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Archive pour 7.3.2008

Le Prophétisme communicationnel

La société de l’information et ses futurs

par David Forest

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Syllepse - “Matériologiques” - Mars 2004

Préface de Lucien Sfetz

  • Présentation

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) se sont mises en place sous les auspices d’un prophétisme communicationnel qui les accompagne et les légitime avec la force du discours religieux. On trouve dans le discours – en provenance d’auteurs le plus souvent américains – entourant les NTIC un mélange étonnant et inédit de libéralisme économique (la nouvelle économie numérique comme sortie de crise), d’esprit « libertaire » (la décentralisation du pouvoir par les réseaux), de théologie (la promesse d’un monde nouveau, une sorte de messianisme technologique, avec la redécouverte, par ces penseurs, de Theillard de Chardin), de crispation sécuritaire (la construction de villes entièrement architecturées par les moyens de surveillance électronique), etc. Ce livre décrypte minutieusement l’emprise de cette idéologie syncrétique et inquiétante autant qu’insidieuse puisque se donnant justement les apparences de l’artifice technologique et de l’utopie au service de la communauté. Le prophétisme communicationnel puise dans une abondante littérature émanant aussi bien de grands noms du secteur industriel (Bill Gates) que du milieu de la Recherche et Développement (Negroponte, par ex), ou encore, ce qui est très peu connu en France, de ces officines de réflexion stratégique essentiellement américaines, appelées Think Tank. Celles-là même qui « organisèrent » la deuxième guerre d’Irak… Le monde de demain qui s’y dessine opère un mouvement de translation du capitalisme industriel en partie défunt vers un capitalisme post-industriel se donnant comme le sauveur d’une nouvelle « humanité numérique » plus que jamais aliénée. La facticité de ce dessein, répétons-le, messianique, est parfaitement restitué par David Forest qui ne cède pourtant pas à la facilité d’une dénonciation stérile et anti-technologique.

  • L’auteur

David Forest avocat et docteur en sciences politiques, chercheur associé à l’Université Paris I Sorbonne.

> Article de D. Forest paru dans Libération le 4/01/2008 : A 30 ans, la Cnil est déjà à bout de souffle
Extrait : “Certains anniversaires ont un goût de cendres. Tel est le cas des 30 ans de la loi informatique et libertés du 6 janvier 1978, qui inaugura l’ère des autorités administratives voulues «indépendantes» du pouvoir en créant la Cnil (Commission nationale informatique et libertés). Clé de voûte du dispositif de protection de la loi de 1978, la commission fut surtout pensée par le législateur comme un garde-fou contre les immixtions de la technique dans la vie privée des citoyens et les progrès du fichage à mesure que l’informatisation de la société française s’accélérait. Trente ans plus tard, nul ne prétend sérieusement que cette ambition a été satisfaite. Si bien qu’Alex Türk, l’actuel président de la Cnil, se risque aujourd’hui sans exagération à employer les termes de «société de surveillance», doux euphémisme désignant le triomphe légal d’une société de contrôle généralisé. Comment la commission a-t-elle accompagné cette régression de grande ampleur présentée comme irréversible ?”

  • Début de l’Introduction

“Les entrepreneurs de l’Internet semblent avoir bien du mal à se remettre des nombreuses déconvenues des premiers modèles économiques. L’effondrement de la bulle spéculative a interrompu brusquement un rêve prolongé qui pour beaucoup se terminera en coma. Cette bulle de savon crevée fut portée par le souffle de la spéculation autant que par la production effrénée de discours sur le futur des techniques de communication. L’hallucination collective qui a frappé une grande partie de l’Occident au cours de ces dernières années relève pourtant moins du mirage technologique que de la fabrication d’une imagerie dont les origines sont à rechercher dans une forme de littérature vulgarisatrice envahissante. En effet, depuis l’avènement de ce qui est communément désigné par la notion-concept de «société de l’information», un nouveau type de discours dont les effets sont largement sous-estimés s’est installé de façon durable dans le paysage des idées contemporaines. La société de l’information est depuis déjà quelques décennies notre présent-déjà-futur et son environnement technique décrit comme un scénario de science-fiction réalisable, voire une utopie science-fictionnelle, semble donner plus que jamais une forme-enveloppe susceptible d’accueillir le catalogue des rêves marchands. “

  • Table des matières

LE PROPHETISME TECHNO-COMMUNICATIONNEL : UN PROPHETISME SECULARISE ET VISIONNAIRE
Société de l’information et recherches sur le futur
A quelles conditions parler
Visions prophétiques et mutations du modèle managériale
Aspects du messianisme technologique
La prophétie médiatisée ou la vision dénaturée
Vision prophétique et discours figuratif
LE PROPHETISME TECHNO-COMMUNICATIONNEL : UN OPERATEUR ENTRE UTOPIE ET IDEOLOGIE
De l’utopie littéraire aux pratiques mobilisatrices
L’inscription imaginée de la propriété intellectuelle dans l’organisme-réseau
De l’autorégulation à la dissolution de l’Etat
Le prophétisme : un opérateur entre une utopie désirée et une idéologie néo-libérale
Tous les signes et signes des temps

  • Dossier de presse

> Dans L’Humanité le 22/02/2005, par Pierre Musso : Messianisme haute technologie

“Essai. Les prophètes de la révolution informationnelle ne chantent pas les lendemains du numérique sans fortes arrière-pensées managériales, montre le livre de David Forest. (…) La société de l’information et les promesses d’avenir radieux qui ont accompagné le nouveau siècle constituent un phénomène complexe qui mérite un examen sérieux. Comment expliquer l’enthousiasme débordant et les slogans publicitaires qui prévalurent il y a peu encore, alors que rares furent les entreprises qui échappèrent à la spéculation effrénée puis à l’éclatement de la bulle Internet ? David Forest propose ici une lecture critique des discours envahissants qui annonçaient de concert l’avènement d’une « révolution numérique » et d’un paradis numérique construits sur les ruines des idéologies moribondes. Pour quelles raisons de tels simplismes ont-ils si facilement « pris » ? Au terme d’une analyse serrée et d’un démontage systématique, l’auteur se livre à une exploration des textes techniques et managériaux pour débusquer derrière cette imagerie naïve de puissantes visions du monde qui s’imposent avec la force d’un nouveau discours religieux. Car c’est bien de religiosité dont il s’agit. Il suffit pour s’en convaincre de revenir aux essais et aux discours dont la portée messianique soutient des desseins beaucoup plus prosaïques. Le tour d’horizon de cette littérature déconsidérée mais dont les effets sont puissants révèle quelques surprises.”

Kant cosmopolitique

Collectif sous la direction de Yves Charles Zarka et Caroline Guibet Lafaye

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Editions de l’éclat - Mars 2008
  • Présentation

La question cosmopolitique est restée en marge de l’intérêt qui a été porté à la pensée juridico-politique de Kant. En ce sens, le présent ouvrage vient combler une lacune dans l’exploration des ressources de l’œuvre. Mais l’intérêt philosophique de la question cosmopolitique dépasse très largement ce cadre. Elle atteste d’abord que la théorie politique de Kant ne se limite pas à une théorie de l’État. Il doit y avoir un en deçà et un au-delà de l’État, où la politique dépasse l’idée de peuple pour atteindre celle d’humanité. Le cosmopolitisme est cette théorie politique de l’humanité. En ce sens, Kant est l’antidote de Carl Schmitt, qui portait en lui la haine de l’idée cosmopolitique. Cet antagonisme théorique entre Schmitt et Kant, entre le poison et le remède, est largement attesté dans ce volume. Ce qui montre à quel point nous avons besoin aujourd’hui du cosmopolitisme de Kant, pour penser le passage de la guerre à la paix, la place de l’hôte étranger dans nos sociétés complexes et la nouvelle configuration d’un monde globalisé.

  • Les auteurs

Yves Charles Zarka est professeur de philosophie politique à l’Université Paris Descartes (Sorbonne). Il est l’auteur d’une douzaine de livres, traduit en plusieurs langues, au carrefour de l’histoire de la pensée politique et de la philosophie politique contemporaine. Ses livres ont ouvert des nouveaux accès à la compréhension de notre temps. Il est également directeur de la revue Cités et à ce titre à la tête d’un des courants majeurs de la pensée politique contemporaine.

Caroline Guibet Lafaye est docteur de l’Université de Paris-I Panthéon-Sorbonne et agrégée de philosophie. Elle est actuellement chargée de recherche à l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve (Belgique). Elle est spécialiste de Kant et de Hegel aussi bien sur le versant esthétique que sur celui de la morale et de la politique.

  • Extrait de “Introduction : le cosmopolitisme kantien”, par Caroline Guibet Lafaye

“Comme on le sait, le système kantien a été entrepris et mené à bien pour répondre à la question: « u’est-ce que l’homme? ». Philosophie de l’histoire et système critique ont été conçus, par Kant, ensemble. La philosophie critique est en effet là pour montrer que la liberté est réalisable dans la nature et qu’ainsi être homme n’est pas vain. La philosophie de l’histoire est précisément une pièce essentielle de cette téléologie. L’idée d’une histoire universelle est ainsi la pensée de la destination de l’homme dans le monde, ce qui a fait dire à certains commentateurs que «lesréflexions de Kant sur l’histoire non seulement s’accordent avec la pensée critique et pratique, mais l’accomplissent selon son essence “. La philosophie critique n’est donc pas, par accident, une philosophie de l’histoire car l’exigence pratique conduit jusqu’à la pensée de l’homme et de la réalisation de la liberté, dans la nature, par l’histoire humaine. Ainsi la philosophie de l’homme et la philosophie de l’histoire s’inscrivent dans le cadre de la philosophie critique comme le confirme aussi la date de parution des opuscules kantiens sur ces questions. En effet Kant n’a pas attendu d’avoir achevé son système pour publier ces réflexions: l’Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique date de 1784. Sa complète élucidation critique advient avec la Méthodologie de la Critique du jugement en 1790.”

  • Table des matières

Introductions: Yves Charles Zarka, Y a-t-il un concept politique de l’humanité?– Jean Ferrari, Présentation – Caroline Guibet Lafaye, Le cosmopolitisme kantien – I. Qu’est-ce que le cosmopolitisme ? – Yves Charles Zarka, Cosmopolitisme et hospitalité chez Kant – Monique Castillo, Pluralisme culturel et cosmopolitisme kantien – II. Cosmopolitisme et philosophie transcendantale – Jean Ferrari, Le cosmopolitisme de Kant entre l’idéalisme transcendantal et la réalité empirique – Bernard Bourgeois, Droit et force : le statut du droit cosmopolitique chez Kant – Caroline Guibet Lafaye, Le cosmopolitisme comme exigence morale – III. Les institutions juridiques du cosmopolitisme – Mai Lequan, Le repli kantien de la solution maximale d’une république mondiale vers la solution minimale d’une confédération d’États – Alain Boyer, La guerre, le commerce et l’étranger – Jean-Louis Vieillard-Baron, La nécessité d’une instance internationale et les limites de l’état moderne – IV. Du cosmopolitisme à la globalisation – Gérard Raulet, Habermas sur la paix perpétuelle – Emmanuel Picavet, Du non-mariage des États

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