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Une esthétique de l’ellipse
un art sans espace ni temps
par Bruno Trentini
L’Harmattan - “L’art en bref” - Février 2008
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Présentation
L’ellipse est une absence de liaison entre deux interprétations d’une même œuvre. Il ne s’agit pas de l’omission d’un intermédiaire évident, rien n’est véritablement absent puisque rien n’aurait pu lier ces deux flancs qui s’opposent. L’ellipse s’apparente donc à un gouffre béant qui donne au spectateur le vertige de la contradiction. Il est question dans cet ouvrage de l’intérêt esthétique de ce vide ainsi que de la mise en avant de ce qui le fonde.
C’est ainsi que l’auteur confrotne deux visions : une vision occidentale attachée au souci étroit de cohérence et une approche plus libre, celle d’un peuple africain, les Fang, dans laquelle la contradiction n’est pas réellement “contradictoire”. Cette rencontre culturelle autour de l’entre-deux s’accompagne d’une nouvelle manière de comprendre l’opposition entre l’unité et la dualité.
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L’auteur
Doctorant en esthétique et sciences de l’art à l’Université de paris 1 Panthéon-Sorbonne, Bruno Trentini a choisi de s’intéresser à la question du méta-artistique. Dans cette démarche, le concept d’imbrication l’amène à élargir son champ de recherche aux sciences cognitives.
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Extrait de la préface p.13
Même s’il apparaît de plus en plus difficile pour certaines œuvres d’art de savoir précisément où et quand elles ont été réalisées, elles n’en ont pas moins un espace et un temps. L’espace de l’œuvre peut se propager dans l’étendue aussi bien que son temps peut s’étirer dans la durée. Quand bien même l’on s’accorderait pour déclarer de telle ou telle œuvre qu’elle possède plusieurs espaces et plusieurs temps, elle ne serait irrémédiablement pas sans espace ni temps.
Pourtant, ce présent livre porte justement comme sous-titre un art sans espace ni temps, que voulons-nous alors dire par cette formule?
Ce n’est pas parce que l’œuvre réalisée par l’artiste est ancrée dans un référentiel spatio-temporel que l’œuvre interprétée par un spectateur répond aux mêmes exigences. Une esthétique de la réception et de l’interprétation se distingue ici d’une poïétique. Partant, c’est l’œuvre interprétée qui nous intéresse, elle est la seule candidate à un art sans espace ni temps.
La notion d’ellipse subsume cette privation, une ellipse est justement cet interstice évidé, cet entre-deux absent. En bandes dessinées, l’ellipse est cette fine bande vierge séparant deux cases et par-là même les reliant en rendant absents l’espace ou le temps gisant entre ces cases, souvent les deux. Il nous semble que l’œuvre d’art, dans son interprétation, gagnerait à être mise en relation avec la notion d’ellipse.
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Table des matières
L’ŒUVRE PARADOXALE
l’œuvre égologique, un paradoxe syntaxique
l’art-objet, un paradoxe sémantique
la sublime porosité de l’œuvre d’art
VERTIGE D’UNE MÉTA-ARTICITÉ
problèmes esthésiques et iconologie
problèmes esthétiques et méta-articité
une hypotypose esthétique
UN ART DE LA RELATION
le temps dans la représentation : la spécificité de la diachronie fang
l’opposition fang : deux pôles distincts ?
l’opposition : un champ de force
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Dossier de presse (à venir)
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