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Archive pour 12.3.2008
L’ouïe de Schopenhauer. Musique et réalité
12.3.2008 par admin.
par Santiago E. Espinosa
L’Harmattan - “Ouverture philosophique, Série Esthétique” - Février 2008
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Présentation
On a souvent remarqué l’influence de la philosophie de Schopenhauer sur celles de Wagner et de Nietzsche. On a moins remarqué que Wagner élabora une théorie à partir des thèses philosophiques de Schopenhauer tout en ignorant - expressément ou pas, consciemment ou pas - ses idées musicales. Ce n’est pas le cas de Nietzsche, qui en saisit le paradoxe et en fit même un des points de départ de sa propre pensée : la musique est indépendante des émotions et des affections humaines ; elle est même indépendante du monde. C’est là une des différences avec la pensée de Wagner, dont Schopenhauer n’a pas été proche et duquel Nietzsche dut s’éloigner malgré leur profonde amitié.
Nous avons tenté de trouver dans les paradoxes de la joie produite par la musique - comment se fait-il qu’elle puisse être à la fois la volonté, étoffe de ce monde de souffrance, et la plus délectable des choses ? - l’ouverture à la pensée schopenhauerienne. Dans tous les sens de ce mot : elle est cette « composition » qui annonce une oeuvre philosophique dont la musique est à nos yeux la pierre de touche ; par là même, elle est aussi la fracture du système, en ceci qu’elle est la seule à se dérober à l’explication de la métaphysique - étant elle-même la volonté elle se dérobe à toute explication possible. Ainsi nous avons situé la musique comme l’éclaircissement mais aussi comme l’écroulement de la métaphysique de la volonté. Ceci, non pour discréditer la philosophie de Schopenhauer, mais au contraire, pour en souligner l’actualité en tant qu’ouverture, encore une fois, à la pensée musicale de Nietzsche et à la philosophie tragique.
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L’auteur
Santiago E. Espinosa est né en 1978. Il a traduit en espagnol divers ouvrages et élabore une thèse à la Sorbonne sur le rapport entre musique et philosophie.
> voir son CV en fançais sur http://cuiaspinosa.neuf.fr/cv_francais.html
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Extrait de l’Ouverture
“Schopenhauer, comme P. Éluard, est esclave de cette «faculté pure de voir»; il va l’affirmer souvent dans son œuvre: toute connaissance est au service du principe de raison. Nous en sommes captifs. Nous voyons des mondes qui se forment, qui s’écroulent, qui «avancent», diraient quelques-uns. On le sait, voir, c’est savoir, et tout savoir, y compris une bonne partie de la philosophie, nous permet de comprendre ces mondes, de les expliquer, de les « améliorer ». Mais il y a un «au-delà» qu’il faut atteindre pour devenir des vrais philosophes, un « au-delà » non, certes, de l’objet de la vue, mais de la vue elle-même. Il y a, précisément, l’écoute.
Schopenhauer est un penseur du double: le monde se manifeste comme phénomène, comme matière dans le temps et l’espace; mais il est aussi une autre chose: éternité. Tout est répétition, tout est, a été et sera toujours la même chose, comme le dit Lucrèce: eadem sunt semper omnia. Le raisonnement n’est pas nouveau, c’est la question par excellence de la philosophie. Cependant, Schopenhauer croit dé-couvrir ce qui est resté sous un voile jusqu’au transcendantalisme de Kant: nous sommes capables d’avoir une intuition sur ce qui est, en dernière analyse, le monde: la Volonté. Mais peut-on savoir réellement ce qu’elle est? Non, car savoir serait déjà voir alors qu’il s’agit d’écouter et croire à une voix qui enchante mais ne dit rien de particulier. Schopenhauer lui-même se garde de toute réponse définitive à cet égard, ce qui nous introduit déjà dans la problématique de l’écoute, d’autant plus suggestive qu’elle est insoluble. “
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Table des matières
Posté dans Esthétique, Philosophes 19è | Aucun commentaire »
Pourquoi philosopher en cuisinant ?
12.3.2008 par admin.
Méditations autour de dix recettes de Lionel Lévy
par Marc Rosmini
Aléas - “Collection Pourquoi ?” - Février 2008
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Présentation
L’anthropophagie est-elle immorale ? Faut-il revendiquer le droit de jouer avec la nourriture ? Jusqu’où s’étend le concept de Bouillabaisse ? Le poivron est-il un fruit ? Peut-on s’engager politiquement sans quitter ses fourneaux ? Tous les plaisirs sont-ils bons à prendre ? La simple lecture d’une recette peut-elle être blasphématoire ? La cuisine est-elle un art ou un artisanat ? Peut-on manger “naturel” ? Le miel est-il magique ? Qu’est-ce qu’être épicurien ?
Toutes ces questions, et bien d’autres, trouveront des débuts de réponses dans ce livre. La suite appartient au lecteur, et aux convives avec lesquels il philosophera en goûtant les recettes de Lionel Lévy.
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Les auteurs
Marc Rosmini : voir son myspace
Lionel Lévy : interview sur Anous.fr
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Extrait p. 178
“Voici donc résumé ce qu’on peut attendre de cet essai philosophico-culinaire : dans la filiation des ouvrages de “proteptrique”, il aura atteint son but s’il éveille chez le lecteur un goût renouvelé pour le questionnement et le débat théorique. Et plus encore s’il conduit à une nouvelle façon de concevoir un repas. Car le choix de tel ou tel des plats proposés ici par Lionel Lévy ne produira pas seulement une jouissance gustative particulière, mais pourra aussi orienter la discussion de nos convives sur des problématiques spécifiques. À condition, bien sûr, d’attirer l’attention sur les questions soulevées par chaque plat, puisqu’une recette n’est pas, en soi, “philosophique” : seule peut l’être la réflexion que nous développerons à son égard.
Comme on l’a vu, tout choix culinaire engage des valeurs esthétiques, éthiques, symboliques, politiques, voire religieuses. La prise de conscience de cette réalité est une étape nécessaire, mais insuffisante, si elle ne conduit pas à une réflexion critique sur la validité de nos propres valeurs et de nos propres choix.
En cuisinant, en découpant notre palombe ou en épluchant nos châtaignes, en arrosant attentivement notre tajine de porc ou en préparant notre sabayon de pomelos, nous anticiperons donc sur les sujets qui seront abordés plus tard, lorsque les invités seront là. Lecture, introspection, dialogue: voici les trois étapes sans lesquelles une réflexion ne pourrait vraiment progresser. “
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Table des matières
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Dossier de presse
“Lisez Pourquoi philosopher en cuisinant. Méditations autour de dix* recettes de Lionel Lévy (Aléas, 2007). Marc Rosmini, jeune agrégé de philosophie, y décortique les implications philosophiques de la cuisine avec une gourmandise de saveurs et de savoirs communicative. Bien sûr, quand il m’a gentiment fait parvenir son livre, j’ai failli développer un ulcère du duodénum : depuis la lecture de Kant en classe de terminale, j’aime autant la philosophie que les asperges en conserve, c’est vous dire. Pourtant, non seulement je me suis plongée avec délices dans cet essai original et stimulant, mais j’ai appris qu’en dégustant du Noir de Bigorre, j’étais moi-même kantienne (ironie du sort). En quelques mots, c’est clair, accessible et tout à fait rafraîchissant.”
“LES CHRONIQUES GASTROSOPHIQUES DU PROFESSEUR ROSMINI
Poulet 728 120, de Philippe Katerine
Plaisirs de la philosophie et de la cuisine mêlés, dans cette série de chroniques hebdomadaires, inspirée du livre ” Pourquoi philosopher en cuisinant ? ” écrit par Marc Rosmini, professeur de philosophie. en collaboration avec Lionel Levy, chef-cuisinier, publié aux éditions Aléas.”
> Manger les mots, dire les mets, cuisine et philosophie.
“Rencontre originale : Marc Rosmini, slowfoodien marseillais, philosophe et forte inclination pour la cuisine d’une part, et d’autre part Lionel Lévy, « La table au sud « et « La virgule», cuisinier et un goût pour la philosophie.
Le résultat : un livre délicieux, « Pourquoi philosopher » signé Marc Rosmini aux éditions Aléas (commande bonne librairie ou Amazon). Soient 10 menus réalisés par Lionel Lévy qui donnent lieu à des réflexions philosophiques qui montrent que manger est certes un acte très banal mais pas si anodin qu’on croit ! Par exemple, par provocation, Lionel Lévy propose un menu avec une recette de pattes de chien, seul menu qui n’a pas été réalisé ( et la SPA!) et qui devient prétexte à s’interroger sur nos refus et nos interdictions alimentaires.
Ici, il n’y a pas de spéculation métaphysique mais une philosophie du quotidien, de la cuisine et de son environnement, ouverte à tous les gourmands-gourmets-curieux plus intéressés par les questions et l’échange que par les réponses toutes faites à partir de plats surprenants.”
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