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Sites
LE POUVOIR. Puissance et sens.
Monique Castillo
Michalon - “Le bien commun” - Mars 2008
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Présentation
Le pouvoir est une réalité dont on se méfie, que l’on craint et que l’on combat ; il est aussi une réalité que l’on souhaite, pour le renforcer, le transformer ou l’inspirer. Aujourd’hui, dans le cadre de la communication mondialisée, la diversité, la mobilité et parfois la contradiction des attentes à l’égard du pouvoir rendent son interprétation particulièrement difficile. La question pourrait se résumer ainsi : Quel est le statut du pouvoir dans le contexte de la mondialisation et sur le fond d’une grave mise en cause de la modernité ? Les conflits de pouvoir caractéristiques de notre temps peuvent se ramener à des jeux d’alliance et de mésalliace entre trois types d’attente : le pouvoir comme puissance, le pouvoir comme domination, et le pouvoir comme processus.
La méthode employée vise à faire découvrir intuitivement, de l’intèrieur, ce qui fait de chacune de ces positions une demande de sens autant qu’une volonté de pouvoir.
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L’auteur
Monique Castillo est professeur de philosophie à l’université de Paris-XII. Elle travaille sur la philosophie kantienne, l’éthique et la politique contemporaines.
http://monique.castillo.online.fr
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Extrait de l’Introduction, p. 5
“Le pouvoir est une réalité dont on se méfie, que l’on craint et que l’on combat ; il est aussi une réalité que l’on souhaite inspirer, renforcer ou transformer. Aujourd’hui, dans le cadre de la communication mondialisée, la diversité, la mobilité et parfois la contradiction des attentes placées dans le pouvoir rendent son interprétation particulièrement difficile.
L’extension et la concentration du pouvoir suscitent périodiquement la méfiance. C’est contre elles que, la Révolution française ayant accouché d’un empire, les voix libérales se dressent en les accusant d’être à l’origine de la Terreur. En 1918, l’effroyable preuve de la puissance des armes conduit à penser que la même maladie européenne a ravagé les moeurs politiques : l’accroissement du pouvoir. Les totalitarismes confortent la conviction que le pouvoir est désormais en mesure de s’emparer de tous les secteurs de l’existence en se prenant lui-même pour but, et qu’il a vocation à devenir, comme les guerres, total. Si, de nos jours, on s’inquiète plutôt de «la nouvelle légèreté du pouvoir» qui se mondialise, c’est que sa dématérialisation et sa nouvelle invisibilité le rendent à la fois absent et omniprésent, ceux qui nous commandent n’étant que la trace de ce qui nous commande.
Mais l’expérience de ces abus ne conduit pas seulement à le condamner, elle fait également surgir la nostalgie d’un autre pouvoir, intègre, innocent des vices qu’on déplore et pour l’avènement duquel l’urgence réclame des chefs actifs et puissants. Contre les faux pouvoirs resplendit l’imaginaire de ce que doit être le pouvoir. Ainsi, contre l’expérience de la Terreur révolutionnaire, on fera l’apologie de l’ancien pouvoir des Rois parce qu’il est hors d’atteinte du désir d’accaparement et bien inférieur aux pouvoirs accumulés au nom de la démocratie. Quant à l’État-nation moderne, sa légitimité républicaine n’est pas sans ennemis déclarés et, à ses inventeurs bourgeois, l’universalité révolutionnaire du prolétariat oppose un autre triomphe, celui de l’humanité totale, imposée par un pouvoir total. Plus près de nous, en réaction au désastre totalitaire, un retour à l’inspiration antique redonne aux conceptions prémodernes du pouvoir une nouvelle légitimité, qui conduit à opposer la politique au pouvoir et la dynamique du «vivre-ensemble» à la statique de la domination. Et, comme la surpuissance effrayante de Parme nucléaire n’incite pas seulement à reconsidérer la nature, mais bien l’usage du pouvoir qu’est la politique, on s’attache à l’espérance ambiguë d’un gouvernement mondial.”
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Table des matières
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