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Archive pour 18.4.2008
Mènaxéne
18.4.2008 par admin.
Xavier Gilbert
Editions du Retour - Juin 2006
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Présentation
Xavier Gilbert est le premier auteur publié par les Editions du Retour. Son style, la rigueur dont il fait preuve dans l’écriture et le genre de son roman illustrent fidèlement les valeurs littéraires que nous cherchons à mettre en avant. Mélange entre littérature et philosophie, « Mènaxéne » se situe à la lisière du monde contemporain, mariant actualité et désuétude, engageant une réflexion sur le sens de la fuite… Fuite des certitudes, du temps, des êtres chers, fuite effrénée vers un univers plus rassurant où il n’est plus question de jouer ni de s’interroger excessivement sur soi. L’aventure n’est pas simple, sans doute peu raisonnable, « Mènaxéne » raconte talentueusement un malaise existentiel doublé de poésie, comme souvent, comme toujours.
Qui est Mènaxéne ? Un philosophe, un poète, un individu isolé qui consacre sa vie à l’incertitude ? Xavier Gilbert nous plonge dans la sinuosité d’une réflexion singulière, d’une interrogation sourde et angoissante sur le sens du quotidien, du désir et de la fuite. Le temps passe, s’enfuit, et avec lui l’exaltation des promesses, la plénitude du plaisir. Alors comment faire ? Quel rôle s’attribuer face à tant d’aléatoire ? C’est le vertige intime de Mènaxéne, l’insatiable occupation d’un homme pourtant jeune et déjà délicieusement désespéré. Mènaxéne est différent, craint l’uniformité et la masse, les sourires commerciaux et les rêves standards, mais Mènaxéne se tait… jusqu’à la fuite.
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Extrait, p.7
“Si j’ai cru pendant plus de vingt ans que je pourrais m’en sortir en dissimulant au monde toute ma différence, mon grand secret, c’est parce que j’étais persuadé d’être le seul à ne pas vouloir plonger la tête dans cette eau qui m’apparaissait trouble. Le vent m’empêchait alors de parler et j’ai eu l’impression que ma vie allait trop vite pour moi. Si vite que je n’ai pas été témoin de ma propre vie. Dès lors à présent que j’ouvre les yeux, je ne vois plus autre chose que le bleu tourmenté d’un chemin nouveau.
La lumière avait lentement repoussé l’obscurité dans les recoins de la chambre, de la ville et de la pensée. L’ombre, l’impénétrable noirceur qui avait caché le monde et l’avait progressivement dévoilé, s’était recroquevillée dans ses derniers abris. Figée, elle prenait des postures nerveuses et rondes. L’ombre avait été tout, mais à présent elle n’était plus rien que des poches, des trous et des lignes à demi effacées.
Il venait de laisser la lourde porte vitrée, ferrée et noire se refermer bruyamment. Il s’était levé beaucoup plus tôt qu’il ne le faisait souvent pour profiter pleinement de la journée. C’était un homme qui avait ses habitudes, mais ces répétitions souffraient d’irrégularités et de manquements imprévisibles.
Il arrachait rapidement des morceaux du pain au chocolat qu’il venait d’acheter à la boulangerie au coin de la rue. En marchant si tôt, il voulait profiter de la fraîcheur douce, de la lumière légère et du calme de la matinée. La ville s’embrasait lentement. Les rues étaient encore désertes. On n’y croisait que les travailleurs matinaux, ceux dont les journées sont les plus longues et dont les vies sont les plus courtes. L’homme se sentait à son aise et aurait voulu, en cet instant seulement peut-être, que le monde soit ainsi, débarrassé du monde, et qu’il n’y ait que quelques passants.
Il connaissait la ville aux heures les plus matinales, au retour de soirées amicales, mais pas à cette heure qui n’appartenait ni à la fête ni au réveil, peut-être la plus silencieuse.”
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Dossier de presse
Agoravox
“« Et je m’en vais, Au vent mauvais, Qui m’emporte, Deçà, delà, Pareil à la feuille morte. », écrivait Verlaine dans ses Poèmes saturniens. Ces quelques rimes pourraient bien résumer Mènaxéne, le premier roman prometteur de Xavier Gilbert.
L’auteur nous plonge dans le tourbillon du quotidien de ce jeune homme, désespérément seul, désespérément rêveur. Comme l’explique l’auteur lui-même, « ce jeune homme refuse aussi bien les conditions du bonheur que les contraintes de la société ».Dans ce roman empreint de philosophie, Mènaxéne n’est pourtant pas totalement seul. Son quotidien est fait de rencontres, de pensées, mais finalement peu d’expression de lui-même. Incompris, et surtout insatisfait, Mènaxéne semble errer dans son existence, telle une âme qui ne pourrait trouver le repos. Finalement, le héros a simplement soif de vie, d’émotions, de cette violence qui nous rend présent. Cette recherche le guide, plus ou moins consciemment, tout au long du roman.” > lire la suite
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Catholica n°99
18.4.2008 par admin.
Les deux cités
Printemps 2008
- Début de l’Editotial, par Bernard Dumont
Les principes subjectivistes et volontaristes modernes sont source interminable de guerres : ce que la logique des principes oblige à affirmer ainsi s’est trouvé vérifié tout au long du XIxe siècle dans l’ordre européen, suscitant insurrections, guerres civiles, répressions en retour, luttes de classes, discordes partisanes, concurrence économique implacable … Qui oserait affirmer que le siècle suivant fut différent, et que tout cela s’est apaisé depuis que nous sommes prétendument entrés dans la « fin de l’histoire » ? Une même inspiration contractualiste s’applique à toutes sortes de regroupements sociaux qui n’ont la plupart du temps de communautés que le nom. Il n’est donc pas étonnant que l’on puisse assister de manière continuelle à des ruptures violentes et déstabilisatrices, point de départ de toutes sortes de recompositions, du niveau le plus élémentaire (couple) au plus large (Etats). Il n’y a aucune raison de penser que de tels changements pourraient s’arrêter à un point déterminé dans le temps, seule la complexité d’une collectivité imposant une temporalité plus lente que la décomposition-recomposition d’une cellule familiale régie par la même règle. Aussi les pare-feu imaginés sans s’attaquer aux causes n’ont-ils tout au plus qu’une fonction de retardement. “
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