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Archive pour 9.3.2008

La psychanalyse interroge la phénoménologie

Recherches freudiennes à partir de Brentano

par Franca Madioni

madioni.jpg

L’Harmattan - “Psychanalyse et civilisations” - Février 2008
  • Présentation

Existe-t-il un accès à la pensée de Freud qui passe par la phénoménologie ? Dès la rencontre de Freud avec Binswanger, en 1907, ce dernier a joué le rôle de « passeur » de la psychanalyse vers la philosophie allemande de son temps. Depuis, le dialogue entre psychanalyse et phénoménologie s’est interrompu. Les thèses fondamentales de l’intentionnalité et de la réduction phénoménologique sont toujours considérées comme incompatibles avec celles de l’inconscient et de la pulsion. Dans le présent ouvrage, l’analyse de ces concepts Jointe à ceux d’affect et de corps permet de comprendre autrement la notion freudienne de directionnalité. L’influence de Brentano sur la théorie de la relation d’objet sert d’introduction aux recherches proposées quant au lien épistémologique et clinique entre la phénoménologie et Freud qui, après 1920, tient compte aussi des idées de Husserl. Dans la deuxième topique émergent clairement les notions de synthèse passive et active du sujet husserlien. Le rapprochement de ces deux lignes de pensée ouvre une nouvelle perspective. Les figures cliniques, de la troisième partie du livre, synthétisent ce nouvel horizon de la subjectivité en psychanalyse freudienne.

  • L’auteur

Franca Madioni, née à Florence (Italie), est psychiatre, psychanalyste et philosophe. Docteur des Universités de Bologne et de Paris XII, elle est chercheuse au Fonds National Suisse. Outre de nombreux articles, elle a publié Le temps et la psychose (1999), La mémoire entre psychanalyse et neurosciences (2003) et pour le Dictionnaire du Corps du CNRS (2005).

  • Extrait p. 11

Du psychisme au sujet.
Les besoins anthropologiques de la psychologie clinique et de la psychanalyse

” Une image pourrait nous introduire sur le chemin ouvert par ces recherches: l’admiration de Picasso pour Cézanne. Le rapport qui existe entre les deux peintres fait penser au croisement des regards que le psychanalyste et le phénoménologue portent sur la vie psychique et sur l’homme. La peinture de Cézanne, pour le psychanalyste curieux, peut ressembler à la phénoménologie.
Cézanne, par sa manière de procéder, rappelle Husserl car son « observation» du paysage est une perpétuelle « invention » de la forme. Dans ses tableaux, la rencontre entre nature et vécu se tient à cette manière particulière de « voir », car c’est le regard qui définit l’objet et permet à un tiers, le spectateur, de se le représenter et de le sentir par le vécu du peintre. Rien de plus antinaturaliste, rien de plus antiréaliste ! Le regard de Cézanne crée la forme, brise la lumière pour s’approprier l’être au-delà de l’objet observé. Cézanne cherche à restituer le vécu de son observation. Les sens. Ils sont tout puissants dans la création de la forme picturale. Voir. Cela s’enracine profondément dans le ressentir, il est pure émotion qui centre toute expérience vécue. Ce vécu se traduit dans « les formes du monde », dans le fait de voir avec son être profond.
Picasso tomba amoureux des « formes » de Cézanne et sa peinture s’en inspira; il pourra décomposer la forme car elle devient une forme pure, c’est-à-dire épurée des données de l’expérience perceptive. Mais par ailleurs, la forme décomposée, déliée, de Picasso ne peut être pensée qu’en passant par le regard de Cézanne sur les choses.

  • Table des matières

Introduction:
Du psychisme au sujet. Les besoins anthropologiques de la psychologie clinique et de la psychanalyse

Première partie: Prélude historique
Chapitre I : Entre psychanalyse et phénoménologie
1. L’amitié
2. Le grand malentendu
3. L’avenir

Deuxième partie: Fondements Philosophiques
Chapitre II : Le sujet entre «cogito pur» et affect
1. Intentionnalité et sujet
2. L’affect, fondement de l’Erlebnis
3. Le corps 76
Chapitre III: Le sujet et son monde
1. Le Tu-Tu comme sphère de l’intersubjectivité
2. Le monde comme espace
2a. illustrations
3. Le monde comme temps et mémoire

Troisième partie: De l’épistémologie à la clinique
Chapitre IV: Méthode et formes en clinique
1.L’épochè et l’ouverture à l’évidence du monde
2. De la compréhension
3. La compréhension et le souci
4. Le transfert
Chapitre V : Le mouvement comme pulsion et comme direction existentielle
1.Le temps-espace ou les directions de sens en psychothérapie
2. Paul
3. Du temps qui passe au temps autobiographique
4. Charlotte
Chapitre VI : Pour une métapsychologie phénoméno-psychanalytique : le rêve
1. Du rêver
2. Phénoménologie du corps: le rêvant
3. Le temps du rêve
4. Rêve du temps
5. Espace onirique
6. L’être dans le monde onirique
Chapitre VII : Phénomènes transitionnels et subjectivité selon la phénoménologie
1. Le Jeu du Je
2. Le faire: anthropologie du jeu
3. Le Je enjeu

Conclusions :
Pour une théorie de la subjectivité dans la clinique psychanalytique: le psychanalyste « à l’école de la phénoménologie »
1. L’histoire
2. Freud phénoménologue

  • Dossier de presse (à venir)

La métaphore du passage

Le concept de temps chez saint Augustin, fondement d’une nouvelle éthique

par Patrick Nerhot

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L’harmattan - “L’Ethique en mouvement” - mars 2008

Postface de Christian Hervé

  • Présentation

«Je parle. Mes mots sont des pensées qui représentent. Dans leur essence même, ces pensées sont des énoncés vrais. Il est impossible en effet que ces mots qui s’imposent au nom de ma pensée puissent, dans leur évocation même, témoigner du faux. Comment l’acte de penser, dans ce qui l’institue comme énoncé encore une fois, pourrait-il m’abuser à travers ce qui constitue son acte même d’énonciation? »
Que l’on ait pu parler de « mort de la métaphysique » est absolument invraisemblable; la métaphysique, en effet, n’a jamais été aussi «vivante» qu’aujourd’hui. Que l’on puisse, tout pareillement, imaginer que l’action aujourd’hui nécessaire à effectuer dans tous les domaines du savoir soit celle d’une « déconstruction » est tout aussi déconcertant; il s’agit bien plutôt de tout l’inverse: de reconstruire. Non pas tellement de reconstruire des modes de savoir « nouveaux » mais, plus exactement, de reconstruire les questions de méthode par lesquelles nous pensons savoir.

  • L’auteur

Patrick NERHOT est professeur ordinaire de philosophie du droit à la faculté de droit de l’Université de Turin. Parmi ses plus récentes publications: La vérité en histoire et le métier d’historien, Quaderni fiorentini XXIV, 1995 ; La fenomenologia della filosofia analitica dellinguaggio ordinario, Cedam Padova, 1999; Questions phénoménologiques suivies de lectures freudiennes, L’Harmattan, Paris 2001.

  • Table des matières

1. Qu’est-ce que le savoir ?
2. La question du sens ou l’exclusion du temps
3. La question du langage et la métaphysique de la présence de l’absence
4. Saint Augustin ou la témoignage de l’après
5. Métaphore du passage et symbolique du cercle : opposition des modes de penser
6. La difficile représentation du sens
7. Saint Augustin et le temps chrétien

Partie I
1. Le mesurable et le transcendant
2. La pensée de la “limite”
3. Secondes réflexions sur la “limite”
4. Le passage

Partie II
1. La structure rationnelle du penser et le concept de temps
2. La présence de l’absence

  • Extrait p. 23

Saint Augustin, la question herméneutique et le penser rationnel
” Penser la question de la vérité comme un penser rationnel dont notre conception du temps en est l’indice majeur amène à penser là métaphore du passage, qui est la grande métaphore de l’hébraïsme et du christianisme. Saint Augustin est le premier à penser en ces termes et c’est la raison pour laquelle j’en fais le support textuel aux réflexions que j’avance dans cette étude. Mais, et en prolongement à ce que je viens de dire à propos de la préface, saint Augustin, évidemment, ne constitue pas cette plénitude du sens, «à soi» dont proviendrait le principe même de ma lecture. Cette lecture ne consiste pas en une herméneutique d’un « soi », pensée d’une répétition, le mot cortime ce « à soi » du texte, pensée hors du temps d’un temps: « saint Augustin». La question herméneutique ne se traduit pas dans la formalisation d’un retour, dans le temps hors du temps. Si j’en appelle à ces textes, c’est en ce que, certains étant en cela plus essentiels que d’autres, saint Augustin a poursuivi ce geste même que j’effectue dans cette étude. Je ne « retrouve » pas Saint Augustin par une exégèse de mots, je montre à travers certains de ses textes ce que je conçois au titre du penser rationnel. Et s’il peut y avoir une quelconque pertinence dans ce que je dis, elle résulte non pas, encore une fois, de je ne sais quelle exégèse des textes de saint Augustin mais de raîsonnements par lesquels je rencontre la structure du penser qui a guidé saint Augustin dans ses propres raisonnements, au point que ceUx-ci, dans leur substance même, ne font plus qu’un avec ceux que j’établis par ce travail sur saint Augustin. Ce n’est pas, en effet, en répétant des mots que nous pensons ce qui a pu, dans une certaine mesure, pour un certain aspect, et dans une stratégie d’écriture Particulière, être déjà pensé. “

  • Dossier de presse (à venir)

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