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Archive de la catégorie Essais contemporains
Une esthétique de l’ellipse
11.3.2008 par admin.
un art sans espace ni temps
par Bruno Trentini
L’Harmattan - “L’art en bref” - Février 2008
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Présentation
L’ellipse est une absence de liaison entre deux interprétations d’une même œuvre. Il ne s’agit pas de l’omission d’un intermédiaire évident, rien n’est véritablement absent puisque rien n’aurait pu lier ces deux flancs qui s’opposent. L’ellipse s’apparente donc à un gouffre béant qui donne au spectateur le vertige de la contradiction. Il est question dans cet ouvrage de l’intérêt esthétique de ce vide ainsi que de la mise en avant de ce qui le fonde.
C’est ainsi que l’auteur confrotne deux visions : une vision occidentale attachée au souci étroit de cohérence et une approche plus libre, celle d’un peuple africain, les Fang, dans laquelle la contradiction n’est pas réellement “contradictoire”. Cette rencontre culturelle autour de l’entre-deux s’accompagne d’une nouvelle manière de comprendre l’opposition entre l’unité et la dualité.
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L’auteur
Doctorant en esthétique et sciences de l’art à l’Université de paris 1 Panthéon-Sorbonne, Bruno Trentini a choisi de s’intéresser à la question du méta-artistique. Dans cette démarche, le concept d’imbrication l’amène à élargir son champ de recherche aux sciences cognitives.
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Extrait de la préface p.13
Même s’il apparaît de plus en plus difficile pour certaines œuvres d’art de savoir précisément où et quand elles ont été réalisées, elles n’en ont pas moins un espace et un temps. L’espace de l’œuvre peut se propager dans l’étendue aussi bien que son temps peut s’étirer dans la durée. Quand bien même l’on s’accorderait pour déclarer de telle ou telle œuvre qu’elle possède plusieurs espaces et plusieurs temps, elle ne serait irrémédiablement pas sans espace ni temps.
Pourtant, ce présent livre porte justement comme sous-titre un art sans espace ni temps, que voulons-nous alors dire par cette formule?
Ce n’est pas parce que l’œuvre réalisée par l’artiste est ancrée dans un référentiel spatio-temporel que l’œuvre interprétée par un spectateur répond aux mêmes exigences. Une esthétique de la réception et de l’interprétation se distingue ici d’une poïétique. Partant, c’est l’œuvre interprétée qui nous intéresse, elle est la seule candidate à un art sans espace ni temps.
La notion d’ellipse subsume cette privation, une ellipse est justement cet interstice évidé, cet entre-deux absent. En bandes dessinées, l’ellipse est cette fine bande vierge séparant deux cases et par-là même les reliant en rendant absents l’espace ou le temps gisant entre ces cases, souvent les deux. Il nous semble que l’œuvre d’art, dans son interprétation, gagnerait à être mise en relation avec la notion d’ellipse.
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Table des matières
L’ŒUVRE PARADOXALE
l’œuvre égologique, un paradoxe syntaxique
l’art-objet, un paradoxe sémantique
la sublime porosité de l’œuvre d’art
VERTIGE D’UNE MÉTA-ARTICITÉ
problèmes esthésiques et iconologie
problèmes esthétiques et méta-articité
une hypotypose esthétique
UN ART DE LA RELATION
le temps dans la représentation : la spécificité de la diachronie fang
l’opposition fang : deux pôles distincts ?
l’opposition : un champ de force
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Dossier de presse (à venir)
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Pourquoi paresser
10.3.2008 par admin.
par Denis de Casabianca
Aléas - “Pourquoi ?” - Avril 2007
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Présentation
Il est parfois difficile de rester sans rien faire.
L’état dans lequel se trouve celui que l’on appelle paresseux semble ne pouvoir durer indéfiniment sans difficulté. Si chacun s’accorde volontiers un moment de paresse, il est dur de durer dans la paresse, et pas seulement parce qu’il faudrait reprendre des occupations qui n’attendent pas. C’est plutôt qu’il nous semble, au bout d’un temps, difficile de rester ainsi, et que l’occupation apparaît alors comme une situation préférable. C’est en interrogeant les préjugés que notre société véhicule sur la paresse qu’on pourra comprendre pourquoi paresser, et en quoi consiste cet agir paradoxal.
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L’auteur
Agrégé de philosophie, Denis de Casabianca est professeur en lycée. Il poursuit des recherches sur Montesquieu, l’histoire des sciences et des idées politiques au XVIIIème siècle. Il est l’auteur d’un petit ouvrage de synthèse, Montesquieu, L’Esprit des lois (Paris, Ellipses, 2003).
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Extrait p.9
Une bonne sieste vaut-elle mieux qu’un long discours ?
” On aime bien paresser. Aussi celui qui fait l’éloge de la paresse est-il assuré de trouver une audience complaisante. Éloge facile, propos entendu. Chacun reste conforté dans ses impressions : il est bien agréable de paresser, et il est doux d’entendre un discours qui flatte notre goût. Encore faut-il que le propos ne s’allonge pas trop. Généralement empreint de banalités, répétant les bienfaits évidents du ne rien faire, égrainant ce dont chacun convient, l’éloge de la paresse peut parfois provoquer une certaine lassitude. Un sermon à propos de la paresse ne sera pas entendu avec la même oreille : il n’est pas besoin d’un long discours pour persuader la personne de bon sens du caractère réducteur d’un tel état pour l’homme. S’il doit pouvoir profiter de repos mérités, l’homme, être de raison, ne saurait s’abandonner à la paresse sans renoncer à ce qu’il est. Remontrance ordinaire, propos ennuyeux. Car l’auditoire, même s’il reconnaît le caractère raisonnable du sermon, n’appréciera guère qu’on insiste trop lourdement en ce sens; la sensibilité commune s’irritera si on appuie le trait au point de rendre suspectes ses petites tentations quotidiennes, si l’on déprécie ouvertement ces petits moments de répit que chacun aime à s’accorder secrètement. L’éloge comme le sermon, lorsqu’ils prennent la paresse comme objet, doivent être brefs et légers, comme si la paresse ne pouvait supporter une certaine consistance langagière: en cette matière, on apprécie les bons mots, mais on est mieux payé du repos que l’on prend en congédiant les orateurs, que de leurs longs discours. Pour cela, l’auteur ne doit pas demander à son lecteur de faire trop effort pour le suivre, sous peine de paraître hors de propos. “
- Table des matières
Une bonne sieste vaut-elle mieux qu’un long discours?
Paresser, c’est plus dur qu’il n’y paraît
Une visite au zoo: l’aï et le tire-au-flanc
Le franc-tireur et l’attaque de la diligence
Du droit à la paresse
Des hommes malades du travail
La passion paresseuse: sain de corps et d’esprit
Un dégoût salutaire -le travail, c’est la santé
De la médecine du travail à l’hygiénisme social
Les utopies : de la paresse proscrite à la paresse prescrite sur ordonnance
“L’ américain libre et paresseux”
Un paresseux noir sur fond blanc: l’au-delà de la paresse
La pêche, l’étude, les vagues et les vacances
La paresse de Dieu : création et contemplation
Les dieux paresseux sont-ils des idoles à brûler?
Loin des Anciens: le travail abstrait et les loisirs
Ceux qui paraissent paresser: de l’oisiveté
des riches à la retraite commune
Le paradis des parasites : haro sur les chômeurs
Les bagnards heureux et l’usine qui brûle
La loupe
Le lièvre et la tortue : course en suspens
Se reposer des loisirs : l’ennui et la paresse
Se reposer dans une chambre : la fatigue et le divertissement
Pouvoir dormir: les insomniaques et les hommes de bonne volonté
Paresseux sur canapé (note sur l’identité)
Les flottements silencieux de l’agir paresseux
Un sage très discret: l’homme qui marche
Note finale, lente mais tenue
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Le Prophétisme communicationnel
7.3.2008 par admin.
La société de l’information et ses futurs
par David Forest
Syllepse - “Matériologiques” - Mars 2004
Préface de Lucien Sfetz
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Présentation
Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) se sont mises en place sous les auspices d’un prophétisme communicationnel qui les accompagne et les légitime avec la force du discours religieux. On trouve dans le discours – en provenance d’auteurs le plus souvent américains – entourant les NTIC un mélange étonnant et inédit de libéralisme économique (la nouvelle économie numérique comme sortie de crise), d’esprit « libertaire » (la décentralisation du pouvoir par les réseaux), de théologie (la promesse d’un monde nouveau, une sorte de messianisme technologique, avec la redécouverte, par ces penseurs, de Theillard de Chardin), de crispation sécuritaire (la construction de villes entièrement architecturées par les moyens de surveillance électronique), etc. Ce livre décrypte minutieusement l’emprise de cette idéologie syncrétique et inquiétante autant qu’insidieuse puisque se donnant justement les apparences de l’artifice technologique et de l’utopie au service de la communauté. Le prophétisme communicationnel puise dans une abondante littérature émanant aussi bien de grands noms du secteur industriel (Bill Gates) que du milieu de la Recherche et Développement (Negroponte, par ex), ou encore, ce qui est très peu connu en France, de ces officines de réflexion stratégique essentiellement américaines, appelées Think Tank. Celles-là même qui « organisèrent » la deuxième guerre d’Irak… Le monde de demain qui s’y dessine opère un mouvement de translation du capitalisme industriel en partie défunt vers un capitalisme post-industriel se donnant comme le sauveur d’une nouvelle « humanité numérique » plus que jamais aliénée. La facticité de ce dessein, répétons-le, messianique, est parfaitement restitué par David Forest qui ne cède pourtant pas à la facilité d’une dénonciation stérile et anti-technologique.
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L’auteur
David Forest avocat et docteur en sciences politiques, chercheur associé à l’Université Paris I Sorbonne.
> Article de D. Forest paru dans Libération le 4/01/2008 : A 30 ans, la Cnil est déjà à bout de souffle
Extrait : “Certains anniversaires ont un goût de cendres. Tel est le cas des 30 ans de la loi informatique et libertés du 6 janvier 1978, qui inaugura l’ère des autorités administratives voulues «indépendantes» du pouvoir en créant la Cnil (Commission nationale informatique et libertés). Clé de voûte du dispositif de protection de la loi de 1978, la commission fut surtout pensée par le législateur comme un garde-fou contre les immixtions de la technique dans la vie privée des citoyens et les progrès du fichage à mesure que l’informatisation de la société française s’accélérait. Trente ans plus tard, nul ne prétend sérieusement que cette ambition a été satisfaite. Si bien qu’Alex Türk, l’actuel président de la Cnil, se risque aujourd’hui sans exagération à employer les termes de «société de surveillance», doux euphémisme désignant le triomphe légal d’une société de contrôle généralisé. Comment la commission a-t-elle accompagné cette régression de grande ampleur présentée comme irréversible ?”
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Début de l’Introduction
“Les entrepreneurs de l’Internet semblent avoir bien du mal à se remettre des nombreuses déconvenues des premiers modèles économiques. L’effondrement de la bulle spéculative a interrompu brusquement un rêve prolongé qui pour beaucoup se terminera en coma. Cette bulle de savon crevée fut portée par le souffle de la spéculation autant que par la production effrénée de discours sur le futur des techniques de communication. L’hallucination collective qui a frappé une grande partie de l’Occident au cours de ces dernières années relève pourtant moins du mirage technologique que de la fabrication d’une imagerie dont les origines sont à rechercher dans une forme de littérature vulgarisatrice envahissante. En effet, depuis l’avènement de ce qui est communément désigné par la notion-concept de «société de l’information», un nouveau type de discours dont les effets sont largement sous-estimés s’est installé de façon durable dans le paysage des idées contemporaines. La société de l’information est depuis déjà quelques décennies notre présent-déjà-futur et son environnement technique décrit comme un scénario de science-fiction réalisable, voire une utopie science-fictionnelle, semble donner plus que jamais une forme-enveloppe susceptible d’accueillir le catalogue des rêves marchands. “
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Table des matières
LE PROPHETISME TECHNO-COMMUNICATIONNEL : UN PROPHETISME SECULARISE ET VISIONNAIRE
Société de l’information et recherches sur le futur
A quelles conditions parler
Visions prophétiques et mutations du modèle managériale
Aspects du messianisme technologique
La prophétie médiatisée ou la vision dénaturée
Vision prophétique et discours figuratif
LE PROPHETISME TECHNO-COMMUNICATIONNEL : UN OPERATEUR ENTRE UTOPIE ET IDEOLOGIE
De l’utopie littéraire aux pratiques mobilisatrices
L’inscription imaginée de la propriété intellectuelle dans l’organisme-réseau
De l’autorégulation à la dissolution de l’Etat
Le prophétisme : un opérateur entre une utopie désirée et une idéologie néo-libérale
Tous les signes et signes des temps
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Dossier de presse
> Dans L’Humanité le 22/02/2005, par Pierre Musso : Messianisme haute technologie
“Essai. Les prophètes de la révolution informationnelle ne chantent pas les lendemains du numérique sans fortes arrière-pensées managériales, montre le livre de David Forest. (…) La société de l’information et les promesses d’avenir radieux qui ont accompagné le nouveau siècle constituent un phénomène complexe qui mérite un examen sérieux. Comment expliquer l’enthousiasme débordant et les slogans publicitaires qui prévalurent il y a peu encore, alors que rares furent les entreprises qui échappèrent à la spéculation effrénée puis à l’éclatement de la bulle Internet ? David Forest propose ici une lecture critique des discours envahissants qui annonçaient de concert l’avènement d’une « révolution numérique » et d’un paradis numérique construits sur les ruines des idéologies moribondes. Pour quelles raisons de tels simplismes ont-ils si facilement « pris » ? Au terme d’une analyse serrée et d’un démontage systématique, l’auteur se livre à une exploration des textes techniques et managériaux pour débusquer derrière cette imagerie naïve de puissantes visions du monde qui s’imposent avec la force d’un nouveau discours religieux. Car c’est bien de religiosité dont il s’agit. Il suffit pour s’en convaincre de revenir aux essais et aux discours dont la portée messianique soutient des desseins beaucoup plus prosaïques. Le tour d’horizon de cette littérature déconsidérée mais dont les effets sont puissants révèle quelques surprises.”
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Homo sapiens technologicus
4.3.2008 par admin.
par Michel Puech
Le Pommier - “Mélété” - Février 2008
- Présentation de l’éditeur
Michel Puech entend clarifier les bases philosophiques de notre manière d’habiter technologiquement le monde. Plus que d’évoluer dans une culture et un environnement technique, nous coévoluons avec les objets techniques. Il aboutit à une critique incisive : nous sommes englués dans des institutions et des idéologies qui nous empêchent de libérer les potentiels de la technologie.
Mais l’essentiel est dans une démarche constructive. Car, souvent, la technologie sert de bouc émissaire pour ne pas poser les vraies questions, que nous ne voulons pas traiter, et qui ne sont pas technologiques.
Le livre aboutit à une théorie des micro-actions de réappropriation de soi dans le monde de l’abondance : la philosophie de la technologie est finalement une sagesse. Ainsi l’homo sapiens technologicus est-il une nouvelle espèce, désormais elle-même en charge de sa destinée.
- L’auteur
Philosophe de formation classique, Michel Puech s’est intéressé à la philosophie des sciences et des techniques sous l’angle d’une analyse critique de la modernité. Quelques années en entreprise et un engagement dans la diffusion culturelle (Les Goûters philo) l’ont convaincu que faciliter l’accès de tous à des outils philosophiques de qualité était une tâche prioritaire.
Il enseigne aujourd’hui à l’université de Paris-Sorbonne et à Sciences Po (IEP Paris).
- Extrait du chap. 1
” Philosopher, c’est-à-dire se connaître soi-même, sera le commencement de la sagesse recherchée. Pour analyser le mode d’être d’Homo sapiens technologicus, une première question se pose: que signifie «habiter le monde technologique contemporain » ? ou plutôt «habiter technologiquement le monde » ?
Homo sapiens technologicus pose une question de philosophie première. La question philosophique sur la technologie porte sur l’humain dans son ensemble, tel qu’il est aujourd’hui, tel qu’il est devenu. Le mode d’être de l’humain, la manière dont il habite son monde, c’est-à-dire dont il le constitue et le comprend, sont l’objet de cette recherche.
Pour faire avancer cette question, il faut recueillir non seulement les éléments des philosophies de la technique, mais aussi ceux des réflexions actuelles sur la modernité, et les mettre en lien avec les questions fondamentales de la philosophie. Nous devons, nous, Homo sapiens technologicus, nous réapproprier par la réflexion notre propre potentiel d’être.
En cela, la philosophie de la technologie est une chance pour la philosophie contemporaine, une chance de renouveau. “
- Table des matières
Introduction
1. Habiter technologiquement le monde
1.1. L’être de l’humain
L’authentique et le quotidien
Souci, ustensilité, déréliction
1.2. Les technologies dans le monde humain
Science, technique, technologie
La technologie et le propre de l’homme
Le monde des objets techniques
Catégorisation des artefacts
Autonomie de la technique ? Neutralité de la technique ?
1.3. L’habitation humaine des technologies
Habiter le contemporain
Le primat de l’usage et l’appropriation
Le principe de transparence
2. Le contemporain
2.1. Coévolutions
Les lois de l’évolution des artefacts
La coévolution
Le « progrès »
La pratique technologique
2.2. Frontières [lire la p. 90]
La nature et l’artificiel
Le technologique et l’humain
2.3. Hier, aujourd’hui, demain, après-demain
Se réapproprier philosophiquement le présent
La promesse de la technologie
Le potentiel révolutionnaire de la technologie [lire la p.124]
Écologie du technologique
3. Nouvelles désuétudes
3.1. Désuétude de la dénonciation du moderne
Philosophes
Prophètes
Agités
3.2. Désuétude du politique
Politiciens… non merci !
Nomenclature et anonymes, les deux classes sociales
La glu institutionnelle
Le dopage idéologique
3.3. Désuétude de la publicité
Notion élargie de publicité
Logique des micro-discours
L’horreur publicitaire et journalistique
3.4. Désuétude de la marchandise
Consommer
Produire (le développement insoutenable)
4. Nouvelles consistances
4.1. L’importance du non-matériel
La valeur-information
La question des contenus, le mépris des contenus
Le flux et l’accès
Oral, écrit, informatique : la troisième révolution culturelle
4.2. L’intime et le global
Le local concret versus le global abstrait
Le réel et le virtuel, le soi et le monde
Logique des réseaux, le réseau et le soi
Le global comme risque
4.3. Confort, loisir, culture, santé
Confort : assumer l’abondance
Loisir : la guerre du temps
Culture : la révolution culturelle de l’individu
Santé : le soin et le soi
5. Nouvelles résolutions
5.1. Les micro-actions
Prise de conscience infra-politique et résistivité
Le principe de micro-action
La décision et la résolution
5.2. Le soi
Théorie et pratique de la consistance
Le projet de soi, le soin de soi
Vers de nouveaux collectifs
Théorie des commons
5.3. La sagesse
Humilité
Satiété, frugalité
Non-soumission
Sérénité
Conclusion
Notes
Bibliographie
- Dossier de presse
> Journal des Instituteurs et des Professeurs des écoles :
“Avec ce remarquable livre, le philosophe Michel Puech nous donne les moyens de penser et de dépasser les “effrois” masquant les véritables questions que posent les technologies nouvelles : en forgeant le mythe de la technologie reine, nous avons perdu les moyens de la penser rationnellement. Notre mode d’être, notre rapport au temps sont modifiés par la technologie. Nous avons longtemps cru qu’une technologie spectaculaire révolutionnerait notre rapport au monde. Or, nous sommes face à une révolution intime que nous ne prenons pas en charge. Il convient de trouver de nouvelles consistances, celles qui font la valeur de l’humain.”
> France Inter, Osmose, Fabienne Chauvière, 17 février 2008. Une heure avec Michel Puech à propos de l’Homo sapiens technologicus : [MP sur France Inter - Osmose - février 2008] (format MP3, taille 54 Mo).
“Dans ce dossier j’essaie d’expliquer à quoi sert une philosophie de la technologie - en abordant quelques-unes des questions où cette approche renouvelle la manière de réfléchir (le besoin de repères et de valeurs, la relation avec la science, l’appropriation personnelle des artefacts, la bioéthique, la technologie comme environnement…). “
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Qu’est-ce qu’une société d’individus?
28.2.2008 par admin.
(sous la dir.) Sébastien Charles, Pierre-Henri Tavoillot
Liber - Octobre 2007
- Présentation
De la communauté à la société, de la société de l’individu à la société hyperindividualiste, il semble que le mouvement historique suive une courbe constante marquée par le relâchement du lien social, la dissolution des normes collectives et les brisures dans la transmission du sens et de la mémoire. On doit pourtant s’étonner que la société soi-disant éclatée — ce qu’elle est aussi pour une bonne part — soit encore une société et qu’elle produise du lien. Comment l’expliquer? À l’origine de cet ouvrage il y a ce désir et ce défi de comprendre un peu mieux la «mystérieuse alchimie de l’univers contemporain» où «l’individualisme n’est pas seulement une force destructive, mais également une force de reconstruction». Les réflexions rassemblées ici permettent dans ce sens de relativiser l’individualisme triomphant aussi bien que d’apercevoir les exigences communes qui l’accompagnent.
- Extrait de l’introduction
” Qu’est-ce qu’une société d’individus ? Cette question, il faut le reconnaître, est loin d’être nouvelle. Elle est déjà au coeur des premières théories classiques à partir de l’école du droit naturel et même au fondement de la sociologie. On peut le comprendre : dès lors que l’humanité sort du régime holiste de la communauté, où, pour reprendre la définition de Louis Dumont, le tout prime la partie, la collectivité humaine se trouve ébranlée dans son fondement. Si c’est l’individu qui constitue la valeur suprême, comment assurer le maintien pratique et la légitimité théorique du lien social ? Cette question, on le perçoit, accompagne l’ensemble du processus de la modernité au sens le plus large. Mais si elle prend aujourd’hui une intensité peut-être plus dramatique, c’est sans doute que les bornes en lesquels les penseurs et les acteurs tentaient de limiter l’individualisme semblent devenues de plus en plus fragiles et de plus en plus floues. L’individualisme intégral est-il devenu l’horizon indépassable de notre temps ? Est-ce la société elle-même qui se délite lentement sous nos yeux ?
Cette hypothèse radicale a été avancée maintes fois, et parfois avec brio dans le secteur des sciences humaines et sociales. Mais on préférera évoquer ici la vision d’un romancier, parce qu’aucune prudence méthodologique ne l’empêche de donner libre cours à son imagination. Dans La possibilité d’une île, Michel Houellebecq décrit la vie des «néo-humains», sorte de super-individus émancipés de toutes les contraintes qui entravaient leur liberté. Ils sont débarrassés de la naissance (grâce au clonage), de l’enfance et de la mort (grâce à une sorte de programmation-conditionnement mémoriel de leur esprit) ; ils sont, du même coup, débarrassés de l’éducation et du travail, de la sexualité et de l’amour. Ils vivent tranquilles, isolés dans leurs demeures, avec pour seule compagnie un petit animal domestique, lui aussi clone éternellement. Leur existence se coule en sereines méditations, plus ou moins métaphysiques, rythmée par quelques contacts épisodiques via Internet avec d’autres néo-humains. Ils échangent quelques poésies et des commentaires sur la vie absurde de leurs «ancêtres» grégaires et leur aspiration à la vie pleine de promesses (certes, un peu floues) des «Futurs». Bref, les néo-humains s’ennuient à mourir… mais comme ils ne meurent pas, eh bien, ils sont heureux. “
- Table des matières (& auteurs)
Première partie
Du gouvernement de soi au gouvernement des autres
Alain Renaut,
Penser le pouvoir après la fin de l’autorité
Pierre-Henri Tavoillot
Le récit de vie: planche de salut pour l’individu hypermoderne
Éric Deschavanne,
L’authenticité comme idéal individualiste de la maturité adulte
Paul Zawadzki
Le temps individualiste dévore-t-il ses enfants?
Sébastien Charles
De l’individualisme à l’hyperindividualisme
Deuxième partie
Soi-même face aux autres
Luc Bégin
Un conflit des identités? La régulation par l’éthique en milieu de travail
Justine Martin
Individualisme et communautarisme: un débat français
Claude Gélinas
Individualisme autochtone et logique de l’ancestralité au Canada
Ludivine Thiaw-Po-Une
L’université à l’âge de l’individualisme démocratique:
une «aristocratie pour tout le monde» est-elle possible?
Julie Perreault
L’«expérience féminine» et la question du pouvoir.
De Carol Gilligan à Michel Foucault
-
Dossier de presse, critique (à venir)
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