Infos

Vous parcourez actuellement les archives du blog les-livres-de-philosophie-en-france de fév  .

Calendar
février 2008
L Ma Me J V S D
« jan   mar »
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
2526272829  

Archive pour fév  

Qu’est-ce qu’une société d’individus?

(sous la dir.) Sébastien Charles, Pierre-Henri Tavoillot

societe-individus.JPG

Liber - Octobre 2007
  • Présentation

De la communauté à la société, de la société de l’individu à la société hyperindividualiste, il semble que le mouvement historique suive une courbe constante marquée par le relâchement du lien social, la dissolution des normes collectives et les brisures dans la transmission du sens et de la mémoire. On doit pourtant s’étonner que la société soi-disant éclatée — ce qu’elle est aussi pour une bonne part — soit encore une société et qu’elle produise du lien. Comment l’expliquer? À l’origine de cet ouvrage il y a ce désir et ce défi de comprendre un peu mieux la «mystérieuse alchimie de l’univers contemporain» où «l’individualisme n’est pas seulement une force destructive, mais également une force de reconstruction». Les réflexions rassemblées ici permettent dans ce sens de relativiser l’individualisme triomphant aussi bien que d’apercevoir les exigences communes qui l’accompagnent.

  • Extrait de l’introduction

” Qu’est-ce qu’une société d’individus ? Cette question, il faut le reconnaître, est loin d’être nouvelle. Elle est déjà au coeur des premières théories classiques à partir de l’école du droit naturel et même au fondement de la sociologie. On peut le comprendre : dès lors que l’humanité sort du régime holiste de la communauté, où, pour reprendre la définition de Louis Dumont, le tout prime la partie, la collectivité humaine se trouve ébranlée dans son fondement. Si c’est l’individu qui constitue la valeur suprême, comment assurer le maintien pratique et la légitimité théorique du lien social ? Cette question, on le perçoit, accompagne l’ensemble du processus de la modernité au sens le plus large. Mais si elle prend aujourd’hui une intensité peut-être plus dramatique, c’est sans doute que les bornes en lesquels les penseurs et les acteurs tentaient de limiter l’individualisme semblent devenues de plus en plus fragiles et de plus en plus floues. L’individualisme intégral est-il devenu l’horizon indépassable de notre temps ? Est-ce la société elle-même qui se délite lentement sous nos yeux ?
Cette hypothèse radicale a été avancée maintes fois, et parfois avec brio dans le secteur des sciences humaines et sociales. Mais on préférera évoquer ici la vision d’un romancier, parce qu’aucune prudence méthodologique ne l’empêche de donner libre cours à son imagination. Dans La possibilité d’une île, Michel Houellebecq décrit la vie des «néo-humains», sorte de super-individus émancipés de toutes les contraintes qui entravaient leur liberté. Ils sont débarrassés de la naissance (grâce au clonage), de l’enfance et de la mort (grâce à une sorte de programmation-conditionnement mémoriel de leur esprit) ; ils sont, du même coup, débarrassés de l’éducation et du travail, de la sexualité et de l’amour. Ils vivent tranquilles, isolés dans leurs demeures, avec pour seule compagnie un petit animal domestique, lui aussi clone éternellement. Leur existence se coule en sereines méditations, plus ou moins métaphysiques, rythmée par quelques contacts épisodiques via Internet avec d’autres néo-humains. Ils échangent quelques poésies et des commentaires sur la vie absurde de leurs «ancêtres» grégaires et leur aspiration à la vie pleine de promesses (certes, un peu floues) des «Futurs». Bref, les néo-humains s’ennuient à mourir… mais comme ils ne meurent pas, eh bien, ils sont heureux. “

  • Table des matières (& auteurs)

Première partie
Du gouvernement de soi au gouvernement des autres
Alain Renaut,
Penser le pouvoir après la fin de l’autorité
Pierre-Henri Tavoillot
Le récit de vie: planche de salut pour l’individu hypermoderne
Éric Deschavanne,
L’authenticité comme idéal individualiste de la maturité adulte
Paul Zawadzki
Le temps individualiste dévore-t-il ses enfants?
Sébastien Charles
De l’individualisme à l’hyperindividualisme

Deuxième partie
Soi-même face aux autres
Luc Bégin
Un conflit des identités? La régulation par l’éthique en milieu de travail
Justine Martin
Individualisme et communautarisme: un débat français
Claude Gélinas
Individualisme autochtone et logique de l’ancestralité au Canada
Ludivine Thiaw-Po-Une
L’université à l’âge de l’individualisme démocratique:
une «aristocratie pour tout le monde» est-elle possible?
Julie Perreault
L’«expérience féminine» et la question du pouvoir.
De Carol Gilligan à Michel Foucault

  • Dossier de presse, critique (à venir)

 

Le besoin de l’impossible

Impasses collectives et promesses d’avenir

par Patrick Lynes

lynes.JPG

Liber  - 2007
  • Présentation

Le besoin de l’impossible, tout homme l’éprouve d’une manière ou d’une autre, le déshérité comme celui qui vit dans l’opulence, l’exploité comme celui qui en profite, le croyant comme celui qui ne jure que par l’objectivité scientifique. Au même titre que la sensibilité et la raison, ce besoin de l’impossible est une caractéristique fondamentale de l’homme; lui seul peut rêver, imaginer, espérer, se représenter l’invraisemblable ; la puissance absolue, la liberté absolue, la vérité absolue. Lui seul peut nier la réalité au point d’envisager l’immortalité. Lui seul est capable de se mesurer à l’impossible.»
Mais qu’en est-il de ce besoin à une époque où l’idéal a cédé la place à l’idéalisation de soi ou à la rigidité de causes sectaires, où l’individualisme n’ouvre sur aucun horizon, où la rationalité instrumentale réduit chacun de nous à un ensemble de variables biophysiques, où la logique marchande calcule nos moindres désirs ? C’est sur ces questions que s’arrête la réflexion consignée dans cet ouvrage qui rappelle l’urgente nécessité, individuelle autant que collective, de retrouver un élan porté par l’impossible.

  • L’auteur

Patrick Lynes est psychologue en pratique privée et chargé de cours à la faculté de l’éducation permanente de l’université de Montréal et au département de psychologie de l’université de Sherbrooke.

  • Extrait de l’introduction

Personne ne peut prédire l’avenir. Qui peut affirmer ce que sera l’homme de demain, ses échecs, ses victoires, sa nature même ? Il est cependant possible d’en imaginer quelques tangentes à partir de l’expérience du passé et des observations de la conjoncture actuelle. Ainsi la perspective d’un monde futur chaotique en proie à un individualisme primaire et celle d’un monde futur étroitement régulé qui ne fait plus place à l’individualité coexistent aujourd’hui et sont déjà en partie actualisées. La direction qu’empruntera l’huma­nité n’est pourtant pas prédéterminée et elle repose en germe en chacun de nous. En effet, que l’on en soit conscient ou non, le mode de vie que nous adoptons, les buts que nous poursuivons découlent de nos choix personnels. Et ce, même chez ceux qui «choisissent» de ne pas choisir et de se laisser porter par l’air du temps. Ces choix personnels se fondent sur des valeurs et des convictions, qui véhiculent implicitement une certaine conception de l’existence et de la nature humaine. Depuis quelque temps, tout occupés que nous sommes à nous adapter ponctuellement à un monde en mutation et habités par un sentiment d’urgence permanente, nous n’avons guère le loisir de nous interroger sur cette nature. Nous sommes pourtant en train de la profiler par le mode d’existence que nous adoptons. Il est aujourd’hui essentiel, me semble-t-il, que chacun de nous s’interroge sur ce qui fonde notre humanité et sur ce qu’il est souhai­table d’en préserver. C’est dans le but de contribuer à cette démarche d’appropriation de nos orientations personnelles et collectives que j’ai entrepris la rédaction de cet ouvrage. On y trouvera un aperçu de la réalité humaine avec sa diversité, son universalité, ses conquêtes, ses forces et ses contradictions. Je tenterai aussi de faire valoir les conditions psychiques qui rendent possible une vision d’avenir élargie qui sache tabler sur la diversité des modes de rapport au monde plutôt que chercher à éliminer systématiquement ceux qui sont ponctuellement perçus comme inefficaces ou dépassés.

  • Table des matières

Chap.1 : S’interroger sur la nature humaine ?
Chap.2 : L’ordre des choses
Chap.3 : De l’individu émancipé au règne de la raison
Chap.4 : Une humanité en déroute
Chap.5 : Le cheminement moral
Chap.6 : Intégrisme économique, intégrisme religieux
Chap.7 : Se mesurer à l’idéal
Chap.8 : Le besoin de l’impossible

Le Mal propre. Polluer pour s’approprier ?

Par Michel Serres

serres.JPG 

Editions Le Pommier - “Essais Manifestes” - Mars 2008

  • Présentation

Les tigres pissent pour délimiter leur niche. Ainsi font sangliers et chamois. Mimons-nous ces animaux ? Je le crains, je le vois, je le sens. Quiconque crache dans la soupe ou la salade s’en assure la propriété. Vous ne couchez pas dans des draps salis par un autre ; ils sont désormais à lui. Pour pouvoir recevoir ses clients, un hôtel, un restaurant, inversement, nettoient lit et serviettes. L’éthologie, science des conduites animales, comme les pratiques hospitalières – mais aussi l’histoire des religions, les techniques agricoles, même la sexologie… - montrent le rapport étrange et répulsif entre le sale et la propriété.

Oui, notre propre, c’est notre sale.

Poursuivant une méditation, commencée avec le Contrat Naturel, sur les risques d’aujourd’hui, ce livre dit que les pollueurs salissent le monde pour se l’approprier. Rien de changé depuis les chiens et les tigres ! Comment pollue-t-on ? Nous commençons à le comprendre. Mais pourquoi polluer ? Ce livre répond à la question. Attachées seulement aux questions de chimie et de médecine, les études actuelles sur l’environnement négligent ces projets, simplement humains, d’expansion et d’emprise. Nos volontés d’appropriation sont dangereuses. Mais nous pouvons changer nos intentions.

Michel Serres

  • L’auteur

Professeur à Stanford University, membre de l’Académie française, Michel Serres est l’auteur de nombreux essais philosophiques et d’histoire des sciences. Il est l’un des rares philosophes contemporains à proposer une vision du monde ouverte et optimiste, fondée sur une connaissance des humanités et des sciences.

  • Extrait (p.5)

” Le tigre pisse aux limites de sa niche. Le lion et le chien aussi bien. Comme ces mammifères carnassiers, beaucoup d’animaux, nos cousins, marquent leur territoire de leur urine, dure, puante; et de leurs abois ou de leurs chansons douces, comme pinsons et rossignols.

Marquer: ce verbe a pour origine la marque du pas, laissée sur la terre par le pied. Les putains d’Alexandrie, jadis, avaient coutume, dit-on, de ciseler, en négatif, leurs initiales sous la semelle de leurs sandales, pour que, les lisant, imprimées sur le sable de la plage, le client éventuel reconnaisse la personne désirée en même temps que la direction de sa couche. Les présidents des grandes marques reproduites par les publicitaires sur les affiches des villes jouiront sans doute, ensemble, d’apprendre qu’ils descendent en droite ligne, comme de bons fils, de ces putains-là. “

  • Table des matières

L’URINE, FUMIER, SANG, SPERME - Les fondements vécus du droit de propriété
Le propre et le sale : usages animaux, usages humains
Sang, cadavres : usages paysans et sacrificiels
Le fil rouge : usages et abus commerciaux
Sperme : abus sexuel 
ORDURES, IMAGES, SONS - Matières et signes
Pollution dure : abus matériels
Pollution douce : abus messagers
La dépossession du monde
Envoi : abus et usages individuels

  • Document, Dossier de presse

Alliage n°61

Où va la science ?

 alliage.jpg

n°61 – décembre 2007

  • “La recherche confisquée par l’innovation marchande”, par Jacques Testard (extrait)

« C’est parce que la science n’a pas, ou n’a plus, pour but de con-naître le monde (le comprendre, créer des concepts) mais de le maîtriser (agir avec efficacité, créer et gérer des outils) que s’impose un devoir de contrôle social sur l’activité technoscientifique. Comme sur n’importe quelle activité qui échappe à l’émotion, à l’intelligence, à la poésie, pour se vouer à la quête d’efficacité et de compétitivité, sans avoir pour objectif réel l’intérêt des populations. En effet, à l’exception de quelques rares îlots de recherche fondamentale (plutôt en mathématique et physique théorique), la science s’est muée en technoscience, activité inalisée vers une valorisation à court terme, ou les voies de recherche, les recrutements, et les crédits sont focalisés sur quelques thématiques dites prioritaires. Ainsi, la ministre de la Recherche s’étonnait récemment (juin 2007) en apprenant par ses collègues européens que leurs priorités de recherche sont les mêmes que les nôtres… Comme si le capital international pouvait laisser place à des fantaisies territoriales ! Puisque ces thématiques absorbent l’essentiel du budget de la recherche publique (et la quasi-totalité des contributions du secteur caritatif comme du secteur privé au financement de la recherche), cela prive la recherche non fléchée des moyens nécessaires à sa survie, si bien que cette politique d’exclusion prépare aussi un recul de la connaissance. «  (p.24)

  • Table des matières

alliage3.JPG

  • Alliage : en savoir plus

* Le vecteur d’une réflexion de fond sur les rapports de la culture, de la technoscience et de la société.
* Un lieu où la création culturelle rencontre la recherche scientifique.
* Un outil d’information sur les réalisations de la culture scientifique et technique, les livres, films, expositions, etc.

Si vous voulez correspondre avec Alliage Cliquez ici

Directeur de la publication
Jean-Marc Lévy-Leblond

Directrice de la rédaction
Roselyne Chaumont
Siège social, rédaction, abonnements
Alliage, IUFM, 89 avenue George V, 06000 Nice

Tél. +33 04 93 86 87 93
Fax +33 04 93 96 82 62
Diffusion librairies
Éditions du Seuil
27 rue Jacob
F - 75006 Paris

Site Internet : http://www.tribunes.com/tribune/alliage/accueil.htm

Ce quelque chose de juif qui résiste

par Gérard Huber

 

huber_juif_qui_resiste.jpg

 

Le Bord de l’eau Editions - Mars 2008

  • Présentation

Luther, Kant, Marx, Heidegger : autant de figures majeures de l’esprit allemand dont la caractéristique est de penser le rapport au vivant en mettant le Juif à la place du mort.
L’hallucination du fantôme juif devient le moteur interne d’un discours qui, progressivement, tente de donner ses lettres de noblesse à la détestation, l’euthanasie, la dissolution puis l’abolition du judaïsme. Il n’en faut pas plus mais pas moins non plus pour que l’extermination des Juifs se prépare dans les universités allemandes.

Après Hitler, la Shoah, puis la chute du IIIe Reich, le fantôme court toujours. Chez les néo-marxistes et les post-heideggeriens, mais aussi chez les Islamistes : inexistence des Juifs, utopie du peuple juif, destruction de l’État d’Israël convergent dans la tête de ceux qui – négationnistes et anti-négationnistes ici étrangement réunis – ne s’expliquent pas que le judaïsme ne soit pas mort.
Des penseurs qui refusent de soumettre l’esprit allemand à une critique radicale, tentent d’arraisonner le fantôme et même de lui dire adieu : Levinas, Lyotard, Derrida, Badiou ; mais en vain, car ils évitent l’essentiel du problème : expliquer pourquoi il était dans la nature acritique de l’esprit allemand de justifier le meurtre, et comment il faut y renoncer.

Une nouvelle fois, c’est à l’esprit du judaïsme, mais à nouveaux frais, de donner le courage de ce détournement.

  • L’auteur

Psychanalyste et spécialiste de la bioéthique, Gérard Huber a publié de nombreux ouvrages notamment L’Homme Dupliqué, Editions de l’Archipel (2000), Guérir de l’antisémitisme, Le Serpent à Plumes (2005).

  • Extrait de l’Introduction

L’objet de ce livre est d’étudier ce «je-ne-sais-quoi» de juif qui résiste aux multiples tentatives d’effacement entreprises à son endroit, depuis au moins plus de vingt-quatre siècles. Diverses stratégies intellectuelles, théologiques, philosophiques, idéologiques et politiques ont entrepris de l’arraisonner, de le dissoudre ou de l’exterminer. En vain! Aujourd’hui un nouvel assaut est donné. Nous allons tenter de comprendre l’enjeu de cette dramaturgie.

Mais en même temps, il s’agit de donner à voir et à comprendre la manière juive d’exprimer ou de donner du sens. Comme une étincelle d’éternité, l’esprit du judaïsme est une apparition disparaissante / renaissante qui ne cesse d’explorer les conditions de sa venue à l’existence. Il n’y a pas de judaïsme sans cette pulsion de savoir. Il faut en retrouver la vérité à chaque époque de l’histoire, y compris et surtout au lendemain d’une catastrophe - la Shoah - qui a tenté de la réduire à rien ou face à la menace qui revient.

  • Table des matières

PREMIER CHAPITRE / LUTHER ET LA CONSTRUCTION DE L’ESPRIT COMME NÉGATIF DU JUDAÏSME // DEUXIÈME CHAPITRE / KANT ET L’EUTHANASIE DU JUDAÏSME  // TROISIÈME CHAPITRE / HEGEL ET LE MEURTRE INTERMINABLE DU JUDAÏSME COMME IDÉAL DU MOI QUATRIÈME CHAPITRE / BORNE, HEINE, MARX & L’OMBRE DE LA « MÈRE ASSASSINÉE » // CINQUIÈME CHAPITRE / WAGNER ET LA MISE EN SCÈNE D’UN MONDE SANS JUDAÏSME // SIXIÈME CHAPITRE / HITLER ET LA PROMESSE DE RÉSURRECTION FAITE AU FANTÔME DE LA MÈRE MORTE // SEPTIÈME CHAPITRE / HEIDEGGER ET L’EXTERMINATION DU SIGNIFIANT « JUDE » // HUITIÈME CHAPITRE / LEVINAS ET L’ADIEU MANQUÉ AU FANTÔME // NEUVIEME CHAPITRE / LES EFFETS D’INCORPORATION DE L’ETRE-MORT DU GEIST // LYOTARD, DERRIDA, BADIOU & L’ADIEU MANQUE AU FANTOME // DIXIEME CHAPITRE / LE MIDRASH, LE “JUIF DU RETOUR” ET LA SHOAH // ONZIEME CHAPITRE / AUTRUI SANS SACRIFICE // CONCLUSION

  • Gérard Huber sur le net

hubervideo.JPG

http://www.akadem.org

http://www.gerardhuber.fr