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Archive de la catégorie Ethique
Le Travail de la liberté
20.8.2008 par admin.
Robert Misrahi
Le Bord de l’Eau Editions - Août 2008
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Présentation
Un ouvrage qui se veut le premier testament philosophie du « philosophe de la joie », grand spécialiste de l’œuvre de Spinoza.
Écrit sous forme de récit, sans jargon, Robert Misrahi nous invite à suivre ses pas dans sa vie de philosophe, vécue comme une vie « d’engagement en philosophie »…
Ce qu’en dit l’auteur : En rassemblant les principaux résultats de mes écrits, j’accomplis une tâche supplémentaire : je dresse comme un bilan. Le temps vient toujours de faire un bilan de sa vie. Pour moi, ce sera le bilan d’une œuvre. Que ce bilan ne soit en fait jamais réellement “bouclé”, puisque j’ai bien l’intention d’écrire durant tout le temps qu’il me sera possible de le faire, ne signifie pas qu’un regard sur un demi-siècle de production ne puisse dégager des lignes de pensée dominantes et des propositions fermes et constantes.
Plus précisément encore, ce regard synthétique et rétroactif, ce redéploiement ramassé de ma pensée pourrait valoir comme la validation ultime d’un itinéraire existentiel et d’une œuvre. Celle-ci révélerait alors dans son unité comme une philosophie pour vivre, c’est-à-dire comme une éthique.
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L’auteur
Robert Misrahi, professeur émérite de philosophie éthique à l’Université de Paris I (Sorbonne), il a publié de nombreux ouvrages sur Spinoza et consacré l’essentiel de son travail à la question du bonheur. Il est considéré aujourd’hui comme « un auteur classique ».
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Dossier de presse, Documents
> Robert Misrahi par Victor Malka
Emission “A voix nue” sur France Culture
Réalisation Bruno Sourcis
Robert Misrahi a longtemps été le titulaire de la chaire de philosophie à la Sorbonne. Ce spécialiste de Spinoza –aujourd’hui à la retraite – auteur de très nombreux livres, se revendique comme un « fils de Descartes ». Il a développé dans ses derniers ouvrages une théorie du bonheur. Dans cette série d’A Voix Nue, il revient sur son parcours philosophique, sur les différentes étapes de sa pensée philosophique et sur ses aspects sociaux. Il parle de Spinoza, et de ses « prolongements », de l’Etat et de la démocratie, de l’effondrement des espoirs marxistes en même temps que des idéologies dominantes, de la psychanalyse en ruine. Il décrit ce qu’est, selon lui, l’état des lieux de la liberté dans le monde et, en conclusion, définit ce qu’il appelle « les actes de la joie » et les contenus pratiques de la « vraie vie ».
> Video
Extrait de l’émission d’Antoine Spire “GRANDS ENTRETIENS” avec Robert Misrahi. Enregistrée le 26 juin 2008 à Paris. Avec la participation de Nicolas Martin.
Réalisation : Dominique-Emmanuel Blanchard
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Le bonheur philosophe
24.6.2008 par admin.
De Pythagore à Al Gore
Jacques Senécal
Liber - Mars 2008
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Présentation
«Ce livre est une introduction à la philosophie abordée sous l’angle du bonheur devenu, aujourd’hui, un véritable devoir social. Je propose une analyse d’une trentaine de philosophes ou d’écoles qui ont marqué notre civilisation, les grands mouvements des trois derniers siècles, les bonheurs multiples de l’individu et de la collectivité, celui de la raison comme de la foi, celui des droits et des devoirs. Les philosophies du bonheur, comme, d’ailleurs, ses significations, sont très variées. Cette richesse de sens justifie cet essai qui n’est pas une œuvre d’historien, mais celle d’un ami de la philosophie, d’un homme qui a compris qu’au cours de sa vie son bonheur était presque constamment soutenu par la réflexion des grands philosophes. Bien sûr que, seul, inquiet, mais lucide, on arrive toujours à philosopher et à donner sens à sa vie, sauf qu’il est avantageux et stimulant de savoir que ses propres réflexions, les plus intimes comme les plus étranges, ont aussi une portée universelle et qu’elles ont été celles des grands penseurs de notre civilisation. Se sentir près d’eux réconforte, rassure et nous garde dans un état de quiète inquiétude.» J. S.
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L’auteur
Jacques Senécal a enseigné la philosophie au collège, à Rimouski et à Montréal. Il est également animateur d’ateliers de philosophie. Il a publié Le bonheur philosophe. De Pythagore à Al Gore (Liber, 2008), Manières de dire, manières de penser - Initiation à la réflexion critique sur les lieux communs (Liber, 2004) et Jouir, faire jouir et s’en réjouir (Méridien, 2005).
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Extrait : début de l’Introduction
“Le bonheur est un objet de réflexion qui traverse toute l’histoire de la philosophie. D’ailleurs, non seulement a-t-il été perçu et expliqué de diverses manières, ce qu’on verra en détail, mais le mot même a pris plusieurs sens et formes. Bon heur veut dire, en français, bon augure ou bonne chance: avoir l’ heur de plaire à quelqu’un, c’est avoir la chance ou le bonheur de lui être agréable. Ce bonheur peut renvoyer au plaisir et celui-ci à joie quand la satisfaction est complète et profonde, laquelle est, comme le ravissement, l’enchantement ou l’euphorie, plus que le simple bien-être, une sorte de béatitude ou d’extase ou même de félicité. Chez les Grecs de l’Antiquité, des concepts précis définissent la nature du bonheur: ataraxie, utilisée par les stoïciens et les épicuriens, fait comprendre que le bonheur est d’abord une absence de douleur ou encore une disparition plus ou moins permanente des troubles du corps ou de l’âme; cette sérénité corporelle ou spirituelle serait le souverain bien ou le but de la vie humaine. Chez d’autres penseurs, c’est la contemplation intellectuelle qui procure le vrai bonheur, lequel est inaccessible sans la pratique de la vertu dont le sens varie de la force à la quiétude.”
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Dossier de presse
> Ecoutez Jacques Senécal sur Radio Canada
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Qu’est-ce que vivre ?
10.6.2008 par admin.
Renonciation et accomplissement
Patrice Guillamaud
L’Harmattan - “Nous, les sans-philosophie” - Mai 2008
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Présentation
Il y a une différence essentielle entre la vie et l’existence. Si la réussite relève de l’existence, à savoir de la superficialité consciente et dérisoire de la vie, l’accomplissement relève au contraire de la vie en tant que vie à savoir de la profondeur vitale. Mais quelle est l’essence même de cette profondeur ? Il s’agit ici de montrer que par essence, la profondeur concrète de la vie est une spontanéité affective entendue comme non-liberté ou renonciation.
Nous prévenons les âmes sensibles que la lecture de ce livre peut provoquer un étonnement. Le point de vue y est en effet purement cynique. Mais, c’est le cynisme même de l’analyse qui conduit à découvrir que la grandeur morale, loin d’être une exception ou une abstraction, est l’essence la plus concrète et la plus universelle de toute vie. Nous verrons en effet que, dans la vie des grandes ordures, comme dans celle des grands saints et des grands médiocres, c’est une seule et même loi morale qui, loin d’être un idéal illusoire ou abstrait, gouverne réellement et absolument. Dans la fausse gloire du mal et du bien comme dans le faux anonymat de la médiocrité, c’est une seule et même grandeur de la vie et de l’humanité qui s’exprime, irrémédiablement.
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L’auteur
Patrice GUILLAMAUD, agrégé de philosophie et docteur (NR), est professeur de khâgne au lycée Descartes à Tours. Indifférent, comme les non-philosophes, à la sclérose institutionnelle, il travaille à l’élaboration d’une nouvelle manière de penser la réalité, à savoir à une nouvelle science philosophique, l’ousiologie.
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Extrait de l’Introduction : l’essence de la vie
“La réussite n’est pas l’accomplissement. Réussir n’est pas s’accomplir.
Il y a là deux dimensions de la vie humaine qui sont absolument irréductibles. La réussite a un caractère superficiel qui en fait une dimension de la vie radicalement différente de l’accomplissement. Si la réussite concerne en effet la surface et l’apparence de la vie, l’accomplissement concerne au contraire la profondeur et la réalité même de la vie. C’est cette différence entre la surface et la profondeur de la vie qu’il va falloir approfondir.
Ce qui est plus exactement en jeu ici, c’est la vie elle-même, non pas telle ou telle vie, non pas tel ou tel aspect de la vie mais ce qui fait que la vie est la vie, son essence universelle. Ce qui est en jeu, ce n’est pas la vie sexuelle, économique, sociale ou morale, c’est le fait même de vivre à travers toutes ces différentes dimensions.
Il ne s’agit pas non plus de définir la vie commune à l’homme et à l’animal. Il ne s’agit pas de définir ce qui distingue la vie animale de l’absence de vie propre à la matière. Une telle définition serait biologique et relèverait de la science. Il s’agirait alors de savoir si la vie, la satisfaction des besoins, le fait de manger et de se reproduire, est réductible ou non à des processus physiques et chimiques, c’est-à-dire à une réalité purement matérielle. Il s’agit de définir la vie propre à l’homme en tant que cette réalité biologique et animale est une simple base, ce à partir de quoi se déploie le fait même de vivre propre à l’homme. Mais il ne s’agit pas non plus de définir ce qui distingue la vie humaine de la vie animale. Une telle définition serait anthropologique et relèverait des sciences humaines. Il s’agirait alors de savoir si la vie, la satisfaction des besoins, au sein des relations sociales avec les autres hommes, obéit à des lois propres, si elle ne tient sa définition que de l’esprit ou si elle est réductible aux lois mêmes de la vie biologique. Il s’agit de définir l’essence, certes humaine, de la vie mais en tant que cette même réalité humaine, collective et sociale, n’est qu’un aspect très secondaire de la vie elle-même en tant que telle.”
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Dossier de presse, critiques (à venir)
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Le sport est-il inhumain ?
10.6.2008 par admin.
Robert Redeker
Panama - Mai 2008
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Présentation
Si la dramaturgie du sport n’a pas changé – un événement sportif est toujours un suspens sans fiction –, les sportifs, eux, ont changé radicalement. On pouvait auparavant s’identifier, plaisir de la projection, à Platini, McEnroe ou même Eddy Merckx, mais aujourd’hui les champions, produits usinés méthodiquement pour et par le sport-spectacle, appartiennent à une autre espèce biologique que la nôtre.
Le sport est-il le laboratoire de cette entité nouvelle, qui conserve la forme visible de l’homme mais qui n’est plus tout à fait ce que l’on appelait un homme.
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L’auteur
Né en 1954 dans les montagnes ariégeoises, Robert Redeker, agrégé de philosophie, est actuellement chercheur au CNRS. Il est également membre du comité de rédaction de la revue Les Temps modernes et l’auteur de plusieurs essais, dont Le Déshumain (Itinéraires, 2001), Le Sport contre les peuples (Berg International, 2002), Nouvelles Figures de l’homme (Le Bord de l’eau, 2004), Dépression et Philosophie (Pleins Feux, 2007) ainsi que de Il faut tenter de vivre (Seuil, 2007).
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Extrait du chap. I : Le sportif et le mutant
“Formulons, avant de l’examiner, une hypothèse: le sportif est un mutant soumis à l’impératif de la commercialisation. Il se doit d’être commercialisable. Il ne s’appartient pas - en ce sens, il est le contraire de l’homme libre -, il appartient à ses sponsors, il appartient aux médias qui vivent de ses efforts, il appartient à la grande masse des consommateurs d’événements sportifs. Dans ce cas, il est un type d’humain chez lequel la liberté et l’appartenance à soi, ces deux grandes caractéristiques fondatrices dans la constitution de l’homme occidental moderne, prennent le chemin de leur disparition. Kant avait, dans son opuscule Qu’est-ce que les Lumières ?, énoncé cette exigence d’autonomie: « la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle ». Globalement, l’histoire des trois derniers siècles a été l’histoire de la poursuite de cette autonomie, identifiée avec l’essence de l’homme. Proposer la vedette sportive, à travers son héroÏsation médiatique, comme exemple à toute la société semble à l’inverse témoigner en faveur de la caducité de cet idéal. La montée en puissance de l’idole sportive pourrait fermer la parenthèse d’aspiration à l’autonomie qui s’était ouverte avec les Lumières.”
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Table des matières
Introduction.
La visible mutation des sportifs
1. Le sportif et le mutant
II. La mutation du Tour de France cycliste et de ses coureurs
III. Le sport ou la revanche de l’eugénisme
IV. La substitution du stade à la cité
V. Le sport, parodie dévorante de la politique
VI. Le sport et la définalisation de l’existence
VII. Le sport et la crise de l’humain
VIII. Le sport et la haine de la limite
IX. Le jeu comme subversion du sport
Conclusion.
Le sport, fabrique de l’être sans souci ?
Bibliographie
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Dossier de presse
“Que devient le sport aujourd’hui ? Comment évoluent le corps des sportifs, l’usage des produits dopants, le rôle des médias ? Avons-nous encore affaire aux compétitions d’autrefois, aux exploits des héros à visage humain ? Sommes-nous entrés dans un autre monde, fabriqué et formaté, où le sport joue un rôle pionnier et finalement inquiétant ?
En cette année olympique, alors que se poursuivent – entre autres – les scandales du Tour de France et du Calcio, Robert Redeker se livre à une attaque en règle du sport contemporain. Sa critique est radicale, et sans aucune concession. Il dénonce les mutations, les travers et surtout les fonctions nouvelles du sport : transformation des organismes humains, culte de la performance infinie, ersatz de religion, substitut de relations internationales.
En analysant le sport actuel comme le modèle, l’outil et le moteur d’une profonde transformation de l’humanité, ce livre polémique ne devrait pas manquer de susciter de vifs débats. Il va probablement choquer autant qu’éveiller, à quelques semaines des Jeux Olympiques de Pékin.”
> Rue89.com (avec vidéo)
“Cette semaine, Robert Redeker publie “Le sport est-il inhumain?”. Une réactualisation de son “Sport contre les peuples” paru en 2002. Un ouvrage où notre homme pointe les symptômes: dopage transformant les athlètes en mutants, mondialisation transformant les compétions en olympiades de la publicité, ultra-commercialisation qui uniformise les corps autant que le temps de l’exploit.
Bref, le sport, vidé de sa substance intemporelle, n’est plus un mythe mais un spectacle. Et, ayant perdu sa singularité, est devenu une messe comme une autre. Donc, pour Redeker, un opium, une doctrine.”
> Metrofrance.com (dialogue de l’auteur avec les internautes)
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L’art et le sentiment
4.4.2008 par admin.
Ethique et esthétique chez Kant
Bertrand Dejardin
L’Harmattan - “Ouverture philosophique” - Mars 2008
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Présentation
Cet ouvrage est le premier d’une série de quatre études consacrées aux liens que Kant, Hegel, Nietzsche et Freud établissent entre éthique et esthétique.
Il s’agit, dans ce premier essai, de décrire la fonction libératrice de l’esthétique dans la double lutte que Kant mène contre le déterminisme et contre le mysticisme. Mais il sera question également de mettre en lumière les motifs qui ont conduit l’auteur de la Critique de la faculté de juger à subordonner l’esthétique à une finalité éthique, en instituant une autocensure aussi restrictive que les dogmes qu’il combattait.
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L’auteur
Bertrand Dejardin est docteur en Philosophie et Lettres (Université Catholique de Louvain) et l’auteur d’ouvrages sur Kant, Spinoza et Machiavel.
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Table des matières
Avant propos
I. Esthétique et transcendance
Les limites de la raison
La formation esthétique
La conséquence théologique de l’esthétique transcendantale
II. Le jugement
Le problème du beau
La dynamique de la pensée: le jugement
Le plaisir inconditionné
La « finalité sans fin »
L’appréhension du plaisir
Le jugement esthétique
La finalité phénoménologique
Le jugement et le goût
Le phénomène culturel
III. La sublimation du sujet
Le beau et l’agréable
La communication esthétique
L’intention et le plaisir
L’idéal de l’esthétique
Le beau et le sublime
La sublimation du sujet
Le chaos et la puissance
Sublimation, religion et culture Le devoir de culture
IV. La culture du génie
La crise esthétique du sujet
L’idée de la beauté
Le jugement dernier
Le sens commun, fondement de l’humanisme
Privilège de la beauté naturelle
La beauté dans l’art
Le pouvoir du génie
Le sentiment de l’art
La dialectique de l’art
La compensation esthétique
L’art symbolique
Le règne des fins
Le culte de la culture
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Extrait de l’Avant-propos, p. 7
” Cette première étude sur l’esthétique et l’éthique de Kant est tendue par une même conviction que l’on retrouvera dans les analyses suivantes sur Hegel, Nietzsche et Freud: la culture moderne confond le rôle de l’éthique et la fonction de l’esthétique, de la poièsis de la praxis; elle subordonne tantôt l’éthique à l’esthétique tantôt l’esthétique à l’éthique. Cette vassalité prend différentes formes. La première est patente dans la Critique de la faculté de juger de Kant: elle consiste à déterminer la formation du beau en fonction du bien moral. L’assujettissement de l’esthétique à d’autres fins que la production du beau transforme radicalement sa fonction: l’esthétique cesse d’être un savoir technique conditionnant la production des beaux-arts. Elle devient l’élément premier d’un jugement qui affranchit l’être humain du déterminisme des causes naturelles: l’homme n’est pas seulement libre en tant que sujet théorique ou sujet pratique, il l’est aussi dans son goût pour le beau. Le beau n’est pas une réaction sentimentale produite à partir d’une beauté réelle ou naturelle. C’est, au contraire, un sentiment inconditionné qui permet d’éprouver et de reconnaître la beauté dans la nature ou dans l’art.
L’autonomie et la transcendance absolues du sujet face au beau constituent une des pensées les plus audacieuses de la philosophie moderne. Mais elle demeure sans suite car Kant va soumettre immédiatement la liberté esthétique à un devoir éthique, avec pour conséquence de substituer au déterminisme de la physique et au mysticisme de la théologie une forme de déterminisme culturel. Cette substitution donne le jour à une de ces fausses évidences qui n’a cessé de hanter les premières études sur Kant et Hegel: d’une manière ou d’une autre, il leur semble naturel de croire que l’art fait partie de la culture et qu’il a un sens parce qu’il exprime un sentiment commun (Kant) ou un moment de l’Esprit vivant (Hegel). A aucun moment, ces penseurs idéalistes ne semblent concevoir l’art comme une réaction existentielle contre l’oppression des dogmes éthiques et esthétiques que véhicule toute forme de culture. “
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Dossier de presse (à venir)
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