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La soustraction de l’être

La question ontologique de la vérité de Heidegger à Badiou

Rémy Bac

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Le Grand Souffle - La Contrée - Avril 2008
  • Présentation

Ce livre part d’un constat : la pensée de l’être en tant qu’être, relancée à nouveaux frais par Heidegger, n’accomplit d’aucune manière un « achèvement de la métaphysique », mais constitue au contraire l’aurore de nouveaux grands systèmes métaphysiques. Pour autant, il reste avéré que la question de l’être, ou du vide, se distingue de celle de l’étant.

Par ailleurs, ce livre part aussi d’un étonnement : comment se fait-il que la pensée de l’être, réactivée par Heidegger dans toute son ampleur herméneutique sous la tutelle du poème, puisse connaître, après Lacan, sa seule et réelle interlocution rivale dans L’être et l’événement d’Alain Badiou, sous la garde du mathème ? Que signifie cet « affrontement » entre poème et mathème ? De telles questions nous ont amené à explorer, par une lecture croisée avec la pensée de Lacan, « l’envers » du système de Badiou, afin de saisir la mutation qu’il en est advenue du concept de vérité comme fidélité à l’événement et soustraction au savoir.

  • L’auteur

Rémy Bac est né en 1972. Il inscrit volontiers son travail philosophique dans le sillage d’Alain Badiou, Mehdi Belhaj Kacem et Slavoj Žižek. La soustraction de l’être est son premier livre.

  • Extrait du Prologue : Introduction au mathème (p. 17)

“La soustraction. Opération mathématique suturée à la question antique de l’être, ou bien essence même de la question ontologique ? Mais peut-être la suture fait-elle partie de cette essence, se structurant (et n’étant pas autre que la structure) en inclusion dans la soustraction là où elle-même, la suture, opère dans la présentation de l’être?
Ne serait-ce pas, au fond, le seul dispositif adéquat à l’exigence de maintenir l’effectivité d’un concept comme celui de « vérité» ? Mais si c’était la vérité elle-même qui se soustrayait à toute suture? Peut-être est-ce là son mouvement secret. La mesure de toutes choses.
On pensera au retrait de la vérité, à son voilement, au sens où Heidegger en a parlé. Il s’agit, ici, de tout autre chose. Et pour autant, ce n’est pas sans rapport.
La question ne saurait en tout cas se mesurer elle-même sans la science du mathème. Ni modèle, ni paradigme, en tant que norme extérieure à l’objet sur laquelle celui-ci viendrait se régler, au moins en ceci qu’il serait mesurable à la norme d’une opération ou d’une obersation, mais l’être lui-même de “l’objet”, vide et multiple, si l’on suit le système ontologique ensembliste d’Alain Badiou de L’être et l’événement.”

  • Table des matières

Le Tabou de l’Absolu:
préface de Mehdi Belhaj Kacem
Prologue: Introduction au mathème

I - Le Quatre de la vérité
1. Le Quatre de la vérité
2. Désir et amour
3. Technique et capitalisme
4. Lacan déconstruit ?
5. Lutte des classes, lutte des communautés: un trou de la vérité

II - Le système soustractiviste
6. Vers une fondation de l’universalisme
7. L’humanisme revisité
8. Badiou heideggerien ?
9. Le poème en question, le vide en réponse
10. Le terme évanouissant de Mallarmé
11. Une lecture de la méditation 20 de L’être et l’événement
12. Les trois fidélités
13. Structure et sujet
14. Vérités, politique et éthique
15. Une machine dialectique générique
16. Les coupures philosophiques de Badiou

III - Férocités de l’Idée
17. Politique et amour (mathèmes des trois mondes)
18. Qu’est-ce que la démocratie?
19. La dictature
20. Passion de la politique
21. Le plus-de-jouir économique
22. Au-delà du principe de vie
23. L’amour, la mort : le trip(le) du flamenco
24. Le communisme
25. Maos/situs

Iv-L’infini et son double
26. Forçage de l’innommable
27. L’infini d’un lacanisme événementialiste
28. L’infini mathématique
29. Les deux sceaux existentiels

Épilogue
Appendice

  • Dossier de presse

Présentation de La soustraction de l’être, par Rémy Bac (antiscolastique.free.fr)

La passe antiphilosophique de Lacan
 
(Extrait) Sans doute faut-il commencer par la fin. D’abord, parce qu’il ne serait question pour moi de livrer ici une introduction à La soustraction de l’être . Une présentation, tout au plus. Mais il faut aussi commencer par la fin parce que nous sommes, ou nous serions, à la fin proclamée de la philosophie, comme nous serions à la fin de la métaphysique, de l’histoire, de la politique et des grands idéaux. « Qu’est-ce que la philosophie ? » est la question qui clôt La soustraction de l’être . C’est de là, de ce point obscur, que nous partirons.
  Il m’a toujours semblé que s’il fallait retenir du vingtième siècle un seul nom, résumant la pensée la plus novatrice, la plus audacieuse, la plus stimulante comme la plus profonde, ayant ouvert le champ le plus large de la connaissance comme ayant remis en cause et modifié d’une façon sans retour tous les topoi de la philosophie, c’est bien celui de Jacques Lacan.
  Cela peut paraître surprenant, car Lacan n’a jamais été philosophe.

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