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Archive pour 8.2.2008
Ce quelque chose de juif qui résiste
8.2.2008 par admin.
par Gérard Huber
Le Bord de l’eau Editions - Mars 2008
- Présentation
Luther, Kant, Marx, Heidegger : autant de figures majeures de l’esprit allemand dont la caractéristique est de penser le rapport au vivant en mettant le Juif à la place du mort.
L’hallucination du fantôme juif devient le moteur interne d’un discours qui, progressivement, tente de donner ses lettres de noblesse à la détestation, l’euthanasie, la dissolution puis l’abolition du judaïsme. Il n’en faut pas plus mais pas moins non plus pour que l’extermination des Juifs se prépare dans les universités allemandes.
Après Hitler, la Shoah, puis la chute du IIIe Reich, le fantôme court toujours. Chez les néo-marxistes et les post-heideggeriens, mais aussi chez les Islamistes : inexistence des Juifs, utopie du peuple juif, destruction de l’État d’Israël convergent dans la tête de ceux qui – négationnistes et anti-négationnistes ici étrangement réunis – ne s’expliquent pas que le judaïsme ne soit pas mort.
Des penseurs qui refusent de soumettre l’esprit allemand à une critique radicale, tentent d’arraisonner le fantôme et même de lui dire adieu : Levinas, Lyotard, Derrida, Badiou ; mais en vain, car ils évitent l’essentiel du problème : expliquer pourquoi il était dans la nature acritique de l’esprit allemand de justifier le meurtre, et comment il faut y renoncer.
Une nouvelle fois, c’est à l’esprit du judaïsme, mais à nouveaux frais, de donner le courage de ce détournement.
-
L’auteur
Psychanalyste et spécialiste de la bioéthique, Gérard Huber a publié de nombreux ouvrages notamment L’Homme Dupliqué, Editions de l’Archipel (2000), Guérir de l’antisémitisme, Le Serpent à Plumes (2005).
- Extrait de l’Introduction
L’objet de ce livre est d’étudier ce «je-ne-sais-quoi» de juif qui résiste aux multiples tentatives d’effacement entreprises à son endroit, depuis au moins plus de vingt-quatre siècles. Diverses stratégies intellectuelles, théologiques, philosophiques, idéologiques et politiques ont entrepris de l’arraisonner, de le dissoudre ou de l’exterminer. En vain! Aujourd’hui un nouvel assaut est donné. Nous allons tenter de comprendre l’enjeu de cette dramaturgie.
Mais en même temps, il s’agit de donner à voir et à comprendre la manière juive d’exprimer ou de donner du sens. Comme une étincelle d’éternité, l’esprit du judaïsme est une apparition disparaissante / renaissante qui ne cesse d’explorer les conditions de sa venue à l’existence. Il n’y a pas de judaïsme sans cette pulsion de savoir. Il faut en retrouver la vérité à chaque époque de l’histoire, y compris et surtout au lendemain d’une catastrophe - la Shoah - qui a tenté de la réduire à rien ou face à la menace qui revient.
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Table des matières
PREMIER CHAPITRE / LUTHER ET LA CONSTRUCTION DE L’ESPRIT COMME NÉGATIF DU JUDAÏSME // DEUXIÈME CHAPITRE / KANT ET L’EUTHANASIE DU JUDAÏSME // TROISIÈME CHAPITRE / HEGEL ET LE MEURTRE INTERMINABLE DU JUDAÏSME COMME IDÉAL DU MOI QUATRIÈME CHAPITRE / BORNE, HEINE, MARX & L’OMBRE DE LA « MÈRE ASSASSINÉE » // CINQUIÈME CHAPITRE / WAGNER ET LA MISE EN SCÈNE D’UN MONDE SANS JUDAÏSME // SIXIÈME CHAPITRE / HITLER ET LA PROMESSE DE RÉSURRECTION FAITE AU FANTÔME DE LA MÈRE MORTE // SEPTIÈME CHAPITRE / HEIDEGGER ET L’EXTERMINATION DU SIGNIFIANT « JUDE » // HUITIÈME CHAPITRE / LEVINAS ET L’ADIEU MANQUÉ AU FANTÔME // NEUVIEME CHAPITRE / LES EFFETS D’INCORPORATION DE L’ETRE-MORT DU GEIST // LYOTARD, DERRIDA, BADIOU & L’ADIEU MANQUE AU FANTOME // DIXIEME CHAPITRE / LE MIDRASH, LE “JUIF DU RETOUR” ET LA SHOAH // ONZIEME CHAPITRE / AUTRUI SANS SACRIFICE // CONCLUSION
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Gérard Huber sur le net
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La crise du logos ou Des utopies de la modernité
8.2.2008 par admin.
par Nelson Guzman
L’harmattan – “La philosophie en commun” - Janvier 2008
- Présentation
Le discours philosophique de la modernité s’est épuisé par son manque de respect à l’égard de l’histoire. Les grands métarécits sont arrivés à leur fin. Les promesses d’égalité et de tolérance ont été frustrées par le totalitarisme d’une conscience technologique qui a conféré la primauté à la technique sur le développement social et historique.
Ce texte recueille et expose de manière critique deux grands systèmes qui ont touché de près la pensée occidentale : la pensée philosophique hégélienne et la philosophie heideggérienne. Cette dernière a reconnu le poids spécifique de l’Être. L’Être heideggérien est ontique et ontologique.
Heidegger nous présente le développement d’une pensée philosophique dont la base de réflexion est le Dasein. C’est donc une pensée de la co-appartenance. L’auteur nous présente dans ce texte la confrontation de la pensée hégélienne avec la philosophie heideggérienne. Les catégories de l’esprit et de l’Etre sont confrontées de manière minutieuse. L’objet est l’historialité et la caractérisation de l’homme face au temps et à la mort et en rapport avec les problèmes de la finitude.
Quelques concepts de la dialectique hégélienne sont discutés : la furie de la destruction, l’histoire et la raison, celle-ci étant chez Hegel un élément critique et radical.
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L’auteur
Nelson Guzman est né à Cumana (Venezuela). Il est anthropologue et philosophe déplômé de l’Université Centrale du Venezuela. Il a obtenu son doctorat à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris (2002) et à l’Université de Paris 8, Vincennes-Saint-Denis (2001). Il est directeur des études de doctorat en Sciences Sociales de l’Université Centrale du Venezuela.
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Extrait de l’Avant-propos de Jacques Poulain
” L’auteur présente un écrit original où il interprète le diagnostic porté par Heidegger sur la modernité en le resituant à la fois dans l’analytique existentiale d’Être et Temps et dans la lecture des écrits philosophiques d’après la Kehre. L’originalité tient à ce que l’auteur ne se contente pas de situer la crise moderne du logos dans une métaphysique de la subjectivité, mais qu’il mesure cette crise en comparant les utopies qui meuvent cette modernité à l’utopie présente dans la pensée heideggérienne : l’utopie d’une écoute de l’Être qui donne à l’être la mesure des déceptions dont il fait l’expérience à travers l’utopie des sciences, celle des techniques et l’utopie politique.
Cette démarche autorise Nelson Guzman à confronter Heidegger aux auteurs de la modernité : Descartes, Spinoza, Kant, Fichte, Schelling et Hegel pour éclairer les limites ontothéologiques de leurs utopies, mesurées à l’aune de l’absolu dont elles se réclament et qu’elles substituent allègrement au rapport à la réalité de la rencontre historique de l’homme avec lui-même, mue par une question qui transcende les différentes figures d’aliénation (le savoir, le conatus, le vouloir, le goût ou la recognition et la réconciliation dans le concept): la question de l’Être que ces aliénations leur font précisément oublier. “
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Table des matières
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