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Archive de la catégorie Philosophes 18è

L’art et le sentiment

Ethique et esthétique chez Kant

Bertrand Dejardin

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L’Harmattan - “Ouverture philosophique” - Mars 2008
  • Présentation

Cet ouvrage est le premier d’une série de quatre études consacrées aux liens que Kant, Hegel, Nietzsche et Freud établissent entre éthique et esthétique.
Il s’agit, dans ce premier essai, de décrire la fonction libératrice de l’esthétique dans la double lutte que Kant mène contre le déterminisme et contre le mysticisme. Mais il sera question également de mettre en lumière les motifs qui ont conduit l’auteur de la Critique de la faculté de juger à subordonner l’esthétique à une finalité éthique, en instituant une autocensure aussi restrictive que les dogmes qu’il combattait.

  • L’auteur

Bertrand Dejardin est docteur en Philosophie et Lettres (Université Catholique de Louvain) et l’auteur d’ouvrages sur Kant, Spinoza et Machiavel.

  • Table des matières

Avant propos

I. Esthétique et transcendance
Les limites de la raison
La formation esthétique
La conséquence théologique de l’esthétique transcendantale

II. Le jugement
Le problème du beau
La dynamique de la pensée: le jugement
Le plaisir inconditionné
La « finalité sans fin »
L’appréhension du plaisir
Le jugement esthétique
La finalité phénoménologique
Le jugement et le goût
Le phénomène culturel

III. La sublimation du sujet
Le beau et l’agréable
La communication esthétique
L’intention et le plaisir
L’idéal de l’esthétique
Le beau et le sublime
La sublimation du sujet
Le chaos et la puissance
Sublimation, religion et culture Le devoir de culture

IV. La culture du génie
La crise esthétique du sujet
L’idée de la beauté
Le jugement dernier
Le sens commun, fondement de l’humanisme
Privilège de la beauté naturelle
La beauté dans l’art
Le pouvoir du génie
Le sentiment de l’art
La dialectique de l’art
La compensation esthétique
L’art symbolique
Le règne des fins
Le culte de la culture

  • Extrait de l’Avant-propos, p. 7

” Cette première étude sur l’esthétique et l’éthique de Kant est tendue par une même conviction que l’on retrouvera dans les analyses suivantes sur Hegel, Nietzsche et Freud: la culture moderne confond le rôle de l’éthique et la fonction de l’esthétique, de la poièsis de la praxis; elle subordonne tantôt l’éthique à l’esthétique tantôt l’esthétique à l’éthique. Cette vassalité prend différentes formes. La première est patente dans la Critique de la faculté de juger de Kant: elle consiste à déterminer la formation du beau en fonction du bien moral. L’assujettissement de l’esthétique à d’autres fins que la production du beau transforme radicalement sa fonction: l’esthétique cesse d’être un savoir technique conditionnant la production des beaux-arts. Elle devient l’élément premier d’un jugement qui affranchit l’être humain du déterminisme des causes naturelles: l’homme n’est pas seulement libre en tant que sujet théorique ou sujet pratique, il l’est aussi dans son goût pour le beau. Le beau n’est pas une réaction sentimentale produite à partir d’une beauté réelle ou naturelle. C’est, au contraire, un sentiment inconditionné qui permet d’éprouver et de reconnaître la beauté dans la nature ou dans l’art.
L’autonomie et la transcendance absolues du sujet face au beau constituent une des pensées les plus audacieuses de la philosophie moderne. Mais elle demeure sans suite car Kant va soumettre immédiatement la liberté esthétique à un devoir éthique, avec pour conséquence de substituer au déterminisme de la physique et au mysticisme de la théologie une forme de déterminisme culturel. Cette substitution donne le jour à une de ces fausses évidences qui n’a cessé de hanter les premières études sur Kant et Hegel: d’une manière ou d’une autre, il leur semble naturel de croire que l’art fait partie de la culture et qu’il a un sens parce qu’il exprime un sentiment commun (Kant) ou un moment de l’Esprit vivant (Hegel). A aucun moment, ces penseurs idéalistes ne semblent concevoir l’art comme une réaction existentielle contre l’oppression des dogmes éthiques et esthétiques que véhicule toute forme de culture. “

  • Dossier de presse (à venir)

Kant cosmopolitique

Collectif sous la direction de Yves Charles Zarka et Caroline Guibet Lafaye

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Editions de l’éclat - Mars 2008
  • Présentation

La question cosmopolitique est restée en marge de l’intérêt qui a été porté à la pensée juridico-politique de Kant. En ce sens, le présent ouvrage vient combler une lacune dans l’exploration des ressources de l’œuvre. Mais l’intérêt philosophique de la question cosmopolitique dépasse très largement ce cadre. Elle atteste d’abord que la théorie politique de Kant ne se limite pas à une théorie de l’État. Il doit y avoir un en deçà et un au-delà de l’État, où la politique dépasse l’idée de peuple pour atteindre celle d’humanité. Le cosmopolitisme est cette théorie politique de l’humanité. En ce sens, Kant est l’antidote de Carl Schmitt, qui portait en lui la haine de l’idée cosmopolitique. Cet antagonisme théorique entre Schmitt et Kant, entre le poison et le remède, est largement attesté dans ce volume. Ce qui montre à quel point nous avons besoin aujourd’hui du cosmopolitisme de Kant, pour penser le passage de la guerre à la paix, la place de l’hôte étranger dans nos sociétés complexes et la nouvelle configuration d’un monde globalisé.

  • Les auteurs

Yves Charles Zarka est professeur de philosophie politique à l’Université Paris Descartes (Sorbonne). Il est l’auteur d’une douzaine de livres, traduit en plusieurs langues, au carrefour de l’histoire de la pensée politique et de la philosophie politique contemporaine. Ses livres ont ouvert des nouveaux accès à la compréhension de notre temps. Il est également directeur de la revue Cités et à ce titre à la tête d’un des courants majeurs de la pensée politique contemporaine.

Caroline Guibet Lafaye est docteur de l’Université de Paris-I Panthéon-Sorbonne et agrégée de philosophie. Elle est actuellement chargée de recherche à l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve (Belgique). Elle est spécialiste de Kant et de Hegel aussi bien sur le versant esthétique que sur celui de la morale et de la politique.

  • Extrait de “Introduction : le cosmopolitisme kantien”, par Caroline Guibet Lafaye

“Comme on le sait, le système kantien a été entrepris et mené à bien pour répondre à la question: « u’est-ce que l’homme? ». Philosophie de l’histoire et système critique ont été conçus, par Kant, ensemble. La philosophie critique est en effet là pour montrer que la liberté est réalisable dans la nature et qu’ainsi être homme n’est pas vain. La philosophie de l’histoire est précisément une pièce essentielle de cette téléologie. L’idée d’une histoire universelle est ainsi la pensée de la destination de l’homme dans le monde, ce qui a fait dire à certains commentateurs que «lesréflexions de Kant sur l’histoire non seulement s’accordent avec la pensée critique et pratique, mais l’accomplissent selon son essence “. La philosophie critique n’est donc pas, par accident, une philosophie de l’histoire car l’exigence pratique conduit jusqu’à la pensée de l’homme et de la réalisation de la liberté, dans la nature, par l’histoire humaine. Ainsi la philosophie de l’homme et la philosophie de l’histoire s’inscrivent dans le cadre de la philosophie critique comme le confirme aussi la date de parution des opuscules kantiens sur ces questions. En effet Kant n’a pas attendu d’avoir achevé son système pour publier ces réflexions: l’Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique date de 1784. Sa complète élucidation critique advient avec la Méthodologie de la Critique du jugement en 1790.”

  • Table des matières

Introductions: Yves Charles Zarka, Y a-t-il un concept politique de l’humanité?– Jean Ferrari, Présentation – Caroline Guibet Lafaye, Le cosmopolitisme kantien – I. Qu’est-ce que le cosmopolitisme ? – Yves Charles Zarka, Cosmopolitisme et hospitalité chez Kant – Monique Castillo, Pluralisme culturel et cosmopolitisme kantien – II. Cosmopolitisme et philosophie transcendantale – Jean Ferrari, Le cosmopolitisme de Kant entre l’idéalisme transcendantal et la réalité empirique – Bernard Bourgeois, Droit et force : le statut du droit cosmopolitique chez Kant – Caroline Guibet Lafaye, Le cosmopolitisme comme exigence morale – III. Les institutions juridiques du cosmopolitisme – Mai Lequan, Le repli kantien de la solution maximale d’une république mondiale vers la solution minimale d’une confédération d’États – Alain Boyer, La guerre, le commerce et l’étranger – Jean-Louis Vieillard-Baron, La nécessité d’une instance internationale et les limites de l’état moderne – IV. Du cosmopolitisme à la globalisation – Gérard Raulet, Habermas sur la paix perpétuelle – Emmanuel Picavet, Du non-mariage des États

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