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Archive pour 30.1.2008
L’Art d’ordonner le monde. Usages de Machiavel
30.1.2008 par admin.
par André-Marie Yinda Yinda
Avant-propos de Pierre Manent
L’Harmattan - “Pouvoirs comparés” - Janvier 2008
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Résumé de l’ouvrage
A travers le texte et plus généralement la pensée de Machiavel, en scrutant précisément la fécondante intuition qui en travaille les moments de signification les moins travaillés, l’idée est de faire du concept de monde un projet politique en soi. Sa création est un travail permanent. Son étendue est structurée autour d’une géographie des intérêts souverains. Son articulation historique dévoile, tout au long de la modernité, une incommensurable fragilité dont se servent les plus habiles pour organiser et maintenir à leur avantage les rapports de pouvoir entre les nations.
L’intérêt de se servir de Machiavel pour comprendre cette banalité de la vie internationale est double. Il s’agit d’abord du dévoilement d’une vérité effective des pratiques largement répandues mais régulièrement marginalisées dans les discours, théories et philosophies sur les relations internationales. C’est également une contribution au renouvellement de cette pensée structurante des arts de conduire le bien commun qu’est le machiavélisme en débordant le cadre étroit de la souveraineté nationale pour pointer le sens du face-à-face entre les intelligences intéressées quel que soit leur niveau d’expression.
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L’auteur
André Marie Yinda Yinda est philosophe, enseignant, chercheur et consultant politique. Après avoir enseigné la philosophie politique à l’Université de Yaoundé I et l’Histoire des idées politiques au Grand Séminaire Régional Paul VI de Bafoussam, il a été Chercheur associé au Groupe de Recherches Administratives, Politiques et Sociales (GRAPS) de l’Université de Yaoundé 2 et au Centre de Recherches Politiques Raymond Aron de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales (EHESS) à Paris. Lauréat du Prix Raymond Aron 2005, très actif dans le domaine de l’innovation des idées politiques, il dirige actuellement Afropolis consultants.
- Extrait (Début de l’Introduction, p. 13)
« L’art machiavélien de mettre le monde en ordre est le fruit du renoncement d’au moins trois hypothèses liées à la problématique « cosmopolitique », celle qui a vocation, en philosophie, à s’occuper de la constitution politique du monde.
La première hypothèse concerne le jeu de mots entre cosmos et polis qui aurait pu donner lieu à un double entendement : cosmos comme polis c’est-à-dire l’univers, le monde entier, ordonné comme une cité, d’un côté, et, de l’autre, polis comme cosmos, autrement dit la cité, le politique comme univers ordonné en soi, comme un monde à part. Une bonne économie du concept « cosmo-politique » aurait pu y trouver matière à féconder idées, arguments et perspectives pour mettre en route le présent débat. Une relation aurait pu s’établir avec précisément l’idée machiavélienne de l’autonomie du politique vis-à-vis des autres secteurs du vivre ensemble. Mais il a fallu se mettre en réserve à cause de l’improbable articulation de ce jeu de mots et ses éventuelles complexifications dans une écriture machiavélienne du politique qui, si l’on s’en tient à la connaissance que propose PareI, n’a de référence au cosmos qu’en termes purement astrologiques et ne mesure ses effets sur l’ordre du monde qu’à travers les prismes d’une survivance « métaphysique » venue du Moyen-Age. »
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Table des matières
Avant-propos de Pierre Manent - INTRODUCTION - PREMIERE PARTIE : GENEALOGIE COMMUNE DU POLITIQUE - LE PLI POLITIQUE DE L’HUMANITE - De l’état de nature à l’état civil - De l’état civil à l’état de nature - LES DEUX INTERFACES DE L’HISTOIRE - Entre l’ancien et l’actuel - Entre virtù et fortuna - UNE RATIONALITE D’ETAT - La sécurité, condition de l’Etat « La fin justifie les moyens » - « AU FIL DE L’EPEE » - L’intelligence de la guerreLa mesure des rapports de force - DEUXIEME PARTIE : UNE COSMOGRAPHIE DE LA SOUVERAINETE - LE POUVOIR SOUVERAIN EST D’ETAT : DISCURSIVITE - Le conflit des traductions - Le conflit des interprétations - LA SOUVERAINETE ENTRE TERRITOIRE ET VERTU : OPERATIVITE - L’inscription territoriale - La transcription « vertueuse » - LES SOUVERAINETES REGLENT LE MONDE : NORMATIVITE - Une économie de la violence - Le principe de nécessité comme modalité de règlement - DE LA CITOYENNETE A LA SOUVERAINETE : TRAVERSEE - De la subjectivité à la souveraineté - Principautés et souverainetés - TROISIEME PARTIE : UNE MODERNITE INTERNATIONALE - UNE GENESE WESTPHALIENNE - Structure géopolitique - Stratégie internationale - A L’EPREUVE DU SYSTEME INTERNATIONALE - Pratiques politiques - Réceptions théoriques - LA SUBJECTIVATION INTERNATIONALE - Identification - Rationalisations de soi - LA CIVILITE INTERNATIONALE - Réserves orthodoxes - Rémanences hétérodoxes - CONCLUSION - BIBLIOGRAPHIE - NOTES
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Critiques
Le Jour, quotidien (écrit par Jean-Philippe Nguemeta)
“André -Marie Yinda Yinda revisite le machiavélisme aujourd’hui et trouve qu’il aide à déterminer le bien d’une nation.
L’art d’ordonner le monde. Usages de Machiavel est le tout premier ouvrage du philosophe camerounais André- Marie Yinda Yinda , paru chez l’Harmattan en fin décembre 2007.
A travers le texte, l’auteur veut dégager les aspects les plus cachés de la pensée de Machiavel. L’idée est de faire du concept de monde un projet politique en soi, une construction permanente. Il s’agit de structurer des intérêts souverains, propres et justes à tous les Etats du monde. Son articulation historique dévoile, tout au long de la modernité, une incommensurable fragilité dont se servent les plus habiles pour organiser et maintenir à leur avantage les rapports de pouvoir entre les nations. L’intérêt de se servir de Machiavel pour comprendre cette banalité de la vie internationale est double. Il s’agit d’abord de dévoiler la réalité des pratiques largement répandues mais régulièrement marginalisées dans les discours et autres théories sur les relations internationales. Autrement dit, l’objectif est de mettre à nu les différentes manières indirectes d’agir fondées sur la ruse, le mensonge comme principe stratégique permettant de préserver les intérêts. En réalité, la ruse telle que formulée par Machiavel dans le Prince est réfléchie, calculée, prévoyante. Elle emporte sur la bonne foi et est à l’œuvre dans les relations nationales et internationales. L’art de gouverner se ramène à l’art de dissimuler, de stimuler, de simuler, de manipuler.” > lire la suite
Posté dans Philosophes Renaissance, Politique | Aucun commentaire »