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La Vérité en contrebande n°22

Novembre 2007

Athéisme(s), Religion(s), Politique

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  • Présentation (extrait de l’”Avertissement”)

” Ce numéro centré sur le thème Religion( s), athéisme(s), Politique, et l’angle sous lequel nous avons voulu le traiter, pourra dérouter quelques lecteurs impatients d’en découdre avec Dieu ou la religion. Au sein de la rédaction, nous nous sommes nous-mêmes interrogés sur l’opportunité de publier un numéro spécial sur ces questions controversées. Pour la plupart d’entre nous prévalaient les idées reçues et les routines de pensée, communément admises par tout athée ordinaire. Curieusement aussi, de telles idées reçues tendaient à poser la question de la religion et de l’athéisme en termes de bien ou de mal. Du côté du bien, cela allait de soi, on devait positionner l’athéisme, du côté du mal ou du mauvais, les croyances et dogmes religieux.Toutefois, placés devant la nécessité de proposer des articles qui ne se bornent pas à louer ou à dénoncer, et soucieux de respecter l’orientation de la revue, qui consiste à analyser et non à proférer de simples opinions, nous nous sommes aperçus qu’en dehors de quelque formules, nous ne connaissions pas beaucoup de choses sur la question, tant au niveau des contenus qu’à propos des enjeux politiques qui en découlent. En fin de compte, nous avons pris conscience qu’il s’agissait de poser le débat au plan philosophique, ce qui nous a contraint à reconsidérer, à propos de chaque religion, mais aussi de chaque type d’athéisme, la question des fondements de toute «morale publique », comme celle de l’opposition entre conceptions matérialistes et idéalistes. “

  • Table des matières

Avertissement

LECTURES

Hélène LAFREGERE, CONCEPTIONS RELIGIEUSES ET IRRELIGIEUSES D’ASSERVISSEMENT
– Athéisme ou liberté de l’état de nature? Michel Onfray, Traité d’athéologie
– Anti-athéisme ou anti-communisme? Mathieu Baumier, L’anti-traité d’athéologie
– Comment s’abandonner au grand Tout de l’Etre? André Comte-Sponville, L’esprit de l’athéisme

TEXTES

RELIGIONS ET ATHEISMES. LA QUESTION DES ENJEUX POLITIQUES
Gramsci, Théologie chrétienne et matérialisme
Marx, Lutter contre la religion ou contre un monde qui a besoin de religion ?
Robespierre, Culte de l’Être suprême et défense du bien public

PEUT-ON COMBATTRE «L’OBSCURANTISME» PAR L’IGNORANCE ?
Jeanne BENIGNE, Distinguer les principes de différentes religions
À propos des allégeances à Nietzsche
Bernard LEPETIT, La migration de thématiques fascisantes d’un extrême à l’autre. Les paganismes de la

Nouvelle Droite.Raymond CASAS, Politique et religion dans la résistance en Loir-et-Cher
Sylvain CASTELLAN, Liberté de culte et de conscience en URSS de 1917 à 1945

En savoir plus : www.laveriteencontrebande.net

L’Art d’ordonner le monde. Usages de Machiavel

par André-Marie Yinda Yinda

Avant-propos de Pierre Manent

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L’Harmattan - “Pouvoirs comparés” - Janvier 2008

  • Résumé de l’ouvrage

A travers le texte et plus généralement la pensée de Machiavel, en scrutant précisément la fécondante intuition qui en travaille les moments de signification les moins travaillés, l’idée est de faire du concept de monde un projet politique en soi. Sa création est un travail permanent. Son étendue est structurée autour d’une géographie des intérêts souverains. Son articulation historique dévoile, tout au long de la modernité, une incommensurable fragilité dont se servent les plus habiles pour organiser et maintenir à leur avantage les rapports de pouvoir entre les nations.  

L’intérêt de se servir de Machiavel pour comprendre cette banalité de la vie internationale est double. Il s’agit d’abord du dévoilement d’une vérité effective des pratiques largement répandues mais régulièrement marginalisées dans les discours, théories et philosophies sur les relations internationales. C’est également une contribution au renouvellement de cette pensée structurante des arts de conduire le bien commun qu’est le machiavélisme en débordant le cadre étroit de la souveraineté nationale pour pointer le sens du face-à-face entre les intelligences intéressées quel que soit leur niveau d’expression.

  • L’auteur

André Marie Yinda Yinda est philosophe, enseignant, chercheur et consultant politique. Après avoir enseigné la philosophie politique à l’Université de Yaoundé I et l’Histoire des idées politiques au Grand Séminaire Régional Paul VI de Bafoussam, il a été Chercheur associé au Groupe de Recherches Administratives, Politiques et Sociales (GRAPS) de l’Université de Yaoundé 2 et au Centre de Recherches Politiques Raymond Aron de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales (EHESS) à Paris. Lauréat du Prix Raymond Aron 2005, très actif dans le domaine de l’innovation des idées politiques, il dirige actuellement Afropolis consultants. 

  • Extrait (Début de l’Introduction, p. 13)

« L’art machiavélien de mettre le monde en ordre est le fruit du renoncement d’au moins trois hypothèses liées à la problématique « cosmopolitique », celle qui a vocation, en philosophie, à s’occuper de la constitution politique du monde.

La première hypothèse concerne le jeu de mots entre cosmos et polis qui aurait pu donner lieu à un double entendement : cosmos comme polis c’est-à-dire l’univers, le monde entier, ordonné comme une cité, d’un côté, et, de l’autre, polis comme cosmos, autrement dit la cité, le politique comme univers ordonné en soi, comme un monde à part. Une bonne économie du concept « cosmo-politique » aurait pu y trouver matière à féconder idées, arguments et perspectives pour mettre en route le présent débat. Une relation aurait pu s’établir avec précisément l’idée machiavélienne de l’autonomie du politique vis-à-vis des autres secteurs du vivre ensemble. Mais il a fallu se mettre en réserve à cause de l’improbable articulation de ce jeu de mots et ses éventuelles complexifications dans une écriture machiavélienne du politique qui, si l’on s’en tient à la connaissance que propose PareI, n’a de référence au cosmos qu’en termes purement astrologiques et ne mesure ses effets sur l’ordre du monde qu’à travers les prismes d’une survivance « métaphysique » venue du Moyen-Age. »

  • Table des matières

Avant-propos de Pierre Manent - INTRODUCTION - PREMIERE PARTIE : GENEALOGIE COMMUNE DU POLITIQUE  - LE PLI POLITIQUE DE L’HUMANITE - De l’état de nature à l’état civil - De l’état civil à l’état de nature - LES DEUX INTERFACES DE L’HISTOIRE - Entre l’ancien et l’actuel - Entre virtù et fortuna - UNE RATIONALITE D’ETAT - La sécurité, condition de l’Etat « La fin justifie les moyens » - « AU FIL DE L’EPEE » - L’intelligence de la guerreLa mesure des rapports de force - DEUXIEME PARTIE : UNE COSMOGRAPHIE DE LA SOUVERAINETE  - LE POUVOIR SOUVERAIN EST D’ETAT : DISCURSIVITE - Le conflit des traductions - Le conflit des interprétations - LA  SOUVERAINETE ENTRE TERRITOIRE ET VERTU : OPERATIVITE - L’inscription territoriale - La transcription « vertueuse » - LES SOUVERAINETES REGLENT LE MONDE : NORMATIVITE - Une économie de la violence - Le principe de nécessité comme modalité de règlement - DE LA CITOYENNETE A LA SOUVERAINETE : TRAVERSEE - De la subjectivité à la souveraineté - Principautés et souverainetés - TROISIEME PARTIE : UNE MODERNITE INTERNATIONALE - UNE GENESE WESTPHALIENNE - Structure géopolitique - Stratégie internationale - A L’EPREUVE DU SYSTEME INTERNATIONALE - Pratiques politiques - Réceptions théoriques - LA SUBJECTIVATION  INTERNATIONALE - Identification - Rationalisations de soi - LA  CIVILITE  INTERNATIONALE - Réserves orthodoxes - Rémanences hétérodoxes - CONCLUSION - BIBLIOGRAPHIE - NOTES

  • Critiques

Le Jour, quotidien (écrit par Jean-Philippe Nguemeta)

“André -Marie Yinda Yinda  revisite le machiavélisme aujourd’hui et trouve qu’il  aide à déterminer le bien d’une nation.

L’art d’ordonner le monde. Usages de Machiavel est le tout premier ouvrage du philosophe camerounais André- Marie Yinda Yinda ,  paru chez  l’Harmattan en fin  décembre 2007.

A travers le texte, l’auteur  veut dégager les aspects les plus cachés de la pensée de Machiavel. L’idée  est de faire du concept de monde un projet politique en soi, une construction permanente. Il s’agit de structurer des intérêts souverains, propres et justes  à tous les Etats du monde. Son articulation historique dévoile,  tout au long de la modernité, une incommensurable fragilité dont se servent les plus habiles pour organiser et maintenir à leur avantage les rapports de pouvoir entre les nations. L’intérêt de se servir  de Machiavel pour comprendre cette banalité de la vie internationale est double. Il s’agit  d’abord de dévoiler la réalité des pratiques largement répandues  mais régulièrement marginalisées dans les discours et autres théories sur les relations internationales. Autrement dit, l’objectif est de mettre à nu les différentes manières indirectes d’agir fondées sur la ruse, le mensonge comme principe stratégique permettant  de préserver les intérêts. En réalité, la ruse telle que formulée par Machiavel dans le Prince est réfléchie, calculée, prévoyante. Elle emporte sur la bonne foi et est à l’œuvre  dans les relations nationales et internationales. L’art de gouverner se ramène à l’art de dissimuler, de stimuler, de simuler, de manipuler.” > lire la suite

Sociologie comtienne. Genèse et devenir

par Lelita Oliveira Benoit

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L’Harmattan - “Epistémologie et philosophie des sciences” - Décembre 2007

  • Présentation de l’Editeur

Voici un ouvrage qui servira de référence, et pas seulement au Brésil, car il devrait atteindre une audience internationale et marquer désormais les études comtiennes. La méthode d’analyse adoptée par Lelita Benoit lui permet en particulier de donner un éclairage inédit sur la première genèse de la pensée de Comte, en examinant les textes de ses débuts (ceux de la première période, de 1817 à 1826) avec autant de rigueur que ceux de la maturité. Parmi ces textes figurent notamment les articles, souvent négligés par des commentateurs aussi prestigieux que Henri Gouhier et R. Mauduit, et publiés sous la signature de Henri de Saint-Simon, dont il était le secrétaire particulier, dans le troisième volume de l’éphémère revue de ce dernier, l’Industrie. (Michel Paty, CNRS et Université Paris 7 - Denis Diderot).

Il n’est pas excessif de dire que le livre de Lelita Benoit constitue une lecture obligatoire pour tous ceux qui travaillent sur le terrain des sciences humaines, ou qui s’y intéressent. En effet, bien que ce livre étudie la genèse et le devenir de la sociologie comtienne, c’est bien de la genèse des sciences sociales dans leur ensemble qu’il traite. (Marilena Chauí, Université de São Paulo, Brésil).

  • L’auteur

Lelita Oliveira Benoit : Docteur en Philosophie au Département de Philosophie de la Faculté de Philosophie, Lettres et Sciences Humaines (FFLCH) de l’Université de São Paulo (USP), Brésil. Elle a collaboré, en France, aux REHEIS et au CNRS, effectué des recherches dans divers fonds, en particulier à la BN ainsi qu’à la Maison d’Auguste Comte. Postérieurement, elle s’est consacrée à l’étude de l’oeuvre de Saint-Simon, maître et collaborateur du jeune Auguste Comte.

  • Extrait

“  Les textes les plus importants d’Auguste Comte, ayant pour but la fondation théorique de la sociologie, ont été écrits à partir de 1822. Cependant, j’ouvrirai cette étude par l’analyse de la production comtienne qui les a précédés, et qui est généralement méconnue. Dans la Partie 1 (De l’Économie politique à l’histoire), je devrai parcourir des textes qui ont été écrits encore sous une influence supposée de Henri de Saint-Simon, avec lequel Comte a maintenu une étroite collaboration intellectuelle et politique. Le projet d’une « science sociale positive », c’est-à-dire d’une théorie sociale capable de dépasser les « métaphysiques révolutionnaires » qui depuis Platon jusqu’au communisme moderne ont déstabilisé la société occidentale, appartient à cette période.
Mais l’essentiel de cette période, qui va de 1817 à 1819, réside dans le fait qu’une tentative de fonder la théorie sociale sous le paradigme de l’économie politique classique, principalement celle d’orientation smithienne, atteint sa pleine expression et se développe. Comme j’aurai l’occasion de le montrer, plusieurs problèmes et contradictions ont marqué les textes de cette période, par lesquels nous pouvons suivre le développement de la réflexion comtienne.
Dans le texte écrit avec Saint-Simon (ou sous son influence), L’Industrie, l’économie politique surgit comme modèle théorique d’une étude de la « société industrielle », mais avec de sévères critiques de ses limitations théoriques supposées. Bientôt, cependant, Comte abandonnera non seulement son maître Saint-Simon, mais aussi l’attitude critique par rapport aux économistes. Je parcourrai donc une série de textes où l’économie politique surgit, de manière significative, comme le paradigme théorique dominant.
Ce « choix épistémologique » sera cependant, comme je l’ai dit, aussitôt renié et cela pour des raisons bien précises. L’économie politique, comme Comte l’écrira quelques années plus tard, en 1826, témoignait d’une totale incapacité de réflexion sur « le grave problème social du XIXe siècle ». En 1826, contre le libéralisme économique, Comte défendra la thèse selon laquelle les relations sociales modernes devraient être réglementées ; mais, d’un autre côté, il refusera aussi tout modèle de plan économique de type « métaphysique-socialiste » (Rousseau, Saint-Simon ou Marx). ” (Début de l’Introduction, p. 23)

  • Documents annexes

Du même auteur, lire aussi :La souveraineté politique de la volonté générale comme « illusion métaphysique » (Comte, lecteur de Rousseau)

Résumé
L’essai suivant constitue une présentation et analyse, d’un point de vue encore jamais choisi, du concept de souveraineté politique développé par Jean-Jacques Rousseau dans Du Contrat Social en 1757. Pour cela nous entendons nous intéresser ici aux implications idéologiques essentielles de la reprise par Auguste Comte de la question théorique de la volonté générale, travail critique qu’il a lui-même réalisé dans le cadre de la construction de la doctrine positiviste du pacte social.
http://dogma.free.fr

 

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