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Archive de la catégorie Philosophes 20è

La pensée Foucault

par Guillaume le Blanc

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Ellipses - “Philo” - Janvier 2006
  • Présentation

Pendant longtemps les philosophes professionnels ont incité Foucault à répondre à la demande d’orientation suivante : êtes-vous bien un philosophe ? Il faut dire que Foucault a si souvent franchi la ligne du concevable et de l’énonçable que beaucoup ont senti avec lui comme une ombre nouvelle, la promesse sombre de la fin de la philosophie ou d’une déconvenue sans lendemain. Que s’est-il passé exactement avec Foucault ? Rien d’autre pourtant qu’une opération de traduction de la philosophie en pensée. Ce livre entend restituer à Foucault le titre de penseur contre celui, trop vite donné, de philosophe. Car l’essentiel est bien, pour lui, de sortir de la philosophie et d’accéder alors à ces multiples pensées du dehors qui se trouvent le plus souvent repliées dans l’hétérogénéité apparente de nappes de discours anonymes, lointaines et refermées sur elles-mêmes.
La question que nous pose Foucault est alors la suivante : est-il possible d’envisager la philosophie comme une pensée ? Cette conversion est peu lisible tant nous sommes habitués à l’opération inverse de promotion dune pensée en philosophie. Foucault complique singulièrement la philosophie mais la renouvelle aussi en la considérant comme un mode de pensée particulier qui peut, le cas échéant, être contesté par d’autres modes de pensée ou se trouver réorienté par elles.
La pensée Foucault essaie de repérer semblable conversion. Il en résulte une exploration nouvelle des principales expériences de pensée qui sont engendrées chez Foucault par l’analyse des relations de pouvoir et des jeux de savoirs. Au cœur de ces expériences se jouent les différentes relations historiques de la vie, du sujet et des normes telles quelles sont mobilisées par les disciplines et les modes nouveaux de gouvernement des conduites humaines.
De l’analyse de l’assujettissement jusqu’à la compréhension du libéralisme, en passant par une interrogation sur la sexualité, le pouvoir médical, les sciences humaines, la psychiatrie, ce livre propose une cartographie de la pensée Foucault qui invite à la confrontation plutôt qu’à la commémoration.

  • L’auteur

Guillaume le Blanc est professeur de philosophie a l’Université Michel de Montaigne Bordeaux III. Il a récemment publié L’esprit des sciences humaines (Vrin. 2005) et Les maladies de l’homme normal (Editions du Passant. 2004)

> Bio-bibliographie de l’auteur sur le site du Centre International d’Etude de la Philosophie Française Contemporaine

  • Extrait de l’Introduction, p. 3

“Ce livre a son origine dans deux énoncés mystérieux de Michel Foucault. «Il me semble que la philosophie aujourd’hui n’existe plus, non pas en ceci qu’elle aurait disparu, mais qu’elle s’est disséminée dans une grande quantité d’activités diverses». «Il faudra bien un jour essayer de définir les formes et les catégories fondamentales de cette “pensée du dehors”». Ces deux propositions se rejoignent et forment un motif qui est celui non de la défaite de la philosophie mais de sa métamorphose. La philosophie s’est démultipliée, elle se loge désormais dans les activités des linguistes, des historiens, des ethnologues, des juristes, dans les pensées des champs différents. Elle est le nom qui désigne des actes multiples de pensée.
Est-il important de considérer une philosophie comme une pensée ? Il n’est pas certain que cette conversion ait un sens tant l’opération inverse de traduction d’une pensée en philosophie semble, depuis longtemps, acquise et ne plus poser de problème particulier. Car une pensée, dès lors qu’elle a une cohérence qui lui confère une réflexivité intrinsèque, peut être envisagée comme une façon de faire de la philosophie, au sens large du terme ou au sens restreint. Pourquoi faudrait-il donc procéder à un mouvement inverse à propos de Foucault ? Dans de nombreux textes, Foucault conçoit son travail comme un travail de pensée. Dans l’autobiographie qu’il rédige sous le pseudonyme de Maurice Florence, Foucault veut théoriser ce basculement de la philosophie vers la pensée. Il note que son entreprise s’inscrit dans la tradition critique ouverte par Kant. Est-ce à dire que Foucault accomplit la philosophie critique de Kant ? Nullement. Il entend produire une «histoire critique de la pensée» plutôt qu’une critique de la raison philosophique. Pourquoi envisager le déplacement de la philosophie vers la pensée au lieu de revenir à la philosophie à partir de la pensée ? Il ne faudrait pas en conclure trop rapidement à l’annonce tragique de la mort de la philosophie ou à la décision moderne de sortir de la philosophie.”

  • Table des matières
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La psychanalyse interroge la phénoménologie

Recherches freudiennes à partir de Brentano

par Franca Madioni

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L’Harmattan - “Psychanalyse et civilisations” - Février 2008
  • Présentation

Existe-t-il un accès à la pensée de Freud qui passe par la phénoménologie ? Dès la rencontre de Freud avec Binswanger, en 1907, ce dernier a joué le rôle de « passeur » de la psychanalyse vers la philosophie allemande de son temps. Depuis, le dialogue entre psychanalyse et phénoménologie s’est interrompu. Les thèses fondamentales de l’intentionnalité et de la réduction phénoménologique sont toujours considérées comme incompatibles avec celles de l’inconscient et de la pulsion. Dans le présent ouvrage, l’analyse de ces concepts Jointe à ceux d’affect et de corps permet de comprendre autrement la notion freudienne de directionnalité. L’influence de Brentano sur la théorie de la relation d’objet sert d’introduction aux recherches proposées quant au lien épistémologique et clinique entre la phénoménologie et Freud qui, après 1920, tient compte aussi des idées de Husserl. Dans la deuxième topique émergent clairement les notions de synthèse passive et active du sujet husserlien. Le rapprochement de ces deux lignes de pensée ouvre une nouvelle perspective. Les figures cliniques, de la troisième partie du livre, synthétisent ce nouvel horizon de la subjectivité en psychanalyse freudienne.

  • L’auteur

Franca Madioni, née à Florence (Italie), est psychiatre, psychanalyste et philosophe. Docteur des Universités de Bologne et de Paris XII, elle est chercheuse au Fonds National Suisse. Outre de nombreux articles, elle a publié Le temps et la psychose (1999), La mémoire entre psychanalyse et neurosciences (2003) et pour le Dictionnaire du Corps du CNRS (2005).

  • Extrait p. 11

Du psychisme au sujet.
Les besoins anthropologiques de la psychologie clinique et de la psychanalyse

” Une image pourrait nous introduire sur le chemin ouvert par ces recherches: l’admiration de Picasso pour Cézanne. Le rapport qui existe entre les deux peintres fait penser au croisement des regards que le psychanalyste et le phénoménologue portent sur la vie psychique et sur l’homme. La peinture de Cézanne, pour le psychanalyste curieux, peut ressembler à la phénoménologie.
Cézanne, par sa manière de procéder, rappelle Husserl car son « observation» du paysage est une perpétuelle « invention » de la forme. Dans ses tableaux, la rencontre entre nature et vécu se tient à cette manière particulière de « voir », car c’est le regard qui définit l’objet et permet à un tiers, le spectateur, de se le représenter et de le sentir par le vécu du peintre. Rien de plus antinaturaliste, rien de plus antiréaliste ! Le regard de Cézanne crée la forme, brise la lumière pour s’approprier l’être au-delà de l’objet observé. Cézanne cherche à restituer le vécu de son observation. Les sens. Ils sont tout puissants dans la création de la forme picturale. Voir. Cela s’enracine profondément dans le ressentir, il est pure émotion qui centre toute expérience vécue. Ce vécu se traduit dans « les formes du monde », dans le fait de voir avec son être profond.
Picasso tomba amoureux des « formes » de Cézanne et sa peinture s’en inspira; il pourra décomposer la forme car elle devient une forme pure, c’est-à-dire épurée des données de l’expérience perceptive. Mais par ailleurs, la forme décomposée, déliée, de Picasso ne peut être pensée qu’en passant par le regard de Cézanne sur les choses.

  • Table des matières

Introduction:
Du psychisme au sujet. Les besoins anthropologiques de la psychologie clinique et de la psychanalyse

Première partie: Prélude historique
Chapitre I : Entre psychanalyse et phénoménologie
1. L’amitié
2. Le grand malentendu
3. L’avenir

Deuxième partie: Fondements Philosophiques
Chapitre II : Le sujet entre «cogito pur» et affect
1. Intentionnalité et sujet
2. L’affect, fondement de l’Erlebnis
3. Le corps 76
Chapitre III: Le sujet et son monde
1. Le Tu-Tu comme sphère de l’intersubjectivité
2. Le monde comme espace
2a. illustrations
3. Le monde comme temps et mémoire

Troisième partie: De l’épistémologie à la clinique
Chapitre IV: Méthode et formes en clinique
1.L’épochè et l’ouverture à l’évidence du monde
2. De la compréhension
3. La compréhension et le souci
4. Le transfert
Chapitre V : Le mouvement comme pulsion et comme direction existentielle
1.Le temps-espace ou les directions de sens en psychothérapie
2. Paul
3. Du temps qui passe au temps autobiographique
4. Charlotte
Chapitre VI : Pour une métapsychologie phénoméno-psychanalytique : le rêve
1. Du rêver
2. Phénoménologie du corps: le rêvant
3. Le temps du rêve
4. Rêve du temps
5. Espace onirique
6. L’être dans le monde onirique
Chapitre VII : Phénomènes transitionnels et subjectivité selon la phénoménologie
1. Le Jeu du Je
2. Le faire: anthropologie du jeu
3. Le Je enjeu

Conclusions :
Pour une théorie de la subjectivité dans la clinique psychanalytique: le psychanalyste « à l’école de la phénoménologie »
1. L’histoire
2. Freud phénoménologue

  • Dossier de presse (à venir)

Entendre Heidegger et autres exercices d’écoute

par François Fédier

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Le Grand Souffle - “La contrée” - Février 2008
  • Présentation

“C’est grâce à Jean Beaufret que j’ai pu entendre. Sans lui, je n’aurais sans doute pas été capable de porter attention au propos de Heidegger : il est au premier abord presque inaudible, tant ce qui y est dit demande qu’on ouvre grand les oreilles. Le renom du philosophe ne vient pas faciliter les choses. La gloire elle aussi est faite de malentendus.

Dissiper les malentendus est une entreprise fastidieuse : rien n’est plus obtus qu’un homme qui ne veut rien entendre. Le présent livre ne se propose donc pas ce but. Il lui suffit amplement de mettre autant que possible les lecteurs au contact de ce que montre Heidegger, cette contrée si proche, mais que nous avons les plus grandes peines du monde à percevoir, et où tant de richesses dorment à notre insu.

Les textes ici rassemblés, dont la moitié sont inédits, ont été écrits de 1983 à 2007.

Mon souhait le plus cher est que ce livre puisse donner envie d’écouter : un peu comme lors de ces instants d’attente joyeuse – quand, une fois le la donné à l’orchestre, chaque instrument se met pour lui-même à s’accorder dans sa tessiture, au milieu d’un brouhaha croissant, jusqu’à ce que s’installe soudain le silence où le concert peut commencer.”

François Fédier, décembre 2007

  • Extrait de “Entendre Heidegger”, p.37

“Selon quel mouvement allons-nous lancer notre question ? La posons-nous pour ramener à notre niveau ce qu’elle demande, ou bien au contraire afin de nous mettre nous-même en route vers ce qui éventuellement nous y concerne?
Étant donné que l’entente est sans conteste le point cardinal autour duquel tourne l’entreprise de philosopher elle-même, envisagée dans sa portée la plus profonde - c’est-à-dire en tant qu’herméneutique -, et comme Heidegger semble bien être un des rares philosophes à s’être confronté d’une manière aussi audacieuse à la question que n’a cessé d’être la philosophie elle-même, je crois en tout cas, ici (dans la première de toutes les universités) et aujourd’hui (en commémorant le trentième anniversaire de la mort de ce philosophe-là), qu’il peu-être furctueux de s’interroger sur ce qu’implique pour nous - ce que nous demande à nous - d’avoir à entendre Heidegger.”

  • Table des matières

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  • Dossier de presse

> pileface.com

“Le livre comprend des textes publiés dans diverses revues, souvent confidentielles, de 1983 à 2007. Ayant fait le constat que « publier en revue est le meilleur moyen de disparaître », il est bien que François Fédier ait décidé de réunir ses textes en volume. On y découvre en effet la cohérence des propos du « spécialiste de Heidegger », mais aussi des analyses qui dépassent « le cas Heidegger » pour ouvrir, à partir du poète Mandelstam, une approche du « fascisme », du « stalinisme » — et de sa langue de bois — qui mérite l’attention (« Aller-retour »).”

> Entretien video du 22 février 2008 avec Stéphane Zagdanski, sur “parole des jours” : L’entendre et l’écoute. Entretien sur Entendre Heidegger et autres exercices d’écoute

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