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Archive de la catégorie Philosophes Renaissance

Lectures de Machiavel

Sous la direction de Marie Gaille-Nikodimov et Thierry Ménissier

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Ellipses - “Lectures de…” - 2006
  • Présentation

Machiavel est un des penseurs les plus importants de toute la philosophie politique. Cet ouvrage entend présenter son œuvre de manière exhaustive et approfondie. Il relie les élaborations théoriques qu’elle recèle et l’action qui les a provoquées ; et il expose ses différents aspects. Machiavel est envisagé comme penseur de l’action, de la langue, du pouvoir, de la guerre, de la religion et de la république. Ainsi l’œuvre apparaît-elle dans sa complexité, et ressortit non seulement à la théorie politique et à la science sociale. mais également à d’autres champs philosophiques fondamentaux, tels l’anthropologie, la cosmologie, la morale et la métaphysique. Se dégage une représentation du Florentin comme auteur posant question à la philosophie dans les différents domaines qui sont les siens. L’œuvre machiavélienne a une vertu problématique. Deux outils complètent cette présentation : un quadruple index et une bibliographie valant pour les cinquante dernières années : cette dernière comprend. par rubriques ordonnées, la liste des principales éditions en langue italienne, des traductions françaises, ainsi que la plupart des ouvrages et articles critiques connus en français et dans d’autres langues.

  • Extrait de l’Introduction p.10

” L’œuvre politique de Machiavel se présente sous un jour paradoxal. Truffée d’exemples et de récits, émaillée de jugements tranchés, caractérisée par une langue vivante, polémique et en apparence dépourvue de toute technicité, elle est facile à aborder. Elle n’en reste pas moins difficile à interpréter. C’est pourquoi, face à elle, l’union fait la force! La discussion et l’échange sont de mise pour garantir la justesse des hypothèses de lecture. Un commentaire à plusieurs voix a plus de chances qu’une interprétation soliste de rendre compte des différentes facettes de cette œuvre. Cette pluralité fait en elle-même justice à la variété du questionnement politique machiavélien, à ses différentes perspectives, aux finalités distinctes qu’il envisage, selon la qualité des temps et les circonstances, et aux diverses modalités d’analyse qu’il met en œuvre.
Nous avons souhaité appliquer ce principe de la pluralité des voix et des perspectives jusque dans le choix de la traduction en français des œuvres de Machiavel. En France, le Centre d’études et de recherche sur la pensée politique italienne (CERPPI) a accompli récemment un travail de mise à disposition des textes machiavéliens de premier ordre, proposant deux traductions novatrices, informées et rigoureuses. Dans ce volume, liberté a néanmoins été laissée à chaque contributeur d’opter pour la traduction de son choix. Dans la plupart des cas, celle-ci s’est avérée être … la sienne propre, comme si la traduction était le seul moyen de s’approprier un texte aux contours parfois fuyants et obscurs. Nous nous sommes contentés de renvoyer par la pagination à deux volumes, qui répondaient à deux critères: ils présentent l’ensemble de l’œuvre de Machiavel et sont facilement accessibles. “

  • Les auteurs

Thierry Ménissier, agrégé de philosophie et docteur de l’EHESS en études politiques, est maître de conférences à l’Université Pierre Mendès France – Grenoble 2. Spécialiste de Machiavel, ses travaux actuels portent sur le rapport qui existe entre la démocratie et la république entendues comme des formes d’ethos collectifs, ainsi que sur les notions de corruption et d’inconduite civique. Principaux ouvrages publiés : Machiavel, la politique et l’histoire. Enjeux philosophiques (P.U.F., 2001), Machiavel, Le Prince ou le nouvel art politique (P.U.F., 2001, dir. en collaboration avec Y.C. Zarka) L’idée de contrat social. Genèse et crise d’un modèle philosophique (dir. en collaboration avec J.-P. Cléro, Ellipses, 2004), Éléments de philosophie politique (Ellipses, 2005), Lectures de Machiavel (dir. en collaboration avec M. Gaille, Ellipses, 2006), L’idée d’empire dans la pensée politique, historique, juridique et philosophique (dir., L’Harmattan, 2006). Enfin, il a récemment dirigé les dossiers d’articles suivants : « Les nations : renouvellement ou déclin ? Identités nationales et réécritures de l’histoire », revue Cités (PUF), n°29-2007 ; « La corruption, un concept philosophique et politique chez les Anciens et les Modernes », revue Anabases. Traditions et réception de l’Antiquité (PU de Toulouse-Le Mirail, éditions De Boccard), n°6-2007.

Normalienne, agrégée et docteur en philosophie, Marie Gaille-Nikodimov est l’auteur, notamment, de Machiavel (Tallandier, 2005) et de Conflit civil et liberté. La Politique machiavélienne entre histoire et médecine (Honoré Champion, 2004). Elle a aussi publié en 2000 une traduction française du Prince.

  • Table des matières

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L’Art d’ordonner le monde. Usages de Machiavel

par André-Marie Yinda Yinda

Avant-propos de Pierre Manent

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L’Harmattan - “Pouvoirs comparés” - Janvier 2008

  • Résumé de l’ouvrage

A travers le texte et plus généralement la pensée de Machiavel, en scrutant précisément la fécondante intuition qui en travaille les moments de signification les moins travaillés, l’idée est de faire du concept de monde un projet politique en soi. Sa création est un travail permanent. Son étendue est structurée autour d’une géographie des intérêts souverains. Son articulation historique dévoile, tout au long de la modernité, une incommensurable fragilité dont se servent les plus habiles pour organiser et maintenir à leur avantage les rapports de pouvoir entre les nations.  

L’intérêt de se servir de Machiavel pour comprendre cette banalité de la vie internationale est double. Il s’agit d’abord du dévoilement d’une vérité effective des pratiques largement répandues mais régulièrement marginalisées dans les discours, théories et philosophies sur les relations internationales. C’est également une contribution au renouvellement de cette pensée structurante des arts de conduire le bien commun qu’est le machiavélisme en débordant le cadre étroit de la souveraineté nationale pour pointer le sens du face-à-face entre les intelligences intéressées quel que soit leur niveau d’expression.

  • L’auteur

André Marie Yinda Yinda est philosophe, enseignant, chercheur et consultant politique. Après avoir enseigné la philosophie politique à l’Université de Yaoundé I et l’Histoire des idées politiques au Grand Séminaire Régional Paul VI de Bafoussam, il a été Chercheur associé au Groupe de Recherches Administratives, Politiques et Sociales (GRAPS) de l’Université de Yaoundé 2 et au Centre de Recherches Politiques Raymond Aron de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales (EHESS) à Paris. Lauréat du Prix Raymond Aron 2005, très actif dans le domaine de l’innovation des idées politiques, il dirige actuellement Afropolis consultants. 

  • Extrait (Début de l’Introduction, p. 13)

« L’art machiavélien de mettre le monde en ordre est le fruit du renoncement d’au moins trois hypothèses liées à la problématique « cosmopolitique », celle qui a vocation, en philosophie, à s’occuper de la constitution politique du monde.

La première hypothèse concerne le jeu de mots entre cosmos et polis qui aurait pu donner lieu à un double entendement : cosmos comme polis c’est-à-dire l’univers, le monde entier, ordonné comme une cité, d’un côté, et, de l’autre, polis comme cosmos, autrement dit la cité, le politique comme univers ordonné en soi, comme un monde à part. Une bonne économie du concept « cosmo-politique » aurait pu y trouver matière à féconder idées, arguments et perspectives pour mettre en route le présent débat. Une relation aurait pu s’établir avec précisément l’idée machiavélienne de l’autonomie du politique vis-à-vis des autres secteurs du vivre ensemble. Mais il a fallu se mettre en réserve à cause de l’improbable articulation de ce jeu de mots et ses éventuelles complexifications dans une écriture machiavélienne du politique qui, si l’on s’en tient à la connaissance que propose PareI, n’a de référence au cosmos qu’en termes purement astrologiques et ne mesure ses effets sur l’ordre du monde qu’à travers les prismes d’une survivance « métaphysique » venue du Moyen-Age. »

  • Table des matières

Avant-propos de Pierre Manent - INTRODUCTION - PREMIERE PARTIE : GENEALOGIE COMMUNE DU POLITIQUE  - LE PLI POLITIQUE DE L’HUMANITE - De l’état de nature à l’état civil - De l’état civil à l’état de nature - LES DEUX INTERFACES DE L’HISTOIRE - Entre l’ancien et l’actuel - Entre virtù et fortuna - UNE RATIONALITE D’ETAT - La sécurité, condition de l’Etat « La fin justifie les moyens » - « AU FIL DE L’EPEE » - L’intelligence de la guerreLa mesure des rapports de force - DEUXIEME PARTIE : UNE COSMOGRAPHIE DE LA SOUVERAINETE  - LE POUVOIR SOUVERAIN EST D’ETAT : DISCURSIVITE - Le conflit des traductions - Le conflit des interprétations - LA  SOUVERAINETE ENTRE TERRITOIRE ET VERTU : OPERATIVITE - L’inscription territoriale - La transcription « vertueuse » - LES SOUVERAINETES REGLENT LE MONDE : NORMATIVITE - Une économie de la violence - Le principe de nécessité comme modalité de règlement - DE LA CITOYENNETE A LA SOUVERAINETE : TRAVERSEE - De la subjectivité à la souveraineté - Principautés et souverainetés - TROISIEME PARTIE : UNE MODERNITE INTERNATIONALE - UNE GENESE WESTPHALIENNE - Structure géopolitique - Stratégie internationale - A L’EPREUVE DU SYSTEME INTERNATIONALE - Pratiques politiques - Réceptions théoriques - LA SUBJECTIVATION  INTERNATIONALE - Identification - Rationalisations de soi - LA  CIVILITE  INTERNATIONALE - Réserves orthodoxes - Rémanences hétérodoxes - CONCLUSION - BIBLIOGRAPHIE - NOTES

  • Critiques

Le Jour, quotidien (écrit par Jean-Philippe Nguemeta)

“André -Marie Yinda Yinda  revisite le machiavélisme aujourd’hui et trouve qu’il  aide à déterminer le bien d’une nation.

L’art d’ordonner le monde. Usages de Machiavel est le tout premier ouvrage du philosophe camerounais André- Marie Yinda Yinda ,  paru chez  l’Harmattan en fin  décembre 2007.

A travers le texte, l’auteur  veut dégager les aspects les plus cachés de la pensée de Machiavel. L’idée  est de faire du concept de monde un projet politique en soi, une construction permanente. Il s’agit de structurer des intérêts souverains, propres et justes  à tous les Etats du monde. Son articulation historique dévoile,  tout au long de la modernité, une incommensurable fragilité dont se servent les plus habiles pour organiser et maintenir à leur avantage les rapports de pouvoir entre les nations. L’intérêt de se servir  de Machiavel pour comprendre cette banalité de la vie internationale est double. Il s’agit  d’abord de dévoiler la réalité des pratiques largement répandues  mais régulièrement marginalisées dans les discours et autres théories sur les relations internationales. Autrement dit, l’objectif est de mettre à nu les différentes manières indirectes d’agir fondées sur la ruse, le mensonge comme principe stratégique permettant  de préserver les intérêts. En réalité, la ruse telle que formulée par Machiavel dans le Prince est réfléchie, calculée, prévoyante. Elle emporte sur la bonne foi et est à l’œuvre  dans les relations nationales et internationales. L’art de gouverner se ramène à l’art de dissimuler, de stimuler, de simuler, de manipuler.” > lire la suite

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