et encore… ? ” >
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Pourquoi se méfier des apparences ?

par Ronald Bonan

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Aléas - “Pourquoi ?” - Mars 2007
  • Présentation

Quel étrange livre que celui-ci : hybride, métis, transgresseur.
Celui qui en acceptera la musique y trouvera à parts inégales, un petit art poétique rimbaldien qui aide à réfléchir sur tout geste créateur , les bribes de la biographie imaginaire d’un sculpteur, le récit de trois chaudes journées marseillaises, une application de l’art socratique, un peu de poésie, beaucoup de prose, mais elles sont interchangeables, l’éloge d’une mystérieuse statue dont aucun guide touristique ne parle et qui se cache sur une petite butte entourée de haies, de buissons et d’arbres, au bord de l’eau.
Discussion à bâtons rompus, voyage dans l’empiétement de l’imaginaire poétique d’un honnête promeneur en quête de fraîcheur et d’un artiste infatigable, ce petit ouvrage ne veut pas se donner l’apparence des grands mais veut mesurer la grandeur et la splendeur des apparences, dont les misères ont été tant décriées par de grands ouvrages.

  • L’auteur

Ronald Bonan : Philosophe, chargé de cours à l’Université de Provence et de formation à l’IUFM d’Aix-Marseille. Spécialiste de Merleau-Ponty, sur lequel il a fait paraître de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Le problème de l’intersubjectivité dans la philosophie de Merleau-Ponty (L’Harmattan, 2002), L’institution intersubjective comme poétique générale (L’Harmattan, 2002), Merleau-Ponty. La prose du monde, la perception d’autrui et le dialogue (Ellipses, 2002).

  • Extrait de I - Première journée

MOI : Ce sont vos petits enfants ? LUI : Non.
MOI: Vous ne craignez pas qu’ils se blessent en escaladant ces pierres ?
LUI : Il n’y a pas de danger, ils ne peuvent pas se faire bien mal. C’est beau de les voir jouer. Leurs rêves sont contagieux, comme ceux des pierres.
MOI: Qu’est-ce que vous dites?
LUI : Je dis que cette statue fonctionne bien, j’en suis content !
MOI : C’est vous qui l’avez faite ?
LUI : Je n’ai fait que réunir les éléments du rêve de quelqu’un d’autre … d’un autre enfant.
MOI : Quel enfant ?
LUI : Peu importe, cela devrait se deviner. .. ce qui importe est la chaîne de rêves … à sa façon cet enfant participait aux rêves divins par les siens et moi aux siens par les miens … et ils m’ont fait faire cette chose là, qui fait rêver des enfants … MOI : Cela me rappelle quelque chose
LUI : Quoi?
MOI : Il y a un très vieux philosophe qui parlait, lui aussi, d’une pierre magique à ses yeux, la pierre d’Héraclée je crois, qui transmettait son pouvoir d’attirer à elle les anneaux métalliques, à d’autres anneaux métalliques, formant ainsi une longue chaîne traversée par un flux …
LUI : … magnétique … chaque anneau représentant un maillon qui va des dieux aux hommes qui aiment l’art en passant par les Muses et l’artiste qu’elles inspirent. ..
MOI : Vous connaissez ?
LUI : Non je pratique !
MOI: D’accord, mais vous connaissiez l’histoire de cette pierre?
LUI: J’ai l’impression de la connaître en effet mais peut être encore plus de la reconnaître …

  • Table des matières

Prologue
I - Première journée
II - Deuxième journée
III - Troisième journée

Détail de la première journée :

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Lectures de Spinoza

Sous la direction de Pierre-François Moreau et Charles Ramond

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Ellipses - “Lectures de…” - 2006
  • Présentation

Séparer le théologique du politique ; démontrer la nécessité de la liberté d’expression ; défendre la démocratie comme régime ” absolu ” ; mettre en garde contre les haines toujours renouvelées des foules : l’actualité de notre jeune XXV siècle ne cesse de légitimer et de relégitimer la lecture de Spinoza, toujours détesté et craint à juste titre par les ennemis anciens et actuels de nos Lumières. La maxime spinoziste ” ne pas détester, ne pas rire… mais comprendre “, véritable résumé de la philosophie, vaut également caution pour son histoire. Rédigé par les meilleurs spécialistes, le présent volume peut ainsi proposer de la philosophie de Spinoza une présentation compréhensive, globale et chronologique, qui se veut à la fois une introduction complète et claire à la doctrine, et un aperçu de ses interprétations les plus récentes.

  • Extrait de “Présentation générale” p.5

” L’œuvre de Spinoza n’a cessé de marquer les générations successives de philosophes, depuis le XVII’ siècle. Tour à tour relue et interprétée par ses adversaires théologiens, par les libertins de l’âge classique et les matérialistes des Lumières, par le « conflit du panthéisme» et par l’idéalisme allemand, par les spiritualistes français et par les naturalistes, par le marxisme, par la psychanalyse, elle est aujourd’hui revendiquée par les sciences humaines et objet aussi de regards renouvelés par les historiens de la philosophie. Elle est pourtant quantitativement mince: deux ouvrages publiés de son vivant, dont l’un prétend seulement présenter la philosophie de Descartes, et dont l’autre, bien autrement sulfureux, est paru anonymement; un recueil posthume de quatre autres écrits, dont trois inachevés, assortis de quelques lettres; au cours du XIXe et du XXe siècles, encore un traité découvert dont on ne sait trop le statut ni la langue, et de nouveau quelques lettres. C’est bien peu quand on compare aux volumes épais qui recueillent les œuvres et les correspondances de Descartes, de Hobbes, de Malebranche, pour ne rien dire de celles de Leibniz dont l’édition semble interminable au bout de trois siècles. Encore faut-il préciser que nous savons peu de chose sur le processus d’élaboration de ces textes, et que les rares indications de la correspondance et des ouvrages eux-mêmes ne nous permettent de reconstituer un itinéraire qu’avec prudence. C’est pourquoi, dans les études qui constituent le présent volume, nous avons étudié chaque livre - parfois chaque partie d’un livre - pour lui-même, sans tenter de reconstituer une conception d’ensemble du système philosophique ou de son évolution, qui les intégrerait tous. “

  • Table des matières

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Entendre Heidegger et autres exercices d’écoute

par François Fédier

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Le Grand Souffle - “La contrée” - Février 2008
  • Présentation

“C’est grâce à Jean Beaufret que j’ai pu entendre. Sans lui, je n’aurais sans doute pas été capable de porter attention au propos de Heidegger : il est au premier abord presque inaudible, tant ce qui y est dit demande qu’on ouvre grand les oreilles. Le renom du philosophe ne vient pas faciliter les choses. La gloire elle aussi est faite de malentendus.

Dissiper les malentendus est une entreprise fastidieuse : rien n’est plus obtus qu’un homme qui ne veut rien entendre. Le présent livre ne se propose donc pas ce but. Il lui suffit amplement de mettre autant que possible les lecteurs au contact de ce que montre Heidegger, cette contrée si proche, mais que nous avons les plus grandes peines du monde à percevoir, et où tant de richesses dorment à notre insu.

Les textes ici rassemblés, dont la moitié sont inédits, ont été écrits de 1983 à 2007.

Mon souhait le plus cher est que ce livre puisse donner envie d’écouter : un peu comme lors de ces instants d’attente joyeuse – quand, une fois le la donné à l’orchestre, chaque instrument se met pour lui-même à s’accorder dans sa tessiture, au milieu d’un brouhaha croissant, jusqu’à ce que s’installe soudain le silence où le concert peut commencer.”

François Fédier, décembre 2007

  • Extrait de “Entendre Heidegger”, p.37

“Selon quel mouvement allons-nous lancer notre question ? La posons-nous pour ramener à notre niveau ce qu’elle demande, ou bien au contraire afin de nous mettre nous-même en route vers ce qui éventuellement nous y concerne?
Étant donné que l’entente est sans conteste le point cardinal autour duquel tourne l’entreprise de philosopher elle-même, envisagée dans sa portée la plus profonde - c’est-à-dire en tant qu’herméneutique -, et comme Heidegger semble bien être un des rares philosophes à s’être confronté d’une manière aussi audacieuse à la question que n’a cessé d’être la philosophie elle-même, je crois en tout cas, ici (dans la première de toutes les universités) et aujourd’hui (en commémorant le trentième anniversaire de la mort de ce philosophe-là), qu’il peu-être furctueux de s’interroger sur ce qu’implique pour nous - ce que nous demande à nous - d’avoir à entendre Heidegger.”

  • Table des matières

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  • Dossier de presse

> pileface.com

“Le livre comprend des textes publiés dans diverses revues, souvent confidentielles, de 1983 à 2007. Ayant fait le constat que « publier en revue est le meilleur moyen de disparaître », il est bien que François Fédier ait décidé de réunir ses textes en volume. On y découvre en effet la cohérence des propos du « spécialiste de Heidegger », mais aussi des analyses qui dépassent « le cas Heidegger » pour ouvrir, à partir du poète Mandelstam, une approche du « fascisme », du « stalinisme » — et de sa langue de bois — qui mérite l’attention (« Aller-retour »).”

> Entretien video du 22 février 2008 avec Stéphane Zagdanski, sur “parole des jours” : L’entendre et l’écoute. Entretien sur Entendre Heidegger et autres exercices d’écoute

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La crise du logos ou Des utopies de la modernité

par Nelson Guzman

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L’harmattan – “La philosophie en commun” - Janvier 2008

  • Présentation

Le discours philosophique de la modernité s’est épuisé par son manque de respect à l’égard de l’histoire. Les grands métarécits sont arrivés à leur fin. Les promesses d’égalité et de tolérance ont été frustrées par le totalitarisme d’une conscience technologique qui a conféré la primauté à la technique sur le développement social et historique.

Ce texte recueille et expose de manière critique deux grands systèmes qui ont touché de près la pensée occidentale : la pensée philosophique hégélienne et la philosophie heideggérienne. Cette dernière a reconnu le poids spécifique de l’Être. L’Être heideggérien est ontique et ontologique.

Heidegger nous présente le développement d’une pensée philosophique dont la base de réflexion est le Dasein. C’est donc une pensée de la co-appartenance. L’auteur nous présente dans ce texte la confrontation de la pensée hégélienne avec la philosophie heideggérienne. Les catégories de l’esprit et de l’Etre sont confrontées de manière minutieuse. L’objet est l’historialité et la caractérisation de l’homme face au temps et à la mort et en rapport avec les problèmes de la finitude.

Quelques concepts de la dialectique hégélienne sont discutés : la furie de la destruction, l’histoire et la raison, celle-ci étant chez Hegel un élément critique et radical.

  • L’auteur

Nelson Guzman est né à Cumana (Venezuela). Il est anthropologue et philosophe déplômé de l’Université Centrale du Venezuela. Il a obtenu son doctorat à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris (2002) et à l’Université de Paris 8, Vincennes-Saint-Denis (2001). Il est directeur des études de doctorat en Sciences Sociales de l’Université Centrale du Venezuela.

  • Extrait de l’Avant-propos de Jacques Poulain

” L’auteur présente un écrit original où il interprète le diagnostic porté par Heidegger sur la modernité en le resituant à la fois dans l’analytique existentiale d’Être et Temps et dans la lecture des écrits philosophiques d’après la Kehre. L’originalité tient à ce que l’auteur ne se contente pas de situer la crise moderne du logos dans une métaphysique de la subjectivité, mais qu’il mesure cette crise en comparant les utopies qui meuvent cette modernité à l’utopie présente dans la pensée heideggérienne : l’utopie d’une écoute de l’Être qui donne à l’être la mesure des déceptions dont il fait l’expérience à travers l’utopie des sciences, celle des techniques et l’utopie politique.

Cette démarche autorise Nelson Guzman à confronter Heidegger aux auteurs de la modernité : Descartes, Spinoza, Kant, Fichte, Schelling et Hegel pour éclairer les limites ontothéologiques de leurs utopies, mesurées à l’aune de l’absolu dont elles se réclament et qu’elles substituent allègrement au rapport à la réalité de la rencontre historique de l’homme avec lui-même, mue par une question qui transcende les différentes figures d’aliénation (le savoir, le conatus, le vouloir, le goût ou la recognition et la réconciliation dans le concept): la question de l’Être que ces aliénations leur font précisément oublier. “

  • Table des matières

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