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Archive de la catégorie Philosophes 17è
Spinoza
8.7.2008 par admin.
Sévérac Pascal, Suhamy Ariel
Ellipses - “Philo-philosophes” - Juillet 2008
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Présentation
Au regard des encyclopédies, Spinoza est ordinairement présenté comme le philosophe de la Substance, qui seule existe et dont l’homme n’est qu’un Mode parmi d’autres, tous soumis au plus strict déterminisme. Le théoricien aussi du savoir absolu, seule voie vers la vraie liberté.
Pour autant Spinoza ne prétend pas tout savoir : il ne cesse au contraire d’avouer des gouffres d’ignorance, cernant les îlots de certitude ; mais c’est pour mettre ces îlots à l’abri de ceux qui font de l’ignorance un argument pour tout plonger dans l’abîme. Car l’ignorance se substantialise elle-même sous la forme d’illusions tenaces, vidant la réalité de sa substance propre et bloquant l’accès à la connaissance de l’homme et de la Nature. Le libre arbitre, le finalisme, l’exaltation des passions tristes, sont les piliers d’une construction bancale et absurde, qui toujours s’effondre sur ses bâtisseurs et que, faute d’un autre modèle, on s’obstine de siècle en siècle à échafauder de nouvelle façon. C’est cet autre modèle que Spinoza construit en même temps qu’il démonte le précédent.
Cet ouvrage n’a pas la prétention d’arpenter l’ensemble du système, mais seulement d’amorcer l’entreprise au moment où le savoir qui se sait se distingue de l’ignorance qui s’ignore. Alors, le progrès est possible.
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Les auteurs
Pascal Sévérac est agrégé et docteur en philosophie. Il enseigne à la Courneuve (93) et est directeur de programme au Collège International de philosophie (CIPh). Il a publié différents ouvrages sur Spinoza : Le devenir actif chez Spinoza, aux éditions Honoré Champion (2005) ; L’Ethique de Spinoza (1997), L’Appendice à la première partie de l’Ethique de Spinoza (1999) ainsi que La perception (2004) aux éditions Ellipses. Il a codirigé avec Chantal Jaquet et Ariel Suhamy : Fortitude et servitude, lectures de l’Ethique IV de Spinoza, aux éditions Kimé, (2003) et Spinoza, philosophe de l’amour, Publications de l’Université de Saint-Etienne (2005). Dernière parution, aux éditions Ellipses, en collaboration avec Ariel Suhamy : Spinoza (2008). Auteur de divers articles sur la philosophie du XVIIè siècle et de différents comptes rendus (comme dans la revue Astérion), il travaille actuellement sur les usages contemporains du spinozisme dans les sciences humaines, notamment autour de la question du corps et de ses affects : il anime sur ce thème, à partir de février 2008, un séminaire au Collège international de philosophie.
Ariel Suhamy est journaliste multimédia, agrégé de philosophie.
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Table des matières
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Début de l’Introduction
Au fronton de la philosophie occidentale est inscrite la parol~ de Socrate: « je sais que je ne sais rien ». On sait d’ailleurs que ce dont on a fait un commencement traduit plutôt une rupture avec les philosophes dits présocratiques, qui étudiaient la Nature; l’humilité socratique rabat la sagesse à hauteur de l’homme: elle est désormais conscience de soi, plus précisément de son ignorance, et non connaissance d’objets. Un long divorce est prononcé entre la science et la pensée, dont les multiples arrêts jalonnent l’histoire de notre philosophie.
Spinoza, a priori, serait à remiser chez ces Présocratiques puisqu’il entend parler du point de vue de la Nature et traiter le sujet humain comme un objet de science parmi d’autres: «je considérerai les affects humains comme s’il était question de lignes, de figures et de volumes» (Éthique III, préface). Il est d’ailleurs reconnu que la conscience ne tient pas dans sa pensée la place principielle qu’elle occupe chez Descartes, lequel se voyait comme l’héritier de Socrate - même si je ne sais rien, je sais que j’existe - faisant jaillir de la réserve socratique une suite admirable de conséquences. Tandis que Spinoza, dédaignant ces voies, renouerait avec les lointains Éléates, se plaçant de plain-pied avec l’Être pour bâtir une superbe, mais intempestive, Ontologie. De là, du reste, l’abord intimidant de son œuvre principale. Ainsi Bergson, dans un texte célèbre, évoquait avec humour « le formidable attirail des théorèmes avec l’enchevêtrement des définitions, corollaires et scolies, et cette complication de machinerie et cette puissance d’écrasement qui font que le débutant, en présence de l’Éthique, est frappé d’admiration et de terreur comme devant un cuirassé du type Dreadnoughtl ».
Dossier de presse (à venir)
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Lectures de Spinoza
11.3.2008 par admin.
Sous la direction de Pierre-François Moreau et Charles Ramond
Ellipses - “Lectures de…” - 2006
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Présentation
Séparer le théologique du politique ; démontrer la nécessité de la liberté d’expression ; défendre la démocratie comme régime ” absolu ” ; mettre en garde contre les haines toujours renouvelées des foules : l’actualité de notre jeune XXV siècle ne cesse de légitimer et de relégitimer la lecture de Spinoza, toujours détesté et craint à juste titre par les ennemis anciens et actuels de nos Lumières. La maxime spinoziste ” ne pas détester, ne pas rire… mais comprendre “, véritable résumé de la philosophie, vaut également caution pour son histoire. Rédigé par les meilleurs spécialistes, le présent volume peut ainsi proposer de la philosophie de Spinoza une présentation compréhensive, globale et chronologique, qui se veut à la fois une introduction complète et claire à la doctrine, et un aperçu de ses interprétations les plus récentes.
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Extrait de “Présentation générale” p.5
” L’œuvre de Spinoza n’a cessé de marquer les générations successives de philosophes, depuis le XVII’ siècle. Tour à tour relue et interprétée par ses adversaires théologiens, par les libertins de l’âge classique et les matérialistes des Lumières, par le « conflit du panthéisme» et par l’idéalisme allemand, par les spiritualistes français et par les naturalistes, par le marxisme, par la psychanalyse, elle est aujourd’hui revendiquée par les sciences humaines et objet aussi de regards renouvelés par les historiens de la philosophie. Elle est pourtant quantitativement mince: deux ouvrages publiés de son vivant, dont l’un prétend seulement présenter la philosophie de Descartes, et dont l’autre, bien autrement sulfureux, est paru anonymement; un recueil posthume de quatre autres écrits, dont trois inachevés, assortis de quelques lettres; au cours du XIXe et du XXe siècles, encore un traité découvert dont on ne sait trop le statut ni la langue, et de nouveau quelques lettres. C’est bien peu quand on compare aux volumes épais qui recueillent les œuvres et les correspondances de Descartes, de Hobbes, de Malebranche, pour ne rien dire de celles de Leibniz dont l’édition semble interminable au bout de trois siècles. Encore faut-il préciser que nous savons peu de chose sur le processus d’élaboration de ces textes, et que les rares indications de la correspondance et des ouvrages eux-mêmes ne nous permettent de reconstituer un itinéraire qu’avec prudence. C’est pourquoi, dans les études qui constituent le présent volume, nous avons étudié chaque livre - parfois chaque partie d’un livre - pour lui-même, sans tenter de reconstituer une conception d’ensemble du système philosophique ou de son évolution, qui les intégrerait tous. “
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Table des matières
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