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Archive de la catégorie Epistémologie

Alliage n°62

micro & nano

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n°62 - avril 2008
  • Présentation : Des nanotechnologies et des hommes, par Sylvie Allouche (extrait)

Les disciplines scientifiques et les domaines techniques en voie de constitution donnent parlois lieu à tout un discours extrapolatif sur leurs applications et développements futurs (cf. la cybernétique dans les années soixante). Il semble qu’aujourd’hui ce soient les nanotechnologies qui forment l’un des supports les plus féconds pour ce type de discours, dont le statut manque pourtant de clarté; car s’il ne s’agit plus de science, il faut encore déterminer ce à quoi on a affaire.
Des critères permettent-ils donc de distinguer, voire de hiérarchiser entre les différents produits de la raison imaginante: prévision, prospective, anticipation, extrapolation, spéculation, fiction, fantaisie, élucubration … ? Faut-il, dans cette cartographie, faire une place particulière à l’usage romanesque des nanotechnologies que propose la science-fiction? Par exemple, va-t-elle ou non plus loin dans la spéculation? Peut-on distinguer des anticipations vraisemblables et d’autres qui ne le sont pas? L’outil narratif permet-il un discours spécifique sur les nanotechnologies?
Telles sont les questions auxquelles les articles publiés dans cette partie du présent volume se proposent de répondre, en s’appuyant sur le mouvement général de développement de la réflexion en philosophie et sciences humames concernant les enjeux extrascientifiques du domaine en émergence des nanosciences et nanotechnologies. Fortes sans doute des expériences précédentes (nucléaire, clonage, OGM … ) et sur la lancée d’un discours puissamment prospectif produit par les acteurs mêmes du domaine, les nanotechnologies suscitent déjà un important travail d’analyse, alors que d’une part la discipline n’en est qu’à ses balbutiements -le contraste est particulièrement frappant quand on compare ses résultats réels actuels et ce qu’on nous en donne à rêver ou à craindre -, et que d’autre part son existence en tant que champ bien défini et unifié fait lui-même débat.

  • Sommaire

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Pour commander (18 euros) : alliage@unice.fr

La mécanique du remède

Pour une épistémologie de la pharmacologie du XVIIe siècle à nos jours

Sébastien Janicki

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L’harmattan - “Epistémologie - Philosophie - Science” - Avril 2008
  • Présentation

Le devenir du remède est étroitement influencé par les grands systèmes de la physique qui renouvellent les modèles du corps humain. Notre réflexion entrelace ainsi l’histoire des remèdes et de la pharmacopée et leurs contextes philosophiques, scientifiques et techniques, en soulignant l’importance des modèles mécaniques du vivant dans l’établissement de l’évolution des thérapies.

Notre étude, du XVIIème siècle à nos jours, issue des philosophies médicales de l’Antiquité et des «alchimistes» du Moyen-Âge, propose une relecture des textes des médecins vitalistes pour y relever une conception mécanique des forces. Un tel éclaircissement des mutations fondamentales éclaire les techniques de validation des remèdes. Aussi, ces remèdes légitimeront-ils peu à peu les interactions médecin-patient-remède qui envahissent désormais la conception des thérapies et notamment celles du champ psychologique et psychiatrique. Nos interrogations et nos jugements porteront notre pensée avec prudence sur les modèles et les révolutions de «la mécanique des remèdes» et ce, jusqu’aux champs des nanotechnologies et de l’ingénierie médicale.

  • L’auteur

Docteur en Philosophie de l’Université Jean Moulin Lyon 3, inscrit sur la liste de qualification aux fonctions de Maître de Conférences par la section CN. U. 72 - Epistémologie, histoire des sciences et des techniques, Sébastien JANICKI a notamment enseigné l’épistémologie et la philosophie des sciences au département de philosophie de l’Université Paul Valéry de Montpellier III. Il est membre de la Société Française pour l’Histoire des Sciences de l’Homme, membre de la Société d’Histoire et d’Epistémologie des Sciences de la VIE et notamment membre correspondant de la Société française de philosophie.

  • Extrait de l’Avant-propos, p. 11

” Nous voulions préciser de manière préliminaire la notion de remède prise dans une acception générale afin de pouvoir garder à l’esprit, tout au long de notre étude, que le remède, s’il est un fait positif de la science, s’il possède une dynamique pouvant se traduire par des effets déterminés sur le corps malade, ne se limite pas à ce seul aspect. Cependant, la question que nous devons poser afin de rebondir dans le champ d’étude que nous nous sommes assigné est la suivante: jusqu’où pouvons-nous dématérialiser le remède? L’exemple de l’« effet placebo» tout comme les effets suggestifs de certaines thérapeutiques semble créditer la thèse d’un remède en-soi. Devons-nous penser que la croyance du malade à son remède puisse provoquer la guérison et ce, au gré d’une retombée dans une forme d’irrationalité? Il est possible de le penser, dans la mesure où cette croyance en l’« effet placebo» se coordonnerait à la question générale de savoir si un monde matériel permettait la reconnaissance de phénomènes psychiques. Assurément, il est toujours possible de ne pas le penser, à moins que le problème puisse trouver d’une part, sa triple résolution au niveau de la question du langage, de la connaissance et de sa double description matérielle, ou d’autre part de son point de vue symbolique et fonctionnel. Quelle qu’en soit la réponse, nous sommes enclins à envisager désormais la matérialité du remède. “

  • Table des matières

L’homme-machine et ses remèdes
- Une nouvelle représentation du corps-humlain de Descartes à Boehhaave : la machine
- Du Totum énergétique aux relèdes spécifiques
- Newton et son influence sur les doctrines chimiques et médicales
L’homme-régulé et ses remèdes
- Claude Bernard et la machine vivante
- De la pureté des remèdes
- Une vision de l”équilibre est-elle possible ? L’homéostasie comme principe
- Machine à combustion
Le remède contemporain et ses stratégies
- Le rythme de la vie ; états stables, oscillations et chaos
- L’indéterminisme dans l’étude en double aveugle contre placebo
- Le remède et son usage. L’intelligence technique et ses ruses
- L’alliage des opposés dans les thérapeutiques
- L’esprit et son remède. Le médecin, le remède, le patient
La crise du remède et l’invention des maladies
- L’avenir du remède sera t-il nanotechnologique ?
- De nouveaux mixtes

  • Dossier de presse, Documents liés

La mécanique du remède
Thèse de doctorat de Philosophie, soutenue le 30 octobre 2006.

“Notre thèse se propose d’envisager la matérialité des remèdes. C’est dans le champ même du matérialisme que le remède nous montrera, à travers son évolution, sa rationalité. Magique, puis empirique, enfin rationnel, le remède nous donne l’occasion d’un dévoilement, celui de la raison travaillant sur et avec la matière. Le remède moderne est-il le fruit d’un savoir continu, progressif ou résulte-t-il d’un travail de rectifications ? En ce sens, la pharmacopée s’est-elle développée de manière cumulative ou par rectifications successives ?

A travers les grands systèmes mécaniques de la physique, la médecine et son instrument - le remède - se renouvellent à travers l’histoire pour intégrer le système rationnel de pensée. Cette mise en adéquation de la thérapeutique par rapport aux paradigmes successifs, qui règnent alors en physique, n’impliquent pourtant qu’une chose malgré les différences de ces deux domaines en apparence distincts : l’unité des phénomènes.
Ainsi, l’histoire du remède peut être appréhendée comme l’histoire d’une raison qui se cherche, qui s’ébauche dans un premier temps pour devenir suffisamment rationnelle comme le montre clairement les grandes avancées thérapeutiques du XXème siècle.
Penser la mécanique du remède, c’est tenter de concevoir comment les modèles mécanistes, inspirés de la physique, ont influencés fondamentalement la compréhension du fonctionnement du corps et la façon de soigner. Conçue tout d’abord comme une simple horloge ou bien encore comme une machine hydraulique, la représentation de l’homme a progressivement glissé vers la machine à régulations, voire celle de l’ordinateur.
A partir de ces considérations, nous interrogerons les thérapeutiques contemporaines et leurs savoirs techniques.”

Mots-clés : Déterminisme, épistémologie, éthique, médicament, modèles, mécanistes, remède, thérapeutique, vivant.

Directeur de recherche : Daniel PARROCHIA

Membres du Jury :
Annie PETIT, Université Montpellier 3
Gérard CARRET, Université Lyon I
Pascal MAIRE, Pharmacien
Jean-Claude BEAUNE, Université Jean Moulin Lyon 3
Daniel PARROCHIA, Université Jean Mouin Lyon 3

Mention : Très honorable avec félicitations

Équipe d’accueil : Centre de recherches philosophiques

Matière première n°3

Revue d’épistémologie et d’études matérialistes

Modèles, simulations, systèmes

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Editions Syllepse - “Matériologiques” - Février 2008
  • Présentation

Modèles, simulations, systèmes. Ce triptyque, réunissant des outils de connaissance, des moyens de connaître (les modèles, les simulations), et des objets extrêmement présents en biologie (les systèmes), a pour ambition de présenter quelques réflexions emblématiques des débats en cours sur ces questions, ainsi que des études de cas, principalement dans le domaine de la biologie. La simultanéité d’un regard sur les modèles-simulations et sur les systèmes nous permet de constater un fait épistémologique majeur : la montée en puissance du réalisme des modèles-simulations ainsi que l’essor d’une nouvelle biologie des systèmes, biologie réclamant d’importants moyens de calcul et des outils conceptuels à la hauteur du déferlement de données expérimentales qui caractérise, notamment, cette approche de la biologie. Les interrogations cruciales que suscite cette dernière, par exemple quant à l’existence et à la mise en évidence de principes généraux du vivant ou de lois du vivant, sont également explorées ici.

  • Les auteurs

Les auteurs de ce dossier thématique sont : Anouk Barberousse, philosophe, IHPST, Paris ; Gilbert Chauvet, biophysicien, EPHE, Paris ; Sarah Franceschelli, philosophe, ENSLS-H, Lyon ; Olivier Gandrillon, biologiste moléculaire, université Lyon 1 ; Cyrille Imbert, philosophe, université de Caen ; Evelyn Fox Keller, philosophe, MIT, USA ; Jean Lassègue, philosophe, CREA, Paris ; Soazig Le Bihan, philosophe, Illinois Institute of Technology, Chicago ; Giuseppe Longo, mathématicien, ENS, Paris ; Jean-Pierre Mazat, biochimiste, INSERM, Bordeaux ; Denis Noble, physiologiste, université d’Oxford ; Franck Varenne, historien des sciences, philosophe, université de Rouen et CNRS ; Bernard Walliser, économiste, Ponts-et-Chaussées, Paris. Ce dossier se clôt par l’hommage rendu par Marc Jarry (biologiste, université de Pau) et Marc Artzrouni (mathématicien, université de Pau) au biologiste modélisateur Jean-Paul Gouteux, mort en 2006.
Dans sa partie « Varia », cet ouvrage présente un long article de David Piotrowski (linguiste, CREA, CNRS, Paris) sur le statut épistémologique de la linguistique et la nature de son objet. La partie « Impostures intellectuelles » donne la parole au politologue David Forest, qui rend compte de la litanie des légèretés de nos médiatiques futurologues.

  • Extrait de l’Introduction : “Modèles, simulations, systèmes”

” Il est loin le temps où Bachelard pouvait dire que la valeur d’un modèle en sciences tenait essentiellement à sa capacité à être nié. Entre-temps
les modèles, sous diverses formes - souvent inédites -, n’ont cessé de se diffuser dans les différentes sciences, contribuant à la métamorphose de leurs méthodologies. Cette remarquable et large diffusion est liée à deux faits incontestables. D’une part, depuis la fin du 1è siècle, les modèles en usage dans les sciences ont subi ce qu’on peut appeler une série de tournants formels. D’iconiques ou analogiques au départ (comme encore chez Faraday, Maxwell, Hertz ou Boltzmann), à des dates parfois très différentes selon les disciplines et pour des raisons diverses, mais se rapportant finalement toutes à des motivations de praticabilité (figurabilité, reproductibilité, communicabilité, etc.) puis de calculabilité, les modèles sont devenus de plus en plus symboliques. Rappelons que, depuis les lectures peirciennes des modèles scientifiques par Max Black (1962) et Gerhard Frey (1961), un modèle peut être dit «iconique» lorsque - comme l’icône chez Peirce - il est supposé reproduire à l’identique certaines des caractéristiques de ce qu’il modélise. Notons en première approche qu’un modèle peut être physique - c’est-à-dire constitué de matériaux physiques perceptibles ou imaginables - sans être iconique au sens strict, c’est-à-dire sans que son usage suppose qu’une au moins de ces propriétés physiques qui le caractérisent se retrouve à l’identique dans ce qu’il est censé modéliser. “

  • Table des “matières”

Introduction: Modèles, simulations, systèmes - Franck Varenne, Marc Silberstein, Jean-Jacques Kupiec, Guillaume Lecointre

Partie 1.1 : épistémologie des modèles et des simulations
La conception sémantique des théories scientifiques. II. Comment peut-elle rester «sémantique»? - Soazig Le Bihan
Turing, entre le formel de Hilbert et la forme de Goethe - Jean Lassègue
Simulations numériques et expérimentation - Anouk Barberousse, Sara Franceschelli & Cyrille Imbert
Que peut expliquer un modèle complexe et peut-on le comprendre? - Pierre-Alain Braillard
Biologie des systèmes et recherche des lois générales - Evelyn Fox Keller
Des sciences exactes aux phénomènes du vivant, à partir de Schr6dinger: mathématiques, programme et modèles - Giuseppe Longo
Modèles et simulations: pluriformaliser, simuler, remathématiser- Franck Varenne

Partie 1.2: Pratiques et usages des modèles et des simulations
Les modèles de l’économie cognitive - Bernard Walliser
Sur le rôle de la théorie en biologie. Un exemple de théorie biologique intégrative: la MTlP - Gilbert A. Chauvet
Une petite histoire de la modélisation du métabolisme cellulaire. Vers une théorie du métabolisme en biologie - Jean-Pierre Mazat
Principes de la biologie des systèmes et leurs applications en modélisation - Denis Noble
Modélisation moléculaire individu-centrée: contribution à une biologie des systèmes - Olivier Gandrillon

Partie 2: Hommage
Un hommage à Jean-Paul Gouteux: la randonnée d’un biologiste au pays des mathématiques - Marc Jarry & Marc Artzrouni

Partie 3 : Varia
Sur le statut épistémologique de la linguistique et la nature de son objet- David Piotrowski

Partie 4: Impostures intellectuelles
Quand la futurologie rencontre le grand public: permanence et constance d’une vulgate. Lectures croisées de Jacques Attali et de Joël de Rosnay - David Forest

Index des noms
Les contributeurs

Alliage n°61

Où va la science ?

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n°61 – décembre 2007

  • “La recherche confisquée par l’innovation marchande”, par Jacques Testard (extrait)

« C’est parce que la science n’a pas, ou n’a plus, pour but de con-naître le monde (le comprendre, créer des concepts) mais de le maîtriser (agir avec efficacité, créer et gérer des outils) que s’impose un devoir de contrôle social sur l’activité technoscientifique. Comme sur n’importe quelle activité qui échappe à l’émotion, à l’intelligence, à la poésie, pour se vouer à la quête d’efficacité et de compétitivité, sans avoir pour objectif réel l’intérêt des populations. En effet, à l’exception de quelques rares îlots de recherche fondamentale (plutôt en mathématique et physique théorique), la science s’est muée en technoscience, activité inalisée vers une valorisation à court terme, ou les voies de recherche, les recrutements, et les crédits sont focalisés sur quelques thématiques dites prioritaires. Ainsi, la ministre de la Recherche s’étonnait récemment (juin 2007) en apprenant par ses collègues européens que leurs priorités de recherche sont les mêmes que les nôtres… Comme si le capital international pouvait laisser place à des fantaisies territoriales ! Puisque ces thématiques absorbent l’essentiel du budget de la recherche publique (et la quasi-totalité des contributions du secteur caritatif comme du secteur privé au financement de la recherche), cela prive la recherche non fléchée des moyens nécessaires à sa survie, si bien que cette politique d’exclusion prépare aussi un recul de la connaissance. «  (p.24)

  • Table des matières

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  • Alliage : en savoir plus

* Le vecteur d’une réflexion de fond sur les rapports de la culture, de la technoscience et de la société.
* Un lieu où la création culturelle rencontre la recherche scientifique.
* Un outil d’information sur les réalisations de la culture scientifique et technique, les livres, films, expositions, etc.

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