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Qu’est-ce que vivre ?
Renonciation et accomplissement
Patrice Guillamaud
L’Harmattan - “Nous, les sans-philosophie” - Mai 2008
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Présentation
Il y a une différence essentielle entre la vie et l’existence. Si la réussite relève de l’existence, à savoir de la superficialité consciente et dérisoire de la vie, l’accomplissement relève au contraire de la vie en tant que vie à savoir de la profondeur vitale. Mais quelle est l’essence même de cette profondeur ? Il s’agit ici de montrer que par essence, la profondeur concrète de la vie est une spontanéité affective entendue comme non-liberté ou renonciation.
Nous prévenons les âmes sensibles que la lecture de ce livre peut provoquer un étonnement. Le point de vue y est en effet purement cynique. Mais, c’est le cynisme même de l’analyse qui conduit à découvrir que la grandeur morale, loin d’être une exception ou une abstraction, est l’essence la plus concrète et la plus universelle de toute vie. Nous verrons en effet que, dans la vie des grandes ordures, comme dans celle des grands saints et des grands médiocres, c’est une seule et même loi morale qui, loin d’être un idéal illusoire ou abstrait, gouverne réellement et absolument. Dans la fausse gloire du mal et du bien comme dans le faux anonymat de la médiocrité, c’est une seule et même grandeur de la vie et de l’humanité qui s’exprime, irrémédiablement.
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L’auteur
Patrice GUILLAMAUD, agrégé de philosophie et docteur (NR), est professeur de khâgne au lycée Descartes à Tours. Indifférent, comme les non-philosophes, à la sclérose institutionnelle, il travaille à l’élaboration d’une nouvelle manière de penser la réalité, à savoir à une nouvelle science philosophique, l’ousiologie.
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Extrait de l’Introduction : l’essence de la vie
“La réussite n’est pas l’accomplissement. Réussir n’est pas s’accomplir.
Il y a là deux dimensions de la vie humaine qui sont absolument irréductibles. La réussite a un caractère superficiel qui en fait une dimension de la vie radicalement différente de l’accomplissement. Si la réussite concerne en effet la surface et l’apparence de la vie, l’accomplissement concerne au contraire la profondeur et la réalité même de la vie. C’est cette différence entre la surface et la profondeur de la vie qu’il va falloir approfondir.
Ce qui est plus exactement en jeu ici, c’est la vie elle-même, non pas telle ou telle vie, non pas tel ou tel aspect de la vie mais ce qui fait que la vie est la vie, son essence universelle. Ce qui est en jeu, ce n’est pas la vie sexuelle, économique, sociale ou morale, c’est le fait même de vivre à travers toutes ces différentes dimensions.
Il ne s’agit pas non plus de définir la vie commune à l’homme et à l’animal. Il ne s’agit pas de définir ce qui distingue la vie animale de l’absence de vie propre à la matière. Une telle définition serait biologique et relèverait de la science. Il s’agirait alors de savoir si la vie, la satisfaction des besoins, le fait de manger et de se reproduire, est réductible ou non à des processus physiques et chimiques, c’est-à-dire à une réalité purement matérielle. Il s’agit de définir la vie propre à l’homme en tant que cette réalité biologique et animale est une simple base, ce à partir de quoi se déploie le fait même de vivre propre à l’homme. Mais il ne s’agit pas non plus de définir ce qui distingue la vie humaine de la vie animale. Une telle définition serait anthropologique et relèverait des sciences humaines. Il s’agirait alors de savoir si la vie, la satisfaction des besoins, au sein des relations sociales avec les autres hommes, obéit à des lois propres, si elle ne tient sa définition que de l’esprit ou si elle est réductible aux lois mêmes de la vie biologique. Il s’agit de définir l’essence, certes humaine, de la vie mais en tant que cette même réalité humaine, collective et sociale, n’est qu’un aspect très secondaire de la vie elle-même en tant que telle.”
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Dossier de presse, critiques (à venir)
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