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Archive pour 24.6.2008

Détruire : la logique de l’existence

Lawrence Olivier

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Liber - Mars 2008
  • Présentation

«“Détruire”, le mot fait peur. Il est synonyme de ruiner, annihiler, anéantir, dévaster. Il évoque pour notre imaginaire politicolinguistique une histoire bien singulière, renvoie l’homme à des comportements dont il est en général assez peu fier. Et notre indignation morale est sans fin. Le champ sémantique du mot recouvre une réalité qu’on cherche en général à fuir: guerre, conflits, souffrance, violence. La compréhension du terme et de la réalité qu’il recouvre est socialement fixée.» Au-delà de ces significations spontanées, la notion a pourtant une portée philosophique plus profonde et plus générale, qui se révèle à travers une réflexion radicale sur les deux manières que nous avons de définir l’homme: par sa nature intime (son intériorité) et par le rapport à l’autre. Or, dira l’auteur, ces deux inventions modernes sont à la fois des tentatives de négation de la destruction inhérente à l’existence et son exacerbation. C’est cette logique de l’existence qu’il s’agit de faire apparaître ici dans son implacable fatalité, sans le cataplasme d’une pensée de l’espoir et sans promesses de bonheur.

  • L’auteur

Lawrence Olivier est professeur de science politique à l’université du Québec à Montréal. Aux éditions Liber, il a publié Michel Foucault. Penser au temps du nihilisme (1995), Le savoir vain. Relativisme et désespérance politique (1998), Contre l’espoir comme tâche politique, suivi de Critique radicale. Essai d’impolitique (2004).

  • Extrait : début de l’Introduction

“De toute mon existence, je ne me rappelle pas que mes rapports avec les autres aient donné un résultat autre que destructeur. J’entends par là que mon existence a non seulement affecté mes relations avec les autres, mais aussi que j’ai été anéanti par eux ou que j’ai contribué à les anéantir. J’ai été affecté de diverses façons jusqu’à ne plus croire en rien et surtout pas dans l’être humain. J’ai affecté leur existence – en supprimant leur espoir, leur vision du monde, leur sentiment, tout ce en quoi (monde des croyances et des valeurs) ils croyaient – au point qu’il n’est rien resté de ces relations. Pour dire le moins, j’ai été pour eux décevant. Mon existence n’a rien laissé – attendu qu’elle devait ou qu’elle aurait dû à tout le moins avoir quelques résultats, fussent-ils négatifs. Je ne crois pas l’avoir fait volontairement, avoir eu l’intention de détruire, mais le résultat a toujours été celui-là. Je ne crois pas non plus que les autres aient eu cette intention de me détruire. Il n’est pourtant rien resté. Ce rien, dont il est question ici, ne renvoie ni à la souffrance ni à l’absence ou à la fin de la relation. Ce rien, est-ce le résultat de relations entre personnes incompatibles, de malentendus entre elles? Est-ce le constat d’une existence particulièrement troublée? Je ne le crois pas. C’est une explication facile et habile que de renvoyer à une détresse, à une angoisse ou même à une névrose la difficulté, l’impossibilité de vivre avec les autres. Mais ce rapport à soi troublé, à quoi tient-il ?”

  • Dossier de presse (à venir)

Le bonheur philosophe

De Pythagore à Al Gore

Jacques Senécal

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Liber - Mars 2008
  • Présentation

«Ce livre est une introduction à la philosophie abordée sous l’angle du bonheur devenu, aujourd’hui, un véritable devoir social. Je propose une analyse d’une trentaine de philosophes ou d’écoles qui ont marqué notre civilisation, les grands mouvements des trois derniers siècles, les bonheurs multiples de l’individu et de la collectivité, celui de la raison comme de la foi, celui des droits et des devoirs. Les philosophies du bonheur, comme, d’ailleurs, ses significations, sont très variées. Cette richesse de sens justifie cet essai qui n’est pas une œuvre d’historien, mais celle d’un ami de la philosophie, d’un homme qui a compris qu’au cours de sa vie son bonheur était presque constamment soutenu par la réflexion des grands philosophes. Bien sûr que, seul, inquiet, mais lucide, on arrive toujours à philosopher et à donner sens à sa vie, sauf qu’il est avantageux et stimulant de savoir que ses propres réflexions, les plus intimes comme les plus étranges, ont aussi une portée universelle et qu’elles ont été celles des grands penseurs de notre civilisation. Se sentir près d’eux réconforte, rassure et nous garde dans un état de quiète inquiétude.» J. S.

  • L’auteur

Jacques Senécal a enseigné la philosophie au collège, à Rimouski et à Montréal. Il est également animateur d’ateliers de philosophie. Il a publié Le bonheur philosophe. De Pythagore à Al Gore (Liber, 2008), Manières de dire, manières de penser - Initiation à la réflexion critique sur les lieux communs (Liber, 2004) et Jouir, faire jouir et s’en réjouir (Méridien, 2005).

  • Extrait : début de l’Introduction

“Le bonheur est un objet de réflexion qui traverse toute l’histoire de la philosophie. D’ailleurs, non seulement a-t-il été perçu et expliqué de diverses manières, ce qu’on verra en détail, mais le mot même a pris plusieurs sens et formes. Bon heur veut dire, en français, bon augure ou bonne chance: avoir l’ heur de plaire à quelqu’un, c’est avoir la chance ou le bonheur de lui être agréable. Ce bonheur peut renvoyer au plaisir et celui-ci à joie quand la satisfaction est complète et profonde, laquelle est, comme le ravissement, l’enchantement ou l’euphorie, plus que le simple bien-être, une sorte de béatitude ou d’extase ou même de félicité. Chez les Grecs de l’Antiquité, des concepts précis définissent la nature du bonheur: ataraxie, utilisée par les stoïciens et les épicuriens, fait comprendre que le bonheur est d’abord une absence de douleur ou encore une disparition plus ou moins permanente des troubles du corps ou de l’âme; cette sérénité corporelle ou spirituelle serait le souverain bien ou le but de la vie humaine. Chez d’autres penseurs, c’est la contemplation intellectuelle qui procure le vrai bonheur, lequel est inaccessible sans la pratique de la vertu dont le sens varie de la force à la quiétude.”

  • Dossier de presse

> Ecoutez Jacques Senécal sur Radio Canada

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